Test Blu-ray : Au-dessus de la loi

0
1215

États-Unis : 1993
Titre original :
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur : / Lionheart Éditions
Durée : 1h42
Genre : Action
Date de sortie cinéma : 4 août 1993
Date de sortie DVD/BR : 18 août 2021

Transportant des voitures de sport volées, Wellman Santee est témoin du meurtre d’un policier et de son complice par un lieutenant ripoux : Frank Severance. Blessé et arrêté, Santee s’échappe en prenant en otage Rita Marek, de la police elle aussi. Severance doit absolument l’éliminer. A travers le désert, la chasse à l’homme commence…

Le film

[4/5]

Après Jean-Claude Van Damme, qui a eu droit à une flopée de sorties au format Blu-ray chez ces derniers mois, c’est aujourd’hui au tour de , autre icône incontournable du cinéma d’action des années 90, d’avoir les honneurs d’une belle et très attendue sortie en Haute Définition avec (1993), qui sort enfin en France dans une édition digne de ce nom grâce aux efforts conjoints de et Lionheart Éditions.

On espère que la ressortie de ce solide actioner permettra de réhabiliter un peu la carrière de aux yeux du public français, qui reste encore aujourd’hui – et malgré sa grande taille (1m96) – un peu dans l’ombre d’autres « action stars » des années 80/90. C’est dommage, car il compte parmi les plus intéressants d’entre elles, grâce notamment à sa capacité à incarner, comme Schwarzenegger avant lui, d’implacables « méchants » transcendant littéralement des films parfois faiblards (Rocky IV, Universal soldier, Johnny Mnemonic…), ce que d’autres stars du genre telles que Steven Seagal, Sylvester Stallone ou encore Chuck Norris n’ont encore jamais osé faire.

Sorti sur les écrans en 1993, est le pur produit d’une époque où le genre était en pleine mutation. Au début des années 90 en effet, le film d’action « bigger than life » porté par des stars bodybuildées enchaînant les exploits physiques semble bien avoir fait son temps – il devient même un motif de parodie dans Hots Shots ! 2 en 1993. Le genre a été rattrapé par l’effet Piège de cristal, qui mettait en scène un mec « normal » aux prises avec une bande de terroristes sur-armés. Point Break est également passé par là en 1991, et le cinéma de Hong Kong commence à attirer tous les regards. Il fallait donc changer son fusil d’épaule, évoluer avec les attentes du public, et y parvient avec talent.

A la manière des films d’action de l’époque, combine donc à la fois la démonstration physique typique des 80’s et une approche plus moderne / plus rapide du genre, qui culminerait par la suite dans des films tels que Speed, Terminal Velocity, Drop Zone ou encore A toute allure. Explosions, poursuites en voiture, gunfights : le genre se diversifie, évolue vers d’avantage d’ambition formelle et narrative – les personnages sont en effet également plus fouillés, plus complexes, d’avantage en prise avec la réalité.

A la façon de Chasse à l’homme, sorti la même année, permet donc à d’incarner un taulard en cavale doté d’une grande âme, chevaleresque en diable. Trahi par ses employeurs, il se lance ainsi dans une croisade vengeresse, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’au fil du récit, extrêmement linéaire, il aura l’occasion de briller en défonçant les trois quarts du décor, utilisant toutes sortes d’armes, passant avec aisance du lance-flammes au fusil à pompe et passant par la mitraillette des années 30 avec chargeur camembert. est très généreux en termes d’action et des poursuites en voiture. Le réalisateur ne s’embarrasse pas de fioritures, il y va franco comme un bon bourrin, et les scènes d’action qu’il nous propose tout au long du film sont relativement solides – on n’est certes pas chez John Woo, et certaines peuvent clairement nous le faire regretter, mais Armstrong respecte son public et répond globalement à ses attentes en matière d’action : le spectacle est total, et tant pis si l’ensemble manque peut-être un peu d’ambition ou de personnalité sur le plan dramatique.

Cela n’empêche d’ailleurs pas , cascadeur devenu cinéaste, de livrer un spectacle du chaos totalement réjouissant. Humble, le réalisateur parsème d’ailleurs son œuvre d’une poignée de sympathiques hommages à ses aînés : le personnage principal regarde La grande évasion (Raoul Walsh, 1941) à la TV, un plan de la séquence du hangar fait référence à Voyage au bout de l’enfer (Michael Cimino, 1979), un passage par une gare de marchandise durant une poursuite en voiture évoque Il était une fois dans l’Ouest (Sergio Leone, 1968), la fin du film est tournée dans le même décor qu’Un homme est passé (John Sturges, 1955)… Une collection de clins d’yeux assez inattendus au cœur d’un film d’action, et qui contribuent à faire d’ un film tout particulièrement attachant.

Le Blu-ray

[5/5]

C’est donc grâce aux efforts conjoints d’ et Lionheart Éditions que le public français aura le loisir de retrouver, dès demain, dans un Combo Blu-ray + DVD s’imposant comme une véritable référence. Comme toujours avec ces deux éditeurs, on aura entre les mains un véritable et bel objet de collection, dont on sent qu’il a fait l’objet d’un soin éditorial tout particulier.

Du côté du master Haute Définition, on constatera dès les premiers plans que le boulot de restauration a été fait avec soin, la qualité visuelle de l’ensemble est vraiment saisissante. Le grain d’origine est bien là, le piqué est d’une belle précision, et les couleurs sont naturelles et rendent hommage à la belle photo du film, signée Daniel L. Turrett. Bref, on est en présence d’un très beau Blu-ray, même si les plus tatillons pourront peut-être arguer que le grain est un peu plus présent sur les scènes en basse lumière. Côté son, c’est la classe également : la VO est proposée en DTS-HD Master Audio 5.1, et joue essentiellement sur les ambiances, bien enveloppantes, avec néanmoins une poignée de passages d’action tenant véritablement de la grosse démo acoustique. L’immersion est optimale, et les effets multicanaux dépotent : du très beau travail. Le mixage en VF et DTS-HD Master Audio 2.0 se révèle particulièrement clair dans la restitution des dialogues et des différentes ambiances. On notera cependant que le film repasse à la VO durant les dix dernières minutes du film ; cela s’explique en partie par le fait que la dernière séquence soit inédite, absente du montage français d’origine. En revanche, l’affrontement final entre et était à l’origine bel et bien doublé…

On pourra d’ailleurs s’en assurer en redécouvrant le montage cinéma du film, qualité DVD, upgradé en 1080i, VF/VO en Dolby Digital 2.0, disponible en bonus caché – pas forcément très bien caché d’ailleurs, mais on vous laisse chercher… Les différences entre les deux montages sont listées sur le site de référence Movie-Censorship.

Le reste des bonus est tout aussi passionnant, et justifierait même carrément à lui-seul l’acquisition de ce Combo Blu-ray + DVD d’. ESC et Lionheart nous proposent tout d’abord une courte présentation du film par (2 minutes), à lancer avant le film. Celle-ci sera complétée d’un passionnant entretien-carrière avec (38 minutes), nous ayant été concocté par Frédéric Dieudonné et Jean-Christophe Jeauffre. Le géant blond y reviendra sur ses débuts : conflit avec le père, entrainement physique, relation avec Grace Jones… Qui le mèneront à intégrer par hasard le casting de Dangereusement votre, puis c’est l’explosion avec Rocky IV. Il reviendra alors sur les affres de la célébrité, sur sa rupture difficile avec Grace Jones, puis plus précisément sur , film important dans son parcours d’acteur. Après quelques anecdotes sur le film, abordera, avec sérénité et une certaine philosophie, les mutations du film d’action dans les années 90 ainsi que son rapport au vieillissement. Ses relations avec Jean-Claude Van Damme, Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallone seront également largement évoquées ; il nous apprendra par ailleurs que le tournage d’Expendables 4 devrait avoir lieu dans le courant de l’année 2021. Passionnant !

On terminera le tour des bonus inédits avec un entretien avec Jérémie Damoiseau (14 minutes), spécialiste français incontesté de , qui reviendra sur son parcours ainsi que sur sa rencontre et ses relations de confiance avec l’acteur, qu’il décrit comme quelqu’un d’intègre et de « presque timide ». Les amoureux du film pourront également compléter le visionnage par un commentaire audio du réalisateur Vic Amstrong et du producteur Andy Amstrong (VOST). Les deux intervenants assurent une piste équilibrée et sans temps mort, mélangeant les informations d’ordre général sur la production et quelques anecdotes plus amusantes. Ils aborderont l’intrigue du film et sa tonalité, le tournage (lieux, acteurs, cascades), etc. Très intéressant.

Mais ce n’est pas tout : sur le DVD du film présent dans le Combo, on trouvera un deuxième entretien avec Jérémie Damoiseau (12 minutes), qui assure une passionnante présentation du film. Il remettra le film dans son contexte, reviendra sur la première rencontre entre et . Il évoquera ensuite l’influence de John Woo et de Raoul Walsh sur le film, sur les différentes fins ayant été tournées, ainsi que sur l’implication de Dolpph dans le projet. Il expliquera également que rechigne toujours un peu à pratiquer les arts martiaux dans ses films à cause de sa grande taille – en effet, quand on mesure 1,96 mètre, pas besoin de faire de coups de pieds sautés ! Un sujet passionnant, qu’on aurait aimé trouver également sur le Blu-ray.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici