Test Blu-ray : Beast

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Beast

États-Unis : 2022
Titre original : –
Réalisation : Baltasar Kormákur
Scénario : Baltasar Kormákur, James Lopez, Will Packer
Acteurs : Idris Elba, Sharlto Copley, Iyana Halley
Éditeur : Universal Pictures
Durée : 1h33
Genre : Thriller
Date de sortie cinéma : 24 août 2022
Date de sortie DVD/BR : 4 janvier 2023

Le Dr. Nate Daniels, revient en Afrique du Sud, où il a autrefois rencontré sa femme aujourd’hui décédée, pour y passer des vacances prévues de longue date avec ses deux filles dans une réserve naturelle, tenue par Martin Battles, un vieil ami de la famille, biologiste spécialiste de la vie sauvage. Mais ce repos salvateur va se transformer en épreuve de survie quand un lion assoiffé de vengeance, unique rescapé de la traque sanguinaire d’ignobles braconniers, se met à dévorer tout humain sur sa route et prend en chasse le docteur et sa famille…

Le film

[3,5/5]

Après le succès incroyable des Dents de la mer de Steven Spielberg en 1975, les producteurs de tous bords se sont jetés à corps perdu dans les films traitant de « menace animale ». Des créatures de la mer ou des airs, en passant par celles de la terre comme les lapins, les crapauds, limaces et autres vers de terre, il en pleuvait de partout dans les années 70, chaque espèce rivalisant de malice pour renverser de façon meurtrière le règne de l’homme. Avec le temps, les films mettant en scène des attaques animales se sont un peu espacés, même si ce sous-genre constitue toujours un gros fonds de commerce pour la série B, avec des films nous donnant à voir de gros requins, serpents géants et autres araignées mangeuses d’hommes.

Sorti sur les écrans français durant l’été 2022, Beast met quant à lui en scène un lion, s’en prenant de façon cruelle aux hommes. La dernière fois que le public avait été confronté à un lion enragé, c’était dans Prédateur en 2016. Avant cela, il y avait eu Prey, alias Terreur dans la savane, en 2007, la référence dans le domaine restant le très singulier Roar, sorti sur les écrans en 1981, qui mettait en scène plusieurs dizaines de vrais fauves. Bien entendu, le film de Baltasar Kormákur Beast nous propose plusieurs lions créés numériquement, mais on ne pourra que souligner l’excellence des effets spéciaux du film, souvent bluffants de réalisme, notamment sur la scène durant laquelle le personnage incarné par Sharlto Copley « câline » plusieurs gros matous sauvages – l’illusion est si parfaite qu’on jurerait qu’il s’agit de vrais lions ayant été dressés pour l’occasion.

Dans Beast, c’est donc un lion qui plonge le personnage incarné par Idriss Elba et ses deux filles (Leah Jeffries et Iyana Halley) au cœur d’une lutte sans merci pour leur survie dans la chaleur de l’Afrique du Sud. L’intrigue du film est relativement linéaire mais solide, et le scénariste Ryan Engle s’efforce de faire vivre ses personnages, notamment avec une série de sous-intrigues tournant autour de la disparition de la mère de famille. Bien entendu, l’adversité et le lion enragé auquel la petite famille doit faire face fera office de catalyseur quant à la réconciliation du père et de ses filles. On notera également la présence de Sharlto Copley dans un rôle comme toujours assez ambivalent, le genre de personnages dont on comprend qu’il a clairement sa part d’ombre (ce qui sera d’ailleurs confirmé lors du passage avec les braconniers).

Pour autant, la majeure partie de Beast est tout de même consacrée à l’affrontement avec le lion, le réalisateur Baltasar Kormákur parvenant sans peine à faire monter la tension crescendo. Rôdé au thriller depuis quelques années, le cinéaste s’en sort comme d’habitude plutôt bien dans l’escalade du suspense : il maintient parfaitement la tension du film tout au long de son deuxième acte, en restant attaché au rythme et aux personnages, et dépassant leurs problèmes personnels pour clouer le spectateur sur son siège.

Un autre élément intéressant de Beast vient du fait que tout au long du film, les personnages cherchent à comprendre le comportement inhabituel du lion qui les pourchasse, à comprendre ce qui l’a amené à s’en prendre aux hommes. Ils en viendront à en conclure que ce dernier a vu sa meute exterminée par des braconniers, et qu’il considère maintenant l’homme comme une menace. Ainsi, on pourrait presque arguer du fait que Beast ne s’inscrit pas réellement dans la tradition du film d’attaque animale, dans le sens où ce dernier agit en fait pour se défendre et non pour attaquer. On retrouvera cela jusque dans le climax du film. [Attention #Spoilers] Traditionnellement, dans le genre du film d’attaque animale, le climax arrive avec la mort de l’animal, souvent spectaculaire d’ailleurs. Malin, Baltasar Kormákur laisse au contraire la mort du lion (Owimbowè Owimbowè) hors champ, se concentrant sur le personnage incarné par Idriss Elba, et nous proposant un fondu au noir alors que celui-ci s’évanouit. [Fin des #Spoilers]

Le Blu-ray

[4/5]

C’est sous les couleurs d’Universal Pictures que l’on retrouvera aujourd’hui le Blu-ray de Beast, et comme à son habitude, l’éditeur nous livre une galette techniquement impeccable. Le master est d’une superbe précision, affichant un piqué d’une précision absolue et un véritable festival de couleurs éclatantes, encore servies dans leur profusion par un encodage sans faille, ne pixellisant jamais malgré les nombreuses informations à l’écran, le tout étant encore renforcé par des noirs solides et profonds. Côté son, Universal Pictures fait très fort puisque le film bénéficie d’une piste Dolby Atmos en version originale et d’une piste Dolby Digital + 7.1 pour la VF. Et comme on pouvait s’y attendre, les deux mixages s’avèrent d’un dynamisme échevelé, surtout sur les scènes tendues du film, tous les canaux y allant de leur puissance et de leur finesse tout au long du film. Ces deux mixages proposent une immersion totale au cœur du film pour le spectateur.

Du côté des suppléments, on trouvera tout d’abord une courte scène coupée (1 minute), qui s’accompagnera d’une poignée de featurettes assez complètes et informatives sur le tournage du film. On commencera donc avec un sujet dédié aux nombreux effets visuels du film (4 minutes), pour embrayer avec les maquillages (4 minutes) ainsi qu’avec les défis liés à un tournage en Afrique (5 minutes), et l’application de l’équipe de Beast à recréer des décors et des costumes crédibles. On terminera enfin avec un sujet consacré aux personnages du film (6 minutes), ainsi qu’avec un très sérieux petit documentaire consacré aux lions (8 minutes).

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