Test Blu-ray : Entre le ciel et l’enfer

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Entre le ciel et l’enfer

 
Japon : 1963
Titre original : Tengoku to jigoku
Réalisateur :
Scénario : Akira Kurosawa, , ,
Acteurs : , ,
Éditeur : Wild Side Vidéo
Durée : 2h31
Genre : Policier, Drame
Date de sortie cinéma : 9 juin 1976
Date de sortie DVD/BR : 3 mai 2017

 

 

Un homme d’affaires apprend que son fils a été enlevé et doit réunir l’argent de la rançon. Un choix terrible s’offre à lui lorsqu’il apprend que ce n’est pas son fils qui a été kidnappé, mais de son chauffeur…

 

 

Le film

[4/5]

« Un des aspects les plus bluffants du génie de Akira Kurosawa réside dans sa capacité de changer assez régulièrement de genre au cours d’une filmographie très fournie, tout en y affichant chaque fois une maîtrise, voire un pouvoir de création incroyables. Ainsi, alors qu’on a plutôt tendance de nos jours à se souvenir de ce réalisateur majeur du siècle dernier pour ses épopées de samouraïs, il a su œuvrer avec la même maestria dans un large éventail de genres, à l’exception notable de la comédie. Son incursion dans le domaine du policier s’est soldée par Entre le ciel et l’enfer, un magnifique thriller qui s’écarte avec panache des règles établies par exemple grâce au maître du suspense Alfred Hitchcock. L’enjeu principal du récit ne s’y résume en effet guère au dénouement d’une affaire d’enlèvement et pas davantage à la recherche fiévreuse du méchant kidnappeur. C’est le travail méticuleux de la police qui y est mis à l’honneur, dans une formidable anticipation des enquêtes scientifiques de lieux de crime qui pullulent depuis des années à la télévision et surtout grâce à une forme de narration extrêmement maîtrisée. Les états d’âme de cette dernière transmettent à leur façon détachée un sens de l’humanité hautement impressionnant. (…)

Quel plaisir de découvrir enfin ce petit chef-d’œuvre plutôt discret de la part d’un réalisateur, qui nous inspire généralement comme seules et uniques réserves sa prédilection pour un rythme pesant et un discours humaniste un peu trop appuyé ! Dans le cas de Entre le ciel et l’enfer, ces deux écueils potentiels font au contraire la force redoutable d’un récit qui prend son temps sans jamais perdre de vue l’objectif final : suggérer avec adresse que toute la bonne volonté et les méthodes sophistiquées de la police ne servent en fin de compte pas à grand-chose face à la folie de quelques esprits mal intentionnés. »

Extrait de la critique de notre chroniqueur Tobias Dunschen. Retrouvez-en l’intégralité en cliquant sur ce lien.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Wild Side a beau avoir pris du retard dans la livraison des titres de sa collection Akira Kurosawa – Les années Tōhō, les titres continuent à sortir avec régularité. Le 3 mai, cela sera donc au tour de trois nouveaux titres très attendus d’arriver sur les linéaires de vos boutiques préférées : Les bas-fonds (1957), Les salauds dorment en paix (1960) et Entre le ciel et l’enfer (1963) ; comme d’habitude, toutes sont naturellement présentées dans de riches éditions Combo Blu-ray + DVD, dans des digibooks comprenant également chacune un livret consacré au film.

Côté image, Les salauds dorment en paix s’offre un master tout à fait satisfaisant, respectant la granulation d’origine, et affichant une belle propreté, doublé d’une impeccable stabilité. Et puisque le Blu-ray est disponible dans la prestigieuse collection Criterion aux États-Unis depuis 2011, un rapide comparatif s’impose, et va plutôt à l’avantage du Blu-ray édité par Wild Side : la copie proposée par l’éditeur français est plus harmonieuse, plus précise, le disque US affichant des contrastes beaucoup trop poussés. On notera également une différence de format entre les deux éditions, Criterion proposant le film au format Scope 2.35:1 (1920×816 pixels) quand Wild Side propose quant à lui un format plus resserré de Scope 2.52:1 (1920×760 pixels). La galette US affiche donc légèrement plus d’informations en haut et en bas de l’image, tandis que l’édition française en propose quant à elle un peu plus sur la droite. Il est très difficile, voire impossible, de déterminer quel était le format d’origine. Côté son, le film est proposé en V.O japonaise uniquement, et en DTS-HD Master Audio 2.0 mono d’origine : les dialogues sont claires, équilibrés et sans souffle parasite. La musique tire également plutôt bien son épingle du jeu.

La section suppléments reprend les bonus de la belle édition collector du film parue chez Wild Side en 2006, encodés en définition standard : un making of rétrospectif et une analyse du film par Jean Douchet. On ajoutera à cela le traditionnel livret de 66 pages, écrit cette fois par Frédéric Albert Lévy (Starfix).

 

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