Test Blu-ray : Espions sur la Tamise

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États-Unis : 1944
Titre original :
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h27
Genre :
Date de sortie cinéma : 7 juillet 1948
Date de sortie DVD/BR : 6 février 2018

 

 

Londres, deuxième guerre mondiale. Stephen Neale sort d’un hôpital psychiatrique. Pour se persuader qu’il n’est pas fou et forcer son destin à s’éclaircir, il décide de se distraire dans une fête foraine. Il y gagne un gâteau dans lequel se cache un microfilm qui ne lui était pourtant pas destiné et que des agents secrets nazis vont tenter de récupérer par tous les moyens…

 

 

Le film

[4/5]

Curieux mélange de et de film de propagande anti-nazie, tirant même par moments vers le cinéma fantastique, est le troisième film de abordant de façon frontale la menace liée au troisième Reich, après Chasse à l’homme (1941) et Les bourreaux meurent aussi (1943). semblait d’ailleurs ne beaucoup porter dans son cœur ; à la fin des années 60, dans les colonnes de Positif, il le balayait d’un revers de la main, lapidaire : « Je ne crois pas que ce soit un bon film ». Les raisons de ce désamour sont probablement liées au fait que les diverses modifications qu’il désirait apporter au scénario furent toutes rejetées en bloc par le scénariste, , également producteur du film.

Pour autant, force est de constater que malgré ce jugement un peu dur, ce film d’espionnage mangeant un peu à tous les râteliers s’impose aujourd’hui comme un excellent « petit » thriller, suivant la trajectoire d’un anti-héros au passé sombre aux prises avec une société secrète liée au régime nazi. Dans la peau de cet innocent que tout accuse, compose un personnage attachant de fragilité au cœur d’une machination infernale, et la mise en scène de s’avère de toute façon comme toujours littéralement imparable. A ce titre, toute la première partie du métrage (la sortie de Milland de l’institut / la visite à la fête foraine / le voyage en train) est vraiment remarquablement construite, et formellement assez sublime, et rappellera évidemment quelques-uns des plus grands chefs d’œuvres de sa filmographie (M le maudit, Le docteur Mabuse…) et développant volontiers une atmosphère onirique proche du cinéma fantastique.

Et peu importe finalement si le reste d’ se fait plus linéaire et un poil plus classique : certaines séquences éparses, et leur mise en images littéralement grandiose (des compositions de plans majestueuses, avec des jeux d’ombres et de lumières et/ou de miroirs viennent constamment nous rappeler le génie de Lang), parviennent sans peine à maintenir l’intérêt du spectateur jusqu’aux dernières minutes du film, de toutes façons très court et parfaitement rythmé. On aurait donc bien tort de bouder notre plaisir !

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Après une édition DVD plus que perfectible il y a dix ans sous les couleurs de Carlotta, c’est aujourd’hui grâce à qu’ passe le cap de la Haute Définition, venant grossir les rangs de la collection «  ». Visiblement, le master a bénéficié d’une jolie restauration mais s’il affiche un beau piqué et d’une définition vraiment accrue, demeurent néanmoins quelques faiblesses, notamment quelques artefacts du type poussières et rayures, ainsi qu’un léger manque de stabilité du côté des contrastes. Reste néanmoins un sublime noir et blanc, magnifié par les compositions de plans de , et un ensemble représentant un bel upgrade par rapport au DVD. Côté son, nous propose de découvrir le film en VO et DTS-HD Master Audio 2.0 (mono), dans un mixage disposant d’une belle amplitude. Les voix sont claires, la musique est bien mise en valeur : c’est parfait.

Niveau bonus, suit consciencieusement les habitudes éditoriales d’Elephant sur cette nouvelle vague «  », avec une poignée de bandes-annonces, l’habituelle galerie de photos, le tout étant accompagné d’une sympathique présentation du film par Eddy Moine, synthétique, pertinente et tout à fait agréable à suivre.

 

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