DVD — 23 août 2019
Test Blu-ray : Dumbo (2019)

 
États-Unis : 2019
Titre original : –
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h52
Genre : Aventures, Fantasy
Date de sortie cinéma : 27 mars 2019
Date de sortie DVD/BR : 23 août 2019

 

Holt Farrier, une ancienne gloire du cirque, voit sa vie complètement chamboulée au retour de la guerre. Max Medici, propriétaire d’un chapiteau en difficulté, le recrute pour s’occuper d’un éléphanteau aux oreilles disproportionnées, devenu en quelques temps la risée du public. Mais quand les enfants de Holt découvrent que celui-ci peut voler, l’entrepreneur persuasif V.A. Vandevere et l’acrobate aérienne Colette Marchant entrent en jeu pour faire du jeune pachyderme une véritable star…

 


 

Le film

[3,5/5]

Tim Burton, , , , … Les cinéastes de renom se succèdent à la barre des adaptations « live » des grands classiques animés de la firme Disney. Depuis presque une dizaine d’années maintenant, les grands films familiaux s’enchaînent donc, affichant tous le même soin à recréer avec des acteurs de chair et de sang la magie des dessins animés les plus célèbres des studios créés par Walt Disney. Effets spéciaux époustouflants, mouvements de caméra sophistiqués, production design éblouissant, acteurs de renom, Disney déploie véritablement des moyens pharaoniques pour émerveiller le public et en mettre plein les yeux des spectateurs. Dumbo bien sûr ne fera pas exception à la règle, et fera un carton plein sur son public cible, provoquant l’émotion et les larmes attendues du côté du public féminin et des enfants – vous pouvez me croire sur ce point, ayant visionné le film avec mon épouse et mes trois filles âgées entre quatre et dix ans, je peux vous assurer que le film s’avère parfaitement efficace lacrymalement parlant. Les plus sceptiques en revanche regretteront à coup sûr que l’émotion naïve procurée par le cinéma d’animation ne se retrouve jamais réellement dans le cinéma traditionnel, et auront sans doute également bien de la peine à retrouver au cœur de ce grand spectacle réglé au millimètre – qui frappe et impressionne néanmoins plus que jamais par son aspect majestueux – la patte macabre et poétique du réalisateur d’Edward aux mains d’argent et de Beetlejuice.

Comme de bien entendu, ce joli spectacle haut en couleurs a largement attiré l’attention du public et des nostalgiques, puisqu’il est parvenu à réunir rien de moins que 2,3 millions de français au cinéma. Ci-dessous, vous pourrez découvrir un extrait de la critique de notre rédacteur en chef Pascal Le Duff, rédigée lors de la sortie du film de Tim Burton dans les salles obscures.

 

 

Parallèle avec la vie de Tim Burton

Il n’est pas interdit de voir dans Dumbo une satire de Disneyland, même si elle reste un peu trop inoffensive pour menacer la réputation de la maison de Mickey. On y voit pourtant une critique assez sévère du mercantilisme du divertissement avec notamment un étalage de merchandising, une certaine forme d’esclavagisme des employés mais aussi, et surtout, un rejet évident des mauvais traitements réservés aux animaux, alors qu’aujourd’hui la nouvelle norme consiste à réduire le place des bêtes sauvages dans les zoos et les cirques. Considéré comme un monstre repoussant lorsque sa mère met bas, Dumbo n’est qu’une source d’embarras pour Max Medici à sa naissance. Il ne devient intéressant que lorsqu’il le sort de la ruine avec son pouvoir inattendu d’attraction des masses. Le parallèle avec la vie et l’œuvre de Tim Burton est évidente. C’est en devenant un cinéaste à succès, admiré de tous pour sa singularité qu’il a cessé d’être une tête de turc et pu faire apprécier de tous sa personnalité particulière.

 

 

Un spectacle enlevé et charmant

Une longue complicité relie Tim Burton à Disney. Animateur pour le studio au début des années 80, il a récemment signé une autre adaptation en prise de vues réelles d’un grand classique, Alice au pays des merveilles. Le cadre lui permet de laisser libre cours à son imagination visuelle débordante et à son amour de la poésie gothique. Ce divertissement grand public est pourtant avant tout adressé au jeune public qui devrait se laisser emporter par les aventures de Colin Farrell et de ses enfants débrouillards. Ils auront le soutien inattendu de l’agile danseuse devenue acrobate, jouée par la toujours si énigmatique . Adversaires dans Batman, le défi, Danny DeVito et Michael Keaton sont à nouveau réunis, d’abord en alliés puis en ennemis, le premier en directeur de cirque, le deuxième en homme d’affaires sans scrupules. Les plus jeunes seront sensibles à la dimension séduisante d’un spectacle enlevé et charmant, les plus grands par les quelques aspects sombres, même s’il manque le grain de folie des œuvres les plus marquantes du cinéaste.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Comme pour chaque nouvelle livraison de chez Disney débarquant sur support Haute-Définition, l’arrivée de ce Dumbo cuvée 2019 en Blu-ray s’avère un petit événement. Et comme d’hab avec Walt Disney France, à peine le disque inséré dans le lecteur et l’apparition sur l’écran du générique de début, difficile de retenir sa mâchoire devant le rendu visuel proposé par l’éditeur. L’image est d’une précision et d’une limpidité extraordinaire, les couleurs en envoient plein les mirettes, et les contrastes sont d’une solidité à toute épreuve. La définition est purement et simplement irréprochable, le piqué d’une précision à couper le souffle (malgré quelques légères baisses de régime ici ou là), on est vraiment en présence d’un Blu-ray somptueux. Superbe boulot d’encodage, l’image est tout simplement magnifique. Niveau son, la VO est proposée en DTS-HD Master Audio 7.1 et la VF en Dolby Digital+ 7.1. Les deux mixages sont soignés, utilisant la spatialisation de façon spectaculaire et immersive, relayant la bande originale de subtile sur un second-plan ample et enveloppant, qui explose littéralement durant les passages musicaux. Les ambiances sont restituées de façon impressionnante, d’un dynamisme et d’une force tout simplement bluffantes. Du grand Art…

Dans la section suppléments, on trouvera une jolie petite série de bonus inédits, naturellement proposés en HD. Avant même l’apparition du menu, on aura droit à deux bandes-annonces : celle de la version live du Roi lion (déjà 8,6 millions d’entrées en France) et celle de , film-événement attendu en France pour le 20 novembre. On continuera ensuite avec une poignée de featurettes : la première s’attardera sur les acteurs du film (8 minutes), et reviendra sur les personnages et les performances des membres du casting. Dans « Les secrets de Dumbo » (6 minutes) , on reviendra plus particulièrement sur la conception graphique du petit élephant, qui trouve ses racines dans le film d’animation de 1941 mais affichera ici une forme plus réaliste. On découvrira notamment les sublimes croquis de Tim Burton pour le design du personnage, ainsi que le boulot de performance capture effectué par Ed Osmond – acteur de petite taille – sur le plateau. La featurette intitulée « Conçu pour émerveiller » (8 minutes) abordera quant à elle le production design du film, conçu dans le but de créer un univers visuellement époustouflant – décors et costumes seront donc passés au peigne fin. On continuera ensuite avec une série de scènes coupées, parfois non-finalisées niveau effets visuels. Certaines d’entre-elles sont fort sympathiques, et vu leur courte durée, il est permis de s’interroger sur les raisons pour lesquelles elles ont été écartées du montage final : on appréciera par exemple celle mettant en scène Giuseppe Medici, le « frère » du personnage incarné par Danny DeVito, ou encore celle intitulée « Où est Dumbo ? », qui mettait en scène d’ingrats petits gamins avec leurs produits dérivés. On terminera avec le traditionnel défilé de références (ou easter eggs) disséminées au cœur du film, un court bêtisier et le clip vidéo de « Baby mine » interprété par le groupe Arcade Fire.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles