Test Blu-ray : Cold blood legacy – La mémoire du sang

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France, Ukraine : 2019
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Frédéric Petitjean
Acteurs : , ,
Éditeur : France
Durée : 1h31
Genre : Thriller, Action
Date de sortie cinéma : 15 mai 2019
Date de sortie DVD/BR : 25 septembre 2019

 

Le plus recherché des tueurs à gage goûte une retraite solitaire au bord d’un lac isolé dans le grand Nord-Américain. Une jeune femme grièvement blessée vient trouver refuge dans son chalet. Pour la sauver, il pourrait bien risquer sa propre vie…

 


 

Le film

[2/5]

Depuis une dizaine d’années au bas mot, la carrière de Jean Reno est en chute libre. Enchaînant sans discontinuer les bides au box-office et les productions low cost, l’ancien chouchou des français ne semble plus être que l’ombre de lui-même, le lointain vestige d’une époque où les noms de Luc Besson et de Jean-Marie Poiré se traduisaient par de gros succès populaires dans les salles françaises. Au fur et à mesure, le nom de Jean Reno semble être devenu une « sous-marque » ; d’ailleurs, si cette tendance s’accentue encore, on va bientôt devoir l’appeler Jean Dacia.

Pour ceux qui en douteraient encore, il suffit de regarder les scores au box-office de Cold blood legacy – La mémoire du sang : avec 111.044 entrées sur 216 copies, le film de Frédéric Petitjean n’a probablement pas tenu ses promesses auprès d’Universal. Pourtant, nombre de précautions avaient été prises afin de tenter de ranimer la flamme des anciens fans de Jean Reno : cette coproduction franco-ukrainienne se déroule en effet dans de rudes paysages enneigés de montagne, à la façon des Rivières pourpres, et met en scène un tueur à gages aussi taciturne que redoutable, à la façon de Leon. A la photo, Thierry Arbogast, chef opérateur attitré de Luc Besson, fait d’ailleurs tout pour tirer le film vers le haut, avec une série de plans assez sublimes dans leur genre. Mais les belles images ne suffiront pas à sortir le film du marasme intégral, le tout étant plombé par l’intrigue littéralement imbitable imaginée par Frédéric Petitjean (scénariste de Madame Irma) et par un attachement forcené aux artifices les plus ringards – et malheureusement les plus risibles – des productions Besson.

Mais plutôt que de tirer sur l’ambulance, rappelons-nous plutôt des propos de notre chroniqueur Tobias Dunschen, qui avait attribué à Cold blood legacy – La mémoire du sang la note de 2/5, ce qui avouons-le est encore bien payé :

« Il n’y a pas grand-chose à sauver dans cette histoire d’une fadeur affligeante sur un tueur à gages qui recueille, bien malgré lui, une jeune femme grièvement blessée suite à un accident près de sa cabane perdue quelque part au fin fond des bois ouest-américains. La mise en scène de Frédéric Petitjean est très quelconque, mais au moins pas aussi insignifiante que son scénario et largement dépourvue de tics esthétiques déroutants. L’interprétation aurait aisément sa place dans un téléfilm, y compris le jeu blasé de Reno, visiblement peu impliqué dans cette histoire riche en poncifs. Et la synergie improbable entre le scénario inepte et un montage bâclé nous réserve un lot considérable d’irrégularités logiques. Enfin si, il y a tout de même un élément de ce navet à sauver, la photographie presque trop belle pour pareille production pénible – pardon pour cette allitération aussi poussive que le ton du film – de la part de Thierry Arbogast, un autre rescapé de l’univers Besson, hélas lui aussi tombé bien bas.

Par où commencer pour faire l’inventaire de tout ce qui cloche dans Cold blood legacy – La mémoire du sang ? Un parfum plus ou moins infect d’amateurisme plane en effet sur un récit, qui n’ose jamais forcer suffisamment le trait pour basculer dans le domaine du second degré. Ainsi, aucun plaisir coupable ou divertissement sarcastique n’est à tirer de cette histoire, qui a l’air de se prendre au sérieux, mais qui manque cruellement d’adresse pour faire disparaître les grosses ficelles par le biais desquelles elle pousse l’intrigue dans des directions de plus en plus médiocres. Strictement aucun détail du scénario ne fait preuve d’originalité, ni la prémisse qui fait au mieux penser à un très mauvais pastiche de Misery de Rob Reiner, ni l’enquête policière en parallèle dont la vocation première paraît être de masquer artificiellement et par ailleurs sans beaucoup de succès la pauvreté d’écriture et de contenu du théâtre d’action principal. Car si ce premier film bancal nous inspire autant d’indifférence – au demeurant sa bouée de sauvetage douteuse contre une notation encore plus sévère –, c’est parce qu’il ne sait pas nous convaincre, ne serait-ce qu’avec un soupçon de personnalité et de pertinence, de sa raison d’être. »

Extrait de la critique de notre chroniqueur Tobias Dunschen. Retrouvez-en l’intégralité en cliquant sur ce lien.

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Malgré les apparences, Cold blood legacy – La mémoire du sang débarque donc pas en Blu-ray sous les couleurs d’EuropaCorp mais bel et bien sous celles de la branche française d’Universal Pictures. Le master proposé par l’éditeur s’avère fidèle aux choix de photographie développés à l’image par Thierry Arbogast, qui propose des plans en extérieurs superbes, à la définition somptueuse, et des plans intérieurs affichant une luminosité réduite, mais s’avérant tout aussi beaux à regarder pour le spectateur. Les couleurs et la gestion des contrastes sont irréprochables, le léger grain cinéma est respecté, on est en présence d’une belle galette. Côté son, il faudra composer avec un film volontairement peu démonstratif et peu riche en action ; la bande son est essentiellement portée sur des dialogues bien équilibrés et parfaitement intelligibles ; aussi ne constatera-t-on au final que peu de différences notables entre la VO encodée en DTS-HD Master Audio 5.1 et la VF ne bénéficiant « que » d’un DTS 5.1 plutôt efficace. Pas de bonus.

 

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