Test Blu-ray : Bleeder

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Danemark : 1999
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur : /
Durée : 1h38
Genre : Drame, Thriller
Date de sortie cinéma : 26 octobre 2016
Date de sortie DVD/BR : 8 novembre 2017

 

 

Léo et Louise vivent en couple dans un appartement insalubre. Découvrant que Louise est enceinte, Léo perd peu à peu le sens de la réalité et, effrayé par la responsabilité de sa nouvelle vie, sombre dans une spirale de violence…

 

 

Le film

[4/5]

« Lors du précédent festival de Cannes, The neon demon avait divisé les opinions. Suscitant des réactions mitigées (à l’instar de son précédent métrage, Only God forgives), les contempteurs regrettèrent l’aspect désincarné, froid et vide du film et la propension de Refn à s’enliser dans une mise en scène au maniérisme vain. D’où la nécessité de (re)visiter , son deuxième métrage, dans le dessein d’observer l’évolution formelle du danois, entre ses débuts bruts et sauvages jusqu’à ses derniers œuvres affectées. (…)

Témoin d’une agression sauvage dans une boîte de nuit, perpétrée par Louis et des collègues à lui, Leo va peu à peu s’enfoncer dans un silence et un mal-être profond. Ce dernier est un être laconique, peu disert (une caractéristique récurrente chez les personnages de Refn), ne trouvant qu’avec difficulté les mots pour s’exprimer. Jugeant ses perspectives d’avenir bouchées, Leo déraisonne au fur et à mesure que l’histoire avance. Ainsi, son comportement oscille entre une violence exutoire, pulsionnelle et cathartique à l’égard de sa conjointe, au grand dam de son frère bien évidemment, avec quelques rares moments de contrition vis-à-vis de la même personne. Perte d’estime de soi-même dont la conséquence est la déchéance dans les profondeurs de la haine. Sa perte avec la réalité se fait par de petites touches impressionnistes de couleur rouge, celles-ci annonçant le massacre final. Eprouvant le besoin de ressentir des stimuli de plus en plus violents, Leo s’équipe d’une arme à feu, celle-ci lui donnant l’illusion d’une certaine virilité retrouvée. Surtout, ce flingue, symbole phallique s’il en est, constitue un nouvel éclat à une vie qu’il juge bien morne et terne. La tension va a crescendo jusqu’au duel final tragique, entre Leo et Louis, filmé à l’image d’un western italien. quitte les rivages du réalisme frontal des premières scènes pour flirter avec le baroque du cinéma de genre transalpin.

Face à ce déferlement de violence, Lenny, le vendeur au vidéoclub, parvient à garder son humanité. Passionné de cinéma, en particulier le cinéma de série B, il trouve son échappatoire dans cette cinématographie jugée peu respectable par certains exégètes. Timoré, peu expansif, il n’aura d’yeux que pour la serveuse d’un restaurant situé sis du vidéoclub. Armé de son seul courage, il engage la conversation, maladroitement certes, cependant il parvient à contourner sa timidité excessive. Amour et haine, innocence et amoralité, coexistent constamment chez Refn, ne fait pas exception à la règle. Refn possède l’art et la manière de faire dialoguer des sentiments antithétiques au sein d’une même séquence. Les voyous décrits dans participent de cet aspect antinomique : entre fragilité intérieure et agressivité ostentatoire, Refn nuance leurs affects dans un geste dialectique captivant. (…)

Par ses thématiques, ses personnages, préfigure, en un sens, l’œuvre à venir. Pourtant, loin d’être un film avec ses défauts de jeunesse, fait preuve d’une maturité exceptionnelle pour un deuxième long. »

Extrait de la critique de notre chroniqueur Valentin Buchens. Retrouvez-en l’intégralité en cliquant sur ce lien.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

C’est donc sous les couleurs de en collaboration avec que l’on pourra aujourd’hui découvrir ou revoir , qui s’offre d’ailleurs une présentation Haute-Définition absolument remarquable. Le film est présenté dans une édition Combo Blu-ray + DVD, et qu’il s’agit d’un digibook comprenant également un livret de 32 pages consacré au film. Malheureusement, l’éditeur n’ayant pu nous fournir ni le coffret ni le livret, nous ne pourrons juger de leur qualité, même si l’on est convaincus que et ont fait les choses en grand.

Côté galette, le master restauré ne présente quasiment aucun défaut : les couleurs sont éclatantes et saturées, le piqué et le niveau de détail ne faiblissent jamais malgré un grain argentique épais et scrupuleusement préservé : c’est du très beau travail. Côté son, seule la VO est proposée, dans un puissant mixage DTS-HD Master Audio 5.1, et proposent un rendu sonore clair, net, au dynamisme agressif et par moments très spectaculaire : en deux mots, bénéficie bel et bien d’une présentation optimale pour son arrivée en HD.

Du côté des suppléments, les fans de NWR et de son acteur fétiche des débuts seront ravis, puisque l’éditeur nous propose de découvrir un entretien avec et , qui reviennent sur leur longue collaboration, de leurs débuts en tant que rebelles anti-establishment à leur succès international. Ils évoquent notamment longuement leurs galères sur le tournage de . Entretien-fleuve d’une durée de 48 minutes, il confirme tout ce qu’on pouvait déjà penser de l’ambition et du boulard démesuré de NWR (deux éléments qui nous avaient été révélés par sa femme dans le documentaire My life directed by ), mais impose au contraire comme un acteur taciturne et d’une modestie remarquable.

 

 

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