Test Blu-ray : Dune

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Dune – Première partie

États-Unis : 2021
Titre original : –
Réalisateur : Denis Villeneuve
Scénario : Eric Roth, Jon Spaihts, Denis Villeneuve
Acteurs : Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, Oscar Isaac
Éditeur : Warner Bros. Entertainment France
Durée : 2h35
Genre : Science-Fiction
Date de sortie cinéma : 15 septembre 2021
Date de sortie DVD/BR : 26 janvier 2022

L’histoire de Paul Atreides, jeune homme aussi doué que brillant, voué à connaître un destin hors du commun qui le dépasse totalement. Car s’il veut préserver l’avenir de sa famille et de son peuple, il devra se rendre sur la planète la plus dangereuse de l’univers – la seule à même de fournir la ressource la plus précieuse au monde, capable de décupler la puissance de l’humanité. Tandis que des forces maléfiques se disputent le contrôle de cette planète, seuls ceux qui parviennent à dominer leur peur pourront survivre…

Le film

[4/5]

Espérée autant que redoutée par les fans de l’œuvre de Frank Herbert depuis de nombreuses années, l’adaptation cinématographique de Dune a finalement débarqué dans les salles en 2021, bénéficiant du talent derrière la caméra de Denis Villeneuve, réalisateur ayant su démontrer son aptitude à livrer, dans le domaine de la science-fiction, de grands spectacles visuels alliant de façon assez remarquable la forme et le fond.

Le scénario de Dune, signé Eric Roth, Jon Spaihts et Denis Villeneuve, s’efforce de condenser l’histoire originale imaginée par Frank Herbert, dense, complexe et très politique, en mettant l’accent sur le rythme, et en laissant de côté de nombreux aspects du roman. Plutôt que de trahison, on parlera ici d’avantage de réinterpration, d’adaptation au médium : beaucoup de lecteurs de la saga littéraire pourront par exemple regretter que l’impassibilité et le contrôle Bene Gesserit du personnage de Jessica laisse ici la place à une hypersensibilité manifeste, mais il s’agit là d’un raccourci sans doute nécessaire afin de faire comprendre au public les craintes du personnage.

On regrettera également que les personnages de Thufir Hawat, Piter de Vries et Rabban la bête soient ici réduits à leur plus simple expression, de la même façon que celui du docteur Yueh, dont les motivations – limpides dans le roman d’origine – paraissent confuses et lapidaires. On notera également que cette version de Dune féminise le personnage de l’écologiste Liet Kynes, mais que cette concession dans l’air du temps ne pose paradoxalement pas réellement de problème ici. On pourra également noter quelques autres petits changements mineurs, et déplorer que l’enchainement des événements semble se dérouler à une vitesse beaucoup plus soutenue que dans le livre, mais Dune demeure néanmoins une bonne adaptation, solide et appliquée.

Heureusement, Denis Villeneuve est parvenu à convaincre les exécutifs de chez Warner Bros. de la nécessité de découper le premier volume de la saga littéraire en deux films : cette « première partie » de Dune adapte donc en gros un tout petit peu plus que la première moitié du roman original, et présente ses divers personnages selon le point de vue de Paul Atréides (Timothée Chalamet), en parallèle avec les intrigues politiques se manigançant, dans l’ombre, au sein de l’Imperium. Et force est de constater que Dune équilibre soigneusement ces deux éléments narratifs centraux, ce qui permettra aux néophytes de s’immerger totalement dans la construction minutieuse de cet univers de science-fiction. Les scénaristes font preuve d’un grand respect pour la vision originale de Frank Herbert, en l’actualisant de façon assez remarquable – la surexploitation des ressources d’Arrakis par les Harkonnen est donc ici beaucoup plus clairement pointée du doigt que dans le roman original, et cette nouvelle donnée ne dénature en rien l’esprit de l’œuvre.

Pour autant, les choix opérés par les scénaristes de Dune tendent à modifier l’impact de certains de ses éléments narratifs, et même de quelques-uns de ses grands moments dramatiques. Cependant, on ne pourra que saluer l’ambition de cette nouvelle adaptation ciné, de même que sa classe visuelle à toute épreuve. La force des personnages principaux et le production design absolument grandiose parviennent bel et bien à créer à l’écran un univers foisonnant de vie qui, espérons-le, sera amené à un niveau encore plus élevé dans le prochain chapitre, qui devrait logiquement clore l’arc narratif consacré à l’accession de Paul au pouvoir sur Arrakis, et, en cas de succès au box-office, ouvrir vers celui consacré à l’évolution de son pouvoir et à la trajectoire de ses enfants.

Jolie réussite artistique, Dune a plutôt réussi à convaincre la critique et le public à travers le monde : sur l’agrégateur critique Rotten Tomatoes, le film obtient un score de 90 % d’avis positifs, calculé sur la base de plus de 5000 votants. Sur le site de référence IMDb, le consensus est le même, puisque le film de Denis Villeneuve obtient la moyenne de 8,1/10, calculée sur les notes de plus de 458.000 spectateurs. Notre rédacteur en chef Pascal Le Duff avait d’ailleurs parfaitement résumé le sentiment général avec sa critique du film, rédigée en septembre dernier :

« Le roman de Frank Herbert Dune n’avait connu que des transpositions décevantes : un film maudit de David Lynch en 1984 puis un feuilleton télé fade en 2000. Le réalisateur de Prisoners lui rend enfin justice.

Une vision épique et lyrique

Denis Villeneuve signe une relecture bien plus satisfaisante de ce classique de la science-fiction que ses prédécesseurs. Sa vision de Dune est épique et lyrique, avec une simplicité dans l’exposition de l’intrigue qui ne dénature pas la richesse du livre d’origine. Il insuffle de la sensibilité et de l’émotion à cette tragédie aux élans mystiques qui aurait pu rester froide. Premier contact puis Blade Runner 2049 lui avaient permis de s’essayer à ce genre futuriste qu’il s’approprie sans peine. Il en fait quelque chose d’aussi intime que spectaculaire.

Des personnages forts et ambigus

Il crée dans Dune une galaxie riche en lieux majestueux qu’il parvient à faire vivre au-delà de leur aspect visuel impressionnant, avec bases secrètes, souterrains sombres et surtout ces déserts arides où se cachent des vers géants gourmands. Il dirige une troupe d’acteurs qui habitent avec passion des personnages forts et ambigus dans leurs intentions. La vedette montante Timothée Chalamet prête ses traits au jeune prince dont les parents ne sont autres que Rebecca Ferguson et Oscar Isaac. À leurs côtés, les loyaux Josh Brolin en général combatif et surtout Jason Momoa, charismatique en pilote et combattant d’élite courageux et drôle. Stellan Skarsgård est l’immonde Baron Harkonnen qui ressemble à un morse humain, secondé par le lugubre Dave Bautista en monstre de cruauté, privé de la moindre once d’humanité.

Le spectacle est total et le suspense prenant sur l’issue d’une traque riche en rebondissements et en sens du sacrifice. Cependant, Dune souffre d’être coupé en deux chapitres distincts ; un choix compréhensible pour creuser la complexité du récit en évitant d’être trop explicite, mais la suite n’a pas encore été tournée ! Il faudra donc attendre deux bonnes années pour connaître le second volet des aventures de Paul et de ceux qui vont le soutenir dans sa lutte contre des ennemis sans pitié. On est déjà impatient… »

Le Blu-ray

[4,5/5]

Comme à son habitude, la branche française de Warner Bros nous livre avec Dune une galette Blu-ray en tous points irréprochable. Le master est d’une superbe précision, affichant un piqué d’une précision absolue, les couleurs montrent une belle pêche, les noirs sont solides et profonds ; c’est du très beau boulot, rendant pleinement honneur au travail sur la photo nocturne de Greig Fraser, adaptée à un tournage en numérique avec la caméra Arri Alexa Plus. Côté son, VF et VO sont proposés en Dolby Atmos – les deux pistes seront décodées en Dolby TrueHD 7.1 par les amplis non compatibles. Les deux mixages imposent un solide dynamisme, dont le spectateur profitera surtout durant les scènes en extérieur, sujettes aux vents violents d’Arrakis, et qui proposent de multiples détails sonores parfaitement rendus et spatialisés. L’ampleur acoustique des deux mixages est remarquable, avec une mention particulière pour la spatialisation et les bruitages des scènes les plus tonitruantes et riches en effets spéciaux – on pense notamment aux scènes d’ornithoptères, ou à celle voyant l’apparition de Shai-Hulud, qui s’avèrent tout simplement bluffantes. La version française est bonne, et s’avère notamment assurée par Xavier Fagnon, Laura Blanc, Philippe Vincent ou encore Vincent de Boüard. Du très beau travail.

Du côté des suppléments, on trouvera, comme toujours avec l’éditeur, un ensemble de featurettes techniques et informatives qui nous délivreront un tas d’informations précieuses sur la conception du film : la nécessité d’adapter le matériau de base, l’univers complexe de Dune, les effets spéciaux, les décors, les costumes, la musique… Tous les éléments de la production du film seront abordés à travers plus d’une heure de featurettes qui nous permettront de découvrir l’envers du décor avec le réalisateur Denis Villeneuve, la productrice Mary Parent, le décorateur Patrice Vermette, le costumier Robert Morgan, le monteur Joe Walker, le compositeur Hans Zimmer, les monteurs son Mark Mangini et Theo Green, le mixeur Ron Batlett et bien sûr les acteurs du film, à savoir Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, Oscar Isaac, Josh Brolin, Zendaya, Stellan Skarsgård et Dave Bautista.

On commencera donc tout doucement avec une série d’hologrammes, c’est-à-dire de petits sujets de présentation tournés sous la forme de reportages, et destinés à introduire certains concepts au cœur du film (12 minutes) ; on y reviendra sur les quatre principales « Maisons » du film, ainsi que sur l’épice, le Bene Gesserit et le peuple Fremen. On continuera ensuite avec un retour sur les différents personnages du film (8 minutes), avec un focus tout particulier sur le baron Harkonnen (5 minutes). On s’attardera ensuite sur les décors du film (6 minutes), ainsi que sur le souci du détail apporté aux armoiries des Atréides (3 minutes). On s’attardera ensuite sur la conception de la planète Arrakis (5 minutes), avant de revenir de façon plus approfondie sur la conception des ornithoptères (6 minutes) ainsi que sur la « réinvention » quasi-scientifique des vers de sable (6 minutes). Le dernier sujet donnera la parole à des artisans du cinéma peu souvent mis sur le devant de la scène, puisqu’on y reviendra dans le détail sur le mixage sonore du film (11 minutes).

On terminera enfin le tour des bonus avec trois sujets un peu plus techniques, revenant dans le détail sur la conception et le tournage de trois scènes-clés du film (12 minutes), à travers des moments volés sur le plateau et une poignée de story-boards : on y abordera donc la séquence d’entraînement mettant en scène Paul et Gurney Halleck, la scène de sauvetage du personnel de la moissonneuse à épice, ainsi que l’attaque des soldats Sardaukar.

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