Test Blu-ray : Doctor Sleep

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États-Unis, Canada, Royaume-Uni : 2019
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Mike Flanagan
Acteurs : , ,
Éditeur : . Entertainment France
Durée : 3h00
Genre : Fantastique
Date de sortie cinéma : 30 octobre 2019
Date de sortie DVD/BR : 11 mars 2020

 

Encore profondément marqué par le traumatisme qu’il a vécu, enfant, à l’Overlook Hotel, Dan Torrance a dû se battre pour tenter de trouver un semblant de sérénité. Mais quand il rencontre Abra, courageuse adolescente aux dons extrasensoriels, ses vieux démons resurgissent. Car la jeune fille, consciente que Dan a les mêmes pouvoirs qu’elle, a besoin de son aide : elle cherche à lutter contre la redoutable Rose Claque et sa tribu du Noeud Vrai qui se nourrissent des dons d’innocents comme elle pour conquérir l’immortalité. Formant une alliance inattendue, Dan et Abra s’engagent dans un combat sans merci contre Rose. Face à l’innocence de la jeune fille et à sa manière d’accepter son don, Dan n’a d’autre choix que de mobiliser ses propres pouvoirs, même s’il doit affronter ses peurs et réveiller les fantômes du passé…

 

 

Le film

[5/5]

Au sein de la profusion insensée de critiques de Doctor Sleep ayant déferlé sur le Net ces derniers mois, on notera une petite tendance – probablement popularisée par un rédacteur de Mad Movies dont les propos auront été paraphrasés par des dizaines de suiveurs – à affirmer que le film de Mike Flanagan aurait littéralement « transcendé » un mauvais roman de afin d’en faire un grand film d’horreur. Vous nous permettrez de discuter ces propos, et d’émettre quelques doutes sur le fait qu’autant de blogueurs du dimanche, dont les avis critiques regorgent le plus souvent de fautes d’orthographe et de syntaxe, aient pu ouvrir le moindre livre depuis leur désertion du collège.

On ne remettra aucunement ici en question le talent de Mike Flanagan, qui s’est imposé en l’espace de quelques années comme l’une des valeurs sûres du cinéma fantastique actuel. De The mirror à Ouija : Les origines en passant par son boulot sur Netflix, le cinéaste a su montrer qu’il possédait une véritable « vision » du genre, unique et singulière. Produit par Warner et bénéficiant d’un budget plus que confortable, Doctor Sleep lui permettra de mettre en avant de sublimes idées de mise en scène, et surtout d’opérer quelques modifications au récit imaginé par Stephen King concernant la suite de l’histoire de Danny Torrance. King n’avait jamais caché son animosité vis à vis du Shining de Stanley Kubrick, qu’il considérait comme une mauvaise adaptation de son roman – ce qui est indéniable. Paru en 2013, le roman Doctor Sleep n’entretenait finalement que peu de rapports avec Shining, recentrant son récit autour de la rédemption de Danny, de son don ainsi que d’un groupe de « vampires » d’un nouveau genre, sillonnant les États-Unis à bord de leur van crasseux, dans une espèce de relecture d’Aux frontières de l’aube de Kathryn Bigelow. Paradoxalement, le coup de génie de Flanagan est de renouer un véritable lien avec le film de Kubrick, et de remettre au cœur du récit le traumatisme de l’hôtel Overlook.

Ainsi, si l’essentiel du récit restera très fidèle à l’histoire imaginée par Stephen King et à ses différents rebondissements, Mike Flanagan fait le choix de replacer – dans sa version director’s cut de trois heures du moins – tout le début et la fin de son intrigue au sein même de l’Overlook, qui s’avérait le cadre des événements funestes de Shining. Deux ans après Ready player one, le spectateur sera donc à nouveau amené à arpenter les couloirs de l’hôtel de l’horreur, et on ne pourra que saluer Flanagan pour ce coup de génie, qui s’avérera fonctionner à plein régime, quel que soit notre niveau d’attachement soit au film de Kubrick ou au diptyque littéraire signé Stephen King. Car qu’on le veuille ou non, les choix et modifications opérés par Mike Flanagan sur Doctor Sleep marchent parfaitement bien, d’autant que le montage du film (assuré par le réalisateur lui-même) lui assure un rythme efficace et assez parfait.

Mais comme on l’a déjà dit, un des éléments les plus marquants dans la réussite du film est bel et bien le fait que Doctor Sleep soit produit par Warner, et que le budget du film – estimé à 45 millions de dollars – permette enfin à Flanagan d’aller au bout de ses idées formelles, avec un cadre large, ample, des mouvements de caméra élégants, une photo littéralement sublime signée Michael Fimognari, collaborateur régulier du cinéaste. Le soin maniaque apporté au cadre dans le but – on le suppose – de proposer une continuité avec les plans spartiates et géométriques de Kubrick sur Shining est pour le moins brillant, et donne l’impression au spectateur que Flanagan développe une volonté de signer du « vrai » cinéma à l’ancienne, ce qui, n’en doutons pas, pourra occasionnellement être vu comme de la prétention pure et simple.

Quoi qu’il en soit, Doctor Sleep s’impose en effet comme un vrai uppercut de cinéma, et comme un excellent film d’horreur. A ce titre, on rejoindra sans problème le consensus critique autour du film. En revanche, et même si l’on concède que les choix de Flanagan en termes d’adaptation sont littéralement excellents, et qu’il a vraiment réussi à retranscrire formellement les idées véhiculées par le roman de Stephen King, on n’en considère toujours pas Docteur Sleep comme un mauvais roman. Ce qui fonctionnait dans le roman n’aurait pas fonctionné à l’écran, et vice-versa – en l’état, la réussite de Doctor Sleep ne fera que nous confirmer une fois de plus l’adage selon lequel « toute adaptation est une trahison ».

 

 

Le Blu-ray

[5/5]

Avec la sortie de Doctor Sleep sur support Blu-ray, met son incroyable savoir-faire technique au service du petit chef d’œuvre de Mike Flanagan, et livre à nouveau à nos yeux ébahis une véritable galette de démonstration, à la définition et au piqué excellents, offrant également des couleurs littéralement explosives et des contrastes soignés. C’est bluffant, qu’il s’agisse des scènes diurnes ou nocturnes, la définition est purement et simplement irréprochable, le piqué d’une précision à couper le souffle : on est vraiment en présence d’un Blu-ray somptueux. Immersive, puissante, en un mot grandiose, la piste son en version originale, mixée en Dolby Atmos fait honneur à l’ampleur et l’ambition formelle de Doctor Sleep. Les ambiances sont restituées de façon impressionnante, d’un dynamisme et d’une force tout simplement bluffantes. Du côté de la version française, les amateurs devront se contenter d’un mixage Dolby Digital 5.1 au rendu ample et dynamique, voire même carrément explosif au niveau des basses durant le dernier tiers du métrage. Si bien sûr la VO est supérieure à la VF, les deux versions assurent le spectacle et l’immersion, et la classe du film fait le reste.

Au rayon des suppléments, le gros morceau de cette édition, le bonus purement et simplement indispensable qui en fait automatiquement un des achats les plus incontournables de cette période de confinement est la présence sur un deuxième Blu-ray du film en version longue (3h00, Dolby Atmos VOST), véritable claque formelle et narrative, qui prolonge d’une demi-heure le plaisir que vous aurez déjà pu ressentir à la découverte du film en salles. Le reste des bonus est plus classique mais très intéressant, puisque mis en boite sous la houlette du célèbre Laurent Bouzereau, véritable célébrité dans le petit monde du supplément DVD. Stephen King et Mike Flanagan seront donc largement sollicités et s’exprimeront largement au travers de trois featurettes représentant un peu plus d’une demi-heure d’images volées en coulisses. La première featurette, intitulée « De Shining à Sleep » (5 minutes), reviendra sur les liens entre les deux romans et entre les deux films, et sur la volonté de Mike Flanagan de rendre autant hommage au travail de Stephen King que de Stanley Kubrick, ce qu’il parvient d’ailleurs tout à fait à faire. On poursuivra avec un making of intitulé « Une nouvelle vision » (14 minutes), qui reviendra à nouveau sur le développement de l’intrigue, l’envoi du scénario à Stephen King, le fait de creuser l’histoire de Danny Torrance, de donner vie aux différents membres du « Nœud vrai » non seulement simplement par les costumes ou les accessoires, mais également en leur donnant un nom et un background solide, etc. Enfin, le plus passionnant sera probablement « Retour à l’hôtel Overlook » (15 minutes) qui, comme son titre l’indique, s’attachera à nous montrer l’envers du décor de la recréation absolument maniaque du décor mythique du film de Stanley Kubrick. D’ailleurs, on s’étonne un peu qu’aucun hôtel n’ait jusqu’ici tenté de recréer « grandeur nature » le décor de l’hôtel Overlook. Une telle idée attirerait à coup sûr des touristes du monde entier…

 

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