Test Blu-ray 4K Ultra HD : Beetlejuice

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États-Unis : 1988
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Éditeur : .
Durée : 1h32
Genre : Comédie, Fantastique
Date de sortie cinéma : 14 décembre 1988
Date de sortie DVD/BR : 16 septembre 2020

Barbara et Adam Maitland forment un adorable couple. Hélas survient un stupide accident de voiture et les voilà devenus fantômes obligés de hanter les murs de leur propre demeure ! Quelle n’est pas leur déception lorsqu’ils la voient livrée aux mains d’une famille excentrique dont les membres évoluent entre hystérie et stupidité. Barbara et Adam tentent de les chasser. En vain. La seule solution : faire appel à Beetlejuice, un fantôme exorciseur de vivants…

Le film

[5/5]

Film mythique, sur lequel les années qui passent ne semblent avoir absolument aucune emprise, Beetlejuice fêtera cette année ses 32 ans. Mais étant donné que le format Blu-ray 4K Ultra-HD aura probablement laissé sa place à d’autres supports techniquement encore plus avancés d’ici les quarante ans du film, Warner bros a pris le parti de fêter l’anniversaire de Beetlejuice avec un peu d’avance, et surtout avec une édition coffret luxe de grande classe.

Quand il réalise Beetlejuice en 1988, Tim Burton est encore quasiment inconnu en France, et ne possède en aucun cas l’aura « culte » qu’il obtiendra et conservera tout au long des années 90. Pour autant, avec ce deuxième long-métrage, le cinéaste originaire de Burbank, tout juste âgé de 30 ans, semblait réellement au top de sa forme et de sa créativité artistique – on parle bel et bien ici d’une époque lointaine où les « Freaks » n’étaient pas mis au ban dans son œuvre, mais en constituaient au contraire l’âme, la substantifique moelle.

Beetlejuice s’impose donc comme un joyeux délire peuplé de personnages hauts en couleurs, et nous donnant à un découvrir un univers passionnant, aussi bien visuellement que thématiquement. Un conte macabre, foutraque, volontiers morbide, bourré d’idées de mises en scène, et développant vraiment, au fil de ses 92 minutes de folie douce rythmée par les mélodies de Danny Elfman, une poésie de tous les instants.

Même les plus allergiques aux univers pop-gothiques créés par Tim Burton devront rendre les armes et se rendre à l’évidence : avec les sublimes Edward aux mains d’argent et Sleepy Hollow (qui vient d’ailleurs de s’offrir une belle édition Blu-ray « 20ème anniversaire »), Beetlejuice représente la quintessence du cinéma de Burton, une des pièces-maîtresses de sa filmographie, en tous cas le film qui va indéniablement le plus loin dans la folie douce et l’inventivité – un film qui met tout le monde d’accord.

On découvre dans Beetlejuice tout ce qui deviendrait l’univers thématique et formel de Tim Burton dans les années qui suivraient : l’humour cartoonesque, frôlant ici à plusieurs reprises le non-sensique pur, les visuels baroques, les décors tortueux, le romantisme d’outre-tombe, la musique dissonante de Danny Elfman, l’utilisation régulière de la stop-motion… Un univers marqué tout à la fois par Edgar Allan Poe, Ray Harryhausen et Walt Disney.

Mais la réussite de Beetlejuice ne se limite pas simplement à la création balbutiante de l’univers « Burtonien » à venir : il y a une véritable valeur ajoutée au cœur du film, et celle-ci s’appelle Michael Keaton.

Endossant un rôle à contre-emploi d’une manière tout simplement stupéfiante, jouant à la fois avec son maquillage lugubre et de multiples effets spéciaux le rendant méconnaissable, mais aussi avec un soupçon d’improvisation dans le comportement et les dialogues, Keaton s’impose comme un acteur hyper-doué à qui le registre de la folie furieuse sied à merveille. Malheureusement, peu de cinéastes ont réellement su exploiter la folie de l’acteur, qu’on ne reverrait finalement composer un personnage aussi fourbe et déjanté que dans le Beaucoup de bruit pour rien de Kenneth Branagh en 1993. Pourtant, Michael Keaton c’est Beetlejuice, et inversement.

D’ailleurs, la mise en chantier d’une suite, arlésienne ultime depuis une trentaine d’années, ne pourrait être envisagée que si Michael Keaton est de la partie. Porté par un acteur de génie et grâce à un univers et une réalisation au diapason, Beetlejuice s’impose comme un des tous meilleurs films de Tim Burton, si ce n’est le meilleur. Époustouflant, rythmé, personnel. Un vrai et grand chef d’œuvre.

Le Coffret

[5/5]

Beetlejuice vient donc – à nouveau – de débarquer d’entre les morts pour atterrir sur un Blu-ray 4K Ultra-HD aux couleurs de la branche française de Warner bros. Si vous vous disiez que votre édition Blu-ray de 2008 est amplement suffisante, monumentale erreur. En effet, après comparaison entre les deux masters, le Blu-ray a beau se monter respectable pour un master HD daté de plus de dix ans, cette édition Blu-ray 4K Ultra-HD made in Warner surpasse en tous points la précédente. Déjà, le film légèrement recadré sur le Blu-ray (au format 1.78: 1) retrouve ici son glorieux format original (1.85: 1). Mais ce retour au format d’origine ne constituera que la cerise d’un gâteau Ultra-HD de la mort qui tue, ce master 4K de Beetlejuice s’avérant absolument épatant. La profondeur de champ est exceptionnelle, les couleurs HDR10 extraordinaires, les textures absolument remarquables ainsi que le grain cinéma, parfaitement respecté, qui complètera cette présentation plus que parfaite et vous laissera littéralement sur le carreau. Les scènes en extérieur sont claires et lumineuses, les contrastes très saturés, et le niveau de détail est d’une finesse telle que l’on a littéralement l’impression de redécouvrir complètement le film. Une remasterisation de folie pour un film indispensable…

Côté son, préparez-vous à danser avec les personnages du film sur la musique d’Harry Belafonte, puisque Beetlejuice s’offre un puissant mixage Dolby Atmos (qui sera décodé en Dolby TrueHD 7.1 pour les amplis non compatibles), qui nous proposera un placement des dialogues toujours clair mais aussi et surtout des surrounds et des effets de spatialisation dans tous les coins, géniaux pendant les moments où le film bascule dans le fantastique et le surnaturel, extraordinaires pendant les passages musicaux (Day O, Jump in the line), bref dynamique au possible et pleine de vie. La version française est quant à elle proposée dans le mixage Dolby Digital 2.0 que nous connaissons déjà, puisqu’à la fois présent sur le DVD et sur le Blu-ray du film.

Last but not least : cette édition Blu-ray 4K Ultra-HD arrivera sur les linéaires de votre dealer de culture préféré dans un coffret Collector extrêmement soigné, prenant la forme du guide découvert dans le film par les époux Maitland au moment de leur mort : le manuel des personnes récemment décédées ou « Handbook for the Recently Deceased ». Ce coffret collector contiendra, en plus du Blu-ray 4K Ultra-HD, le Blu-ray du film (édition 2008), un patch thermocollant phosphorescent « Here lies Beetlejuice », l’affiche publicitaire de Beetlejuice visible dans le film « Betelgeuse the bio-exorcist » et enfin, trois craies blanches, qui vous seront bien utiles si d’aventure vous mourriez (de rire) en regardant le film, afin de tracer tracer la porte des morts menant vers l’autre monde… Warner a pensé à tout!

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