Test Blu-ray 4K Ultra HD : Du sang et des larmes

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Du sang et des larmes

États-Unis : 2013
Titre original : Lone Survivor
Réalisation : Peter Berg
Scénario : Peter Berg
Acteurs : Mark Wahlberg, Taylor Kitsch, Ben Foster
Éditeur : M6 Vidéo
Durée : 2h01
Genre : Guerre
Date de sortie cinéma : 1 janvier 2014
Date de sortie BR4K : 27 juillet 2022

Le 28 juin 2005, un commando de quatre Navy Seals prend part à l’opération « Red Wings », qui a pour but de localiser et éliminer le leader taliban Ahmad Shah. Mais rapidement repérés et encerclés, les quatre soldats se retrouvent pris au piège…

Le film

[4/5]

Dans sa courte critique du film de Peter Berg Du sang et des larmes en 2016, notre chroniqueur Dylan Auguste soulevait un certain nombre de points intéressants : « le film est bien cru, les acteurs sont justes, la musique d’Explosions in the sky est sublime et les deux scènes de chute sont exceptionnelles (…) d’une efficacité et d’un réalisme sans pareil. On ne fait pas dans le grandiose, on fait dans le réel, dans tout ce qu’il a de plus beau et de plus dramatique. » Il est vrai que dès les premiers plans de l’affrontement contre les talibans, qui démarre au bout d’environ quarante minutes de film, les soldats de l’opération Red Wings sont dépeints comme fatigués et ralentis, ensanglantés et brisés, se tenant plus sur leurs jambes et considérablement amoindris. Ils sont dépeints de manière héroïque, mais réaliste. Passées les premières séquences du film, qui développent à travers le discours du quartier maître Patton (Alexander Ludwig) une ode à la masculinité que l’on pourrait considérer comme un poil déplacée, Du sang et des larmes opère un puissant contraste avec ce qui nous a été montré auparavant : loin des « machos » enquillant les chattes et les combats, les personnages du film redeviennent humains et terriblement fragiles. Ils ont mal, ils saignent, ils souffrent. S’ils semblent repousser les limites de l’endurance humaine, c’est parce que l’adrénaline le leur permet, mais également grâce à l’entraînement qu’ils ont enduré, et au conditionnement mental qu’ils ont subi – et qui fait l’objet des premières séquences du film.

Sur le plan technique, Du sang et des larmes est réalisé avec une maestria assez époustouflante. Ses scènes d’action sont authentiques et le réalisme avec lequel ces hommes se battent et opèrent renforce l’action d’une manière minutieuse, ce qui permet à Peter Berg de nous proposer l’une des représentations les plus réalistes et les plus brutales de la guerre que l’on n’ait jamais vu sur un écran, de mémoire de cinéphile. Tout nous semble ici particulièrement juste, des détails des opérations d’armement et des tactiques de combat à l’interprétation grandiose de Mark Wahlberg, Ben Foster et les autres. La volonté de Peter Berg est de nous montrer pourquoi cette histoire mérite d’être commémorée, et tente de fait d’estomper la frontière entre la fiction et la réalité, en proposant au spectateur de faire l’expérience directe de la douleur, de l’épreuve, de la joie et de la libération, et d’apprendre de tout cela à travers ceux qui ont vécu et sont morts pour les protéger. Si certains critiques ont reproché à Peter Berg et à Du sang et des larmes le recours à un patriotisme exacerbé, cette question nous semble ici hors de propos : ces considérations s’effacent en effet devant la reconstitution magistrale, puissante, stimulante mais également respectueuse de la guerre moderne que nous propose le film, et, plus important encore, devant le portrait de ces hommes qui ont donné tout ce qu’ils avaient non pas à cause d’un ordre venu d’en haut, mais par amour les uns pour les autres, tout autant que par devoir, les quatre SEALs au cœur du film étant bel et bien conscients de vivre et de mourir pour quelque chose de plus grand et de plus important que leur simple personne.

En revanche, c’est probablement dans le lien que le film établit avec le spectateur, tout autant que dans les passerelles qu’il construit avec le monde réel que Du sang et des larmes montre malheureusement ses limites. Car si Peter Berg parvient sans problème à emmener avec lui le spectateur au cœur de ce maelstrom de tirs, de sang et de douleur, si le cinéaste parvient sans peine à élever son propos au-delà de la simple illustration d’un tragique épisode de l’histoire de l’armée américaine, le fait est également que certains détails de l’opération Red Wings restent encore incertains, notamment du côté des pertes humaines côté talibans. De plus, le scénario du film choisit de prendre d’importantes libertés avec la réalité historique dans la deuxième partie du film, au moment où Marcus (Mark Walhberg) est recueilli par les villageois afghans. Il s’agit là de concessions très Hollywoodiennes, qui fonctionnent selon un principe de montée de la tension allant crescendo jusqu’à un final forcément spectaculaire, mais elles trahissent tout de même une entorse considérable au contrat implicite de véracité historique établi par Du sang et des larmes, entériné dans l’esprit du spectateur à partir du moment où le film s’ouvre – et se ferme – sur des images réelles.

Raz-de-marée de 4K chez M6 Vidéo

Petit à petit, le format 4K fait son nid : même si on est encore loin de parler d’explosion du marché, à la fin de la saison estivale, la France aura tranquillement dépassé les 1100 titres disponibles en Ultra Haute-Définition, ce qui est plutôt encourageant. Au fur et à mesure, les « gros » films de catalogue commencent donc à apparaître sur nos écrans en 2160p, et à ce titre, M6 Vidéo fait particulièrement fort avec une nouvelle salve 4K composée de rien de moins que 10 titres au format Blu-ray 4K Ultra HD.

Le 27 juillet 2022, M6 Vidéo nous proposera donc de redécouvrir 10 grands classiques de son catalogue en Ultra Haute-Définition : il s’agit des films Iron Man (Jon Favreau, 2008), L’incroyable Hulk (Louis Leterrier, 2008), Démineurs (Kathryn Bigelow, 2008), RED (Robert Schwentke, 2010), Looper (Rian Johnson, 2012), Du sang et des larmes (Peter Berg, 2013), Insaisissables (Louis Leterrier, 2013), Le Dernier chasseur de sorcières (Breck Eisner, 2015), Point Break (Ericson Core, 2015) et Deepwater (Peter Berg, 2016). Dix films, dix blockbusters, faisant définitivement partie des « best-sellers » de chez M6 Vidéo, qui bénéficient ici d’un ravalement de façade groupé.

On ignore ce qui a poussé l’éditeur à se précipiter d’un coup et de nous lâcher une telle salve de titres restaurés 4K, surtout pour des films dont les sorties remontent à quelques années maintenant. On soupçonne cependant que SND et M6 Vidéo vont probablement d’ici peu perdre les droits de quelques-uns de ces films, et que s’ils désiraient avoir l’opportunité d’exploiter encore un peu leur filon, c’était le moment ou jamais. Ainsi, et pour ne citer que les plus évidents du lot, on ne serait probablement pas étonnés de voir ressortir Iron Man et L’incroyable Hulk au format Blu-ray 4K Ultra HD dans un avenir proche, peut-être même déjà courant 2023, dans des éditions estampillées Disney / Marvel et reprenant la charte graphique des autres films déjà sortis jusqu’ici.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

Commentaire technique général

[4/5]

Pour autant, en ce qui concerne les titres que l’on a pu avoir entre les mains au format Blu-ray 4K Ultra HD (curieusement, justement, les deux Marvel manquent toujours à l’appel…), M6 Vidéo n’a pas bâclé le travail : les masters dont l’éditeur dispose sont récents, et la précision / la finesse de la Ultra Haute-Définition sur l’ensemble de cette nouvelle vague est littéralement excellente.

Dans tous les cas, les films sont proposés dans de sublimes transferts 2160p, et il va sans dire que si les Blu-ray de la plupart de ces blockbusters étaient déjà excellents, on notera toujours une amélioration sensible du piqué et du niveau de détail, le tout allié à des contrastes améliorés et des couleurs explosives que l’on pourra attribuer, au moins en partie, à l’apport de la technologie HDR. Les noirs sont d’ailleurs souvent tellement tranchants que certains pourront trouver que ces nouveaux transferts 4K tendent à assombrir l’image. C’est une erreur. Cependant, la définition des ombres et des lumières est très nettement améliorée, et ressort de façon encore plus flagrante qu’auparavant, surtout sur les films bénéficiant de partis pris esthétiques forts (et il y en a quelques-uns dans le lot).

Néanmoins, dans l’ensemble, les dégradés dans les tons sombres sont plus subtilement mélangés et offrent de meilleurs détails dans les textures ainsi que sur certains des effets spéciaux – la 4K ne fait pas de pitié à ce niveau-là et certains films en prennent clairement plein la gueule, avec des effets encore plus visibles et encore plus ridicules qu’à l’époque. En ce qui concerne les séquences les plus lumineuses, les détails ressortent avec une netteté et une clarté absolument excellentes, sur la plupart des films de cette vague. Les visages et les gros plans sont proposés avec une précision extrême, tandis que les tissus et les accessoires présentent des niveaux de détail parfois infimes. On n’a remarqué ni banding ni contrastes trop poussés dans leurs retranchements (même si Point Break frôle parfois le carton jaune). Sur certains films, on remarquera de petites baisses de régime au niveau des couleurs, avec des passages durant lesquels les noirs ont tendance à se confondre.

Côté son, tous les films sont proposés en DTS-HD Master Audio 5.1 en VF et VO, avec dans certains cas une version originale disposant d’un mixage Dolby Atmos (avec un « core » en Dolby TrueHD 7.1). Dans tous les cas, et étant la sélection de blockbusters qui pètent de partout, tout le temps et dans tous les coins que nous a faite M6 Vidéo ce mois-ci, honnêtement, vous aurez droit à du grand spectacle acoustique quel que soit le film que vous choisissiez dans le lot.

Du côté des suppléments, pas de suppléments sur les galettes 4K, mais on retrouvera l’intégralité des bonus sur les versions Blu-ray du film, également disponibles dans les boîtiers puisque toutes ces éditions sont des Combos Blu-ray 4K Ultra HD + Blu-ray.

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