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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Kaamelott – Deuxième volet (Partie 1)

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Kaamelott – Deuxième volet (Partie 1)

France, Belgique : 2025
Titre original : –
Réalisation : Alexandre Astier
Scénario : Alexandre Astier
Acteurs : Alexandre Astier, Franck Pitiot, Thomas Cousseau
Éditeur : M6 Vidéo
Durée : 2h19
Genre : Comédie, Aventures
Date de sortie cinéma : 22 octobre 2025
Date de sortie BR4K : 26 février 2026

Les Dieux sont en colère contre Arthur ! Après la destruction de Kaamelott, son refus obstiné de tuer Lancelot précipite le Royaume de Logres à sa perte. Il réunit ses Chevaliers, novices téméraires et vétérans désabusés, autour de la Nouvelle Table Ronde et les envoie prouver leur valeur aux quatre coins du Monde, des Marais Orcaniens aux terres glacées du Dragon Opalescent…

Le film

[3,5/5]

Le phénomène Kaamelott expliqué aux plus jeunes

L’aventure Kaamelott a commencé en 2005 sur M6 : il s’agissait alors d’une série télévisée humoristique au format très court, créée par Alexandre Astier, Alain Kappauf et Jean-Yves Robin dans le sillage de Caméra Café (2001-2004), mais pratiquant un humour décalé évoluant dans un univers plutôt teinté d’Heroic Fantasy. Extrêmement populaire dès ses débuts, la série a permis au public de découvrir Alexandre Astier, qui serait rapidement considéré par la critique comme un des génies contemporains de la comédie française. A partir de 2006, il écrit le scénario de la série de bande dessinée Kaamelott, dérivée de la série télévisée, et avec le succès, commence à délaisser l’aspect humoristique de la série afin de l’orienter vers davantage de sérieux à partir de sa quatrième saison. Il basculera ensuite plus significativement dans le dramatique lors de la cinquième saison. Au cours de cette évolution, la série a étendu la durée des épisodes, passant d’un format court à une durée plus longue, atteignant le format standard de trois quarts d’heure dans sa sixième (et ultime) saison.

L’évolution du format et des scénarios a peu à peu transformé ce qui était une petite série humoristique sans prétention en un feuilleton télévisé nettement plus ambitieux d’un point de vue thématique et formel, ce que de nombreux fans de la première heure n’ont toujours pas digéré, tandis que d’autres furent au contraire ravis de la mutation de la série, et de l’extension de l’univers Kaamelott. Après l’interruption de la série TV sur M6 en 2009, Alexandre Astier prévoit de la prolonger sur grand écran, sous la forme d’une trilogie cinématographique, et envisage un début de tournage en 2014. Mais cela sera finalement début 2019 qu’Alexandre Astier commencera le tournage de la version cinématographique de Kaamelott ; après deux reports dus à la pandémie du Covid-19, le premier volet de la trilogie, fort logiquement intitulé Kaamelott – Premier volet, est sorti durant l’été 2021, et s’est imposé, avec 2,6 millions d’entrées, comme le plus gros succès français de l’année 2021. Cinq ans plus tard, les résultats au box-office de Kaamelott – Deuxième volet (partie 1) sont un peu moins spectaculaires : avec seulement un peu plus d’un million d’entrées, le film d’Alexandre Astier termine à la 34ème place du classement annuel, et ne sera que le septième film français de l’année 2025, juste devant Les Bodin’s partent en vrille.

Arthur, roi malgré lui, héros malgré tout

Kaamelott – Deuxième volet (partie 1) s’inscrit dans la continuité logique de l’entreprise d’Alexandre Astier, qui poursuit son patient travail d’orfèvre sur un univers qu’il façonne depuis vingt ans, comme un artisan un peu obsessionnel qui polit chaque recoin de son royaume imaginaire. Le film prolonge ainsi l’ambition du premier volet : mêler humour, tragédie, mythologie et mélancolie dans un même chaudron narratif, sans jamais renier l’ADN de la série. On y retrouve cette manière très particulière de faire cohabiter le trivial et l’épique, comme si les chevaliers de la Table ronde avaient été conçus pour passer sans transition d’une prophétie millénaire à une engueulade de comptoir. Le film assume pleinement cette hybridation, et c’est ce qui en fait un objet aussi singulier dans le paysage du cinéma français. De plus, Alexandre Astier continue d’y explorer la figure d’Arthur comme un héros brisé, hanté par ses choix, mais toujours capable d’un humour sec et de punchlines old school qui claquent comme des portes mal huilées.

Kaamelott – Deuxième volet (partie 1) creuse encore davantage la thématique de la légitimité : qui mérite de gouverner, qui mérite d’aimer, qui mérite de porter le poids du destin collectif. Arthur, toujours incarné par Alexandre Astier avec cette fatigue noble qui lui colle à la peau, avance comme un roi qui aurait troqué sa couronne contre un sac de cailloux. Le film interroge ainsi la responsabilité, la transmission, et cette étrange idée que le pouvoir n’est jamais un cadeau mais une dette. La question du « retour » est également au centre du film : retour du roi, retour des alliances, retour des blessures. Le film interroge la mémoire collective, la manière dont un peuple se raconte ses propres légendes pour survivre au chaos. Même le rapport à la magie devient une métaphore de la foi, de la croyance en quelque chose de plus grand que soi. L’épée Excalibur illustre parfaitement cette tension : l’épée n’est plus seulement un symbole de puissance, mais un rappel de tout ce qui a été perdu.

Une mise en scène qui gagne en souffle et en ampleur

Visuellement, Kaamelott – Deuxième volet (partie 1) franchit un cap. Avec ce deuxième volet, qui représente son cinquième film en tant que réalisateur, Alexandre Astier semble avoir trouvé un équilibre entre l’esthétique rugueuse de la série et l’ampleur cinématographique qu’il convoque depuis le premier volet. Les décors naturels respirent, les intérieurs gagnent en densité, et la lumière sculpte les visages comme si chaque ride racontait un chapitre oublié de la légende. Une scène en particulier, où Arthur traverse un couloir de pierre éclairé par des torches vacillantes, montre à quel point Kaamelott – Deuxième volet (partie 1) maîtrise désormais son langage visuel : la caméra glisse lentement, comme un serpent fatigué, et chaque ombre semble prête à avaler le héros. Pour autant, le film ne se prend jamais trop au sérieux, rappelant que la tragédie n’est jamais loin d’un bon mot. L’humour y reste fidèle à l’esprit de la série : absurde, décalé, et développant une certaine intelligence d’écriture. C’est cette capacité à mêler le trivial et le profond qui fait la force de l’univers Kaamelott : un monde où les héros peuvent sauver le royaume tout en se disputant sur la cuisson d’un sanglier.

A ce titre, les acteurs de Kaamelott – Deuxième volet (partie 1) constituent évidemment l’un des grands plaisirs du film. Thomas Cousseau, en Lancelot rongé par la folie, nous offre une performance tendue comme un arc prêt à rompre. Anne Girouard, toujours aussi impériale dans le rôle de Guenièvre, apporte une douceur maladroite qui contraste magnifiquement avec la noirceur ambiante. Et puis il y a les seconds rôles, ces visages familiers qui surgissent comme des fantômes joyeux : Perceval, Karadoc, Léodagan… Chacun apportant sa petite musique, son grain de folie, son rythme si particulier. Et si le film comporte encore quelques longueurs, il avance néanmoins comme une pièce d’échecs jouée par un joueur qui connaît déjà la fin de la partie, mais qui prend plaisir à déplacer chaque pion avec une précision presque amoureuse. Ainsi, Kaamelott – Deuxième volet (partie 1) n’est peut-être pas aussi spectaculaire que le premier volet, mais il gagne en profondeur, en nuance, en maturité. Et surtout, il prépare le terrain pour une suite qui s’annonce plus sombre, plus ample, plus épique. Un deuxième acte qui ressemble à une respiration avant la tempête.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Pour le moment, le Blu-ray 4K Ultra HD de Kaamelott – Deuxième volet (partie 1), édité par M6 Vidéo, n’est disponible qu’au sein d’une « Édition Épique », qui porte bien son nom : elle propose le Blu-ray 4K Ultra HD du film (Dolby Vision et HDR10), le Blu-ray, le DVD, un DVD de bonus intitulé « Addendum », une collection de 22 portraits de personnages (format 10x15cm), quatre visuels collector imprimés sur papier offset, et surtout une reproduction polyrésine de la nouvelle table ronde KV2 (12×11,5×1,7cm). Un ensemble pensé pour les fans, comme un coffre au trésor sorti tout droit de la salle du trône. Kaamelott – Deuxième volet (partie 1) trouve ainsi une édition à la hauteur de son univers : généreuse, artisanale, et pleine de petites attentions qui prolongent le plaisir du film.

Côté galette Katka, l’image en Dolby Vision et HDR10 offre un rendu impressionnant : les textures des armures, les étoffes des costumes, les visages burinés par les années… tout gagne en relief. Le film profite pleinement de cette précision, notamment dans les scènes nocturnes où les torches sculptent l’espace comme des pinceaux de feu. Les contrastes sont nets, les noirs profonds sans jamais avaler les détails, et les paysages prennent une ampleur presque mythologique. Du côté des pistes son, le mixage Dolby Atmos enveloppe le spectateur dans une bulle sonore où chaque bruit de pas, chaque souffle, chaque froissement de cape semble surgir d’un recoin du château. Les dialogues sont clairs, les ambiances naturelles, et la musique d’Astier, toujours aussi majestueuse, profite d’une ampleur qui renforce la dimension épique du film. Kaamelott – Deuxième volet (partie 1) trouve dans ce mixage une profondeur sonore qui accompagne parfaitement son mélange de comédie, de tragédie et de mythologie. La galette test du Blu ray 4K Ultra HD qui nous a été envoyée ne contient aucun bonus, mais des suppléments sont disponibles sur le disque dédié au sein du coffret.

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