DVD — 19 août 2018
Test Blu-ray : Évasion 2

 
États-Unis, Chine : 2018
Titre original : Escape plan 2 – Hades
Réalisation : Steven C. Miller
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h36
Genre : Action, Science-Fiction
Date de sortie DVD/BR : 20 août 2018

 

 

Ray Breslin, le spécialiste des systèmes de sécurité inviolables a désormais monté sa propre équipe d’experts en protection. Un de ses associés est kidnappé par une mystérieuse organisation et envoyé dans une prison secrète High-Tech, HADES où d’autres maîtres de l’évasion sont également enfermés. Ray décide de lui porter secours mais le défi est d’autant plus grand que cette fois-ci, avant de sortir de la forteresse inviolable, il faudra réussir à la pénétrer…

 

 

Le film

[3/5]

Les temps sont durs pour les durs à cuire des années 80/90 ; si une poignée de héros musclés sont parvenus à tirer leur épingle du jeu tout au long de l’ère du vidéo-club triomphant (et même pour certains au début de l’avènement du DVD), bien peu d’« action stars » de la grande époque ont en revanche réussi à survivre à l’époque du Blu-ray et du cinéma dématérialisé. Bien sûr, la plupart d’entre eux continuent à tourner malgré l’adversité, affrontant à grands coups de tatanes et de gunfights des centaines de « bad guys » en provenance de Russie, du Moyen-Orient ou des pays de l’Est : Arnold Schwarzenegger tourne toujours, mais délaisse de plus le genre qui a fait sa gloire, Steven Seagal et sa doublure continuent leur exploration de Sofia et de Budapest, de même que Jean-Claude Van Damme et Dolph Lundgren, qui semblent depuis quelques années avoir pris le parti de tourner ensemble de façon régulière. Le problème est que si leurs nouveaux films font régulièrement leur apparition sur les plateformes de VOD, les amateurs de DTV « old school » sur support physique pleurent toutes les larmes de leur corps : les derniers opus des films de stomb’ des héros de leur adolescence ne sortent malheureusement plus des masses en DVD et Blu-ray.

Quant à Sylvester Stallone, il continue inlassablement de développer sa franchise Rocky, en attendant un hypothétique Expend4bles. Les rôles au cinéma se faisant rares (un caméo dans Les gardiens de la galaxie 2 et puis c’est tout), il prend la décision de tourner coup sur coup deux suites à Évasion, qui sortiront probablement toutes deux dans le courant de l’année 2018.

Dans Évasion 2 : Le labyrinthe d’Hades, Sly reprend donc le rôle de Ray Breslin, mais cette fois, Arnold Schwarzenegger ne sera pas de la partie. Pour combler son absence, la production a donc fait appel à Dave Bautista et Huang Xiaming, qui se démènent afin de tenter d’égaler le côté badass du géant autrichien. Si le concept d’Évasion 2 est grosso merdo le même que dans le premier film (tout est dans le titre !), on notera une volonté assez nette de la part des auteurs du film de plonger un peu plus loin dans l’aspect « science-fiction » que pouvait avoir le premier film. De fait, on aura donc droit à une prison ultra high tech dont le clou du spectacle sera –roulement de tambour– un méchant robot ! Évasion 2 prend donc rapidement des allures de série B volontiers kitsch, rappelant par moments la saga Resident evil ou encore Judge Dredd, déjà avec Stallone. Le scénariste Miles Chapman ne révolutionne certes en rien l’univers qu’il avait créé en 2013 avec le premier film, mais les sensibilités ayant été conquises par le premier devraient logiquement à nouveau se laisser porter par cette intrigue carcérale à la sauce SF (bizarrement, la franchise Évasion semble d’ailleurs d’avantage plaire aux femmes qu’aux hommes, d’après une étude scientifique très sérieuse et représentative de la population effectuée par mes soins sur un échantillon de deux femmes et deux hommes).

Là où le film pèche un peu en revanche, c’est dans la mise en scène de ses séquences d’action. Steven C. Miller, dont le titre de gloire est Silent night (2012), enchaine certes les DTV depuis 2015 (trois films avec Bruce Willis, un avec Nicolas Cage, deux avec Dave Bautista), mais on ne peut pas dire qu’il prenne spécialement le temps de penser ses scènes d’action, de réfléchir au positionnement de ses cadres afin de rendre hommage aux capacités martiales de ses acteurs. Le maitre mot est donc l’énergie, mais on ne peut s’empêcher de se dire que Huang Xiaming airait mérité mieux, de même que Bautista et Stallone d’ailleurs. C’est dommage, car un ensemble d’excellentes scènes d’action peut sans le moindre problème transcender une petite série B… En l’état, Évasion 2 reste donc « juste » une petite série B. On espère donc qu’Évasion 3, toujours écrit par Miles Chapman mais réalisé par John Herzfeld, parviendra quant à lui à assurer le spectacle grâce à des scènes d’action qui tabassent !

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Côté Blu-ray, Metropolitan Vidéo nous livre une galette soignée avec ce Blu-ray d’Évasion 2 : si on regrette quelques légères baisses de définition par ci par là, l’ensemble est précis, avec un beau piqué, des contrastes affirmés, des couleurs éclatantes et des noirs profonds, même en basse lumière (ce qui était essentiel étant donné que les trois quarts du film se déroulent dans l’obscurité). Une belle réussite technique donc. Côté son, VF et VO sont encodées en DTS-HD Master Audio 5.1 et s’avèrent assez impériales dans leur genre. Les deux mixages sont fins et intenses, bien spatialisés et vraiment spectaculaires durant les séquences d’action ; le caisson de basse s’éclate littéralement, renforçant encore l’impact général.

Dans la section suppléments, on trouvera tout d’abord un court making of très orienté promo, mais pas forcément des plus désagréables à suivre non plus. On y cite beaucoup Blade runner comme une des premières sources d’inspiration du film. On reviendra ensuite sur l’esthétique du film à travers une petite featurette dédiée au directeur photo Brandon Cox, que Dave Bautista compare à Roger Deakins. Tout simplement. On ajoutera même que Steven C. Miller est peut-être bien le nouveau Stanley Kubrick… Pour terminer, et en complément des traditionnelles bandes-annonces éditeur, une seconde featurette fermera le bal : celle-ci est consacrée au robot du film qui, de façon étonnante, est en réalité une marionnette animée par Niko Vilaivongs et les équipes de Hex Mortis. Inattendu et intéressant.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles