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Action Critiques de films — 17 juillet 2018
Critique : Skyscraper


États-Unis, 2018
Titre original : Skyscraper
Réalisateur :
Scénario : Rawson Marshall Thurber
Acteurs : , , Chin Han, Pablo Schreiber
Distribution : Universal Pictures International France
Durée : 1h43
Genre : Action
Date de sortie : 11 juillet 2018

Note : 2,5/5

Orchestré tout en douceur par Dwayne Johnson depuis quelques années, le projet de dominer petit à petit le cinéma d’action commence à montrer de sérieux signes d’essoufflement. Tandis que l’objectif de l’omniprésence est largement accompli, avec ce deuxième film à sortir déjà depuis le début de l’année et des productions futures planifiées jusqu’à la fin de la décennie, du côté de la qualité le constat est forcément moins réjouissant. Car deux mois seulement après le laborieux Rampage Hors de contrôle de Brad Peyton, la vedette s’investit une fois de plus dans une resucée de recettes éprouvées, qui n’apporte hélas rien à son statut de chouchou du public, ni à ses fans, tôt ou tard blasés par un énième choix de rôle péniblement répétitif de la part de l’ancien héros du catch. Dans Skyscraper, Johnson campe le plus consensuel de ses personnages types : le père de famille sans reproche et prêt à tout – notamment à mettre sans cesse en valeur sa force physique exceptionnelle – afin de protéger les siens et, s’il le faut, l’humanité toute entière. Le cadre du cinquième film de Rawson Marshall Thurber est ultra-balisé, à tel point que la mission de sauvetage nous tient au mieux en haleine lors des rares séquences, où notre peur du vide est à peu près savamment titillée. Sinon, l’agencement des gros clichés et des cascades trop hardies pour être crédibles maintient le film dans une médiocrité de laquelle il ne s’affranchit jamais réellement.

Synopsis : Un ancien agent du FBI, spécialisé dans les prises d’otages, Will Sawyer a été engagé par le riche homme d’affaires chinois Zhao, afin de vérifier le système de sécurité du gratte-ciel The Pearl à Hong Kong, haut de plus de 220 étages, dont la partie supérieure devrait prochainement ouvrir au public. Sawyer a fait le voyage en Asie avec sa femme Sarah et ses deux enfants, qui se sont d’ores et déjà installés dans les appartements luxueux de la tour. Globalement satisfait des dispositifs installés par Zhao, notamment en termes de prévention incendie, Sawyer réserve son diagnostic final jusqu’à l’inspection du quartier général de surveillance, situé à quelques kilomètres du site. En chemin, il est attaqué et l’ordinateur avec sa clef d’accès biométrique lui est dérobé. Pire encore, le truand Kores Botha a mis le feu au 96ème étage, alors que Sarah et les enfants attendent le retour de Will juste quelques étages au dessus.

Une prothèse multitâche

Selon la génération à laquelle vous appartenez, vous rapprocherez ce film-ci, entièrement dépourvu d’originalité, soit de La Tour infernale de John Guillermin, soit de Piège de cristal de John McTiernan. Du premier, Skyscraper a vaguement hérité le frisson du feu qui se fraie sans ménagement son chemin à travers les hautes sphères de la mégalomanie humaine, au détail près que le travail exemplaire des pompiers mis en valeur dans le film catastrophe des années 1970 est supplanté ici par la toute-puissance informatique, à la fois l’enjeu de toutes les convoitises et en mesure d’éteindre le brasier infernal en à peine quelques secondes. Du deuxième, on retrouve les grandes lignes dramatiques de la guerre des nerfs et des armes improvisées dans un immeuble désert, mais là encore sans la moindre verve scénaristique ou formelle, susceptible de conférer un minimum de personnalité à ce spectacle fâcheusement aseptisé. La mécanique de la menace qui est censée monter crescendo s’enraye en effet très vite, faute de méchant charismatique dans l’équilibre ennuyeusement manichéen de l’intrigue. Et les prouesses physiques du héros, capable de toujours s’accrocher in extremis à la bonne ligne de vie, ne font qu’ajouter à la longue à l’impression d’esbroufe bancale qui se dégage de l’ensemble du film.

Le surhomme de Hong Kong

Quant à Dwayne Johnson, il s’acquitte de son rôle de vétéran valeureux avec ce qui ressemble dangereusement au flegme de l’acteur las d’être cantonné invariablement au même emploi du protagoniste édifiant. Le fait qu’il est également le producteur de cette marchandise filmique formatée à outrance lui donne cependant une certaine responsabilité dans cet effet inévitable de déjà-vu, accru encore dans le cas présent par les traits de caractère très approximatifs de son personnage. Ainsi, ce brave Will Sawyer est au mieux une formidable surface d’identification pour les spectateurs les moins exigeants, grâce à son courage et son ingéniosité comme seuls repères personnels. Au pire, il constitue la caricature sans âme de ce que le héros à l’américaine était autrefois, à l’époque de Schwarzenegger et de Stallone, qui, soyons honnêtes, n’avaient néanmoins pas fait preuve de plus de discernement que leur successeur dans l’élaboration réfléchie de leurs filmographies respectives. D’un point de vue idéologique, il n’y a de surcroît pas grand-chose à tirer de Skyscraper, si ce n’est l’ingérence plus ou moins subtile de la part des Chinois dans les affaires hollywoodiennes. Elle se traduit à la fois par la participation toujours aussi anecdotique de quelques acteurs asiatiques – car rappelez-vous, c’est le géant américain qui mène la danse – et, de façon plus révélatrice, par une efficacité relative dans l’encadrement d’un affrontement essentiellement occidental. Aucune véritable mise en abîme des cultures ou des poncifs du genre n’est donc à signaler ici, même pas lors de l’épreuve de force finale, qui fait assez maladroitement référence à La Dame de Shanghai de Orson Welles.

Conclusion

Le jour viendra lorsqu’on aura définitivement marre des frasques de Dwayne Johnson, un acteur qui a une tendance préoccupante à dilapider le capital de sympathie dont il dispose indéniablement auprès du public mondial. Comme les chiffres décevants au box-office américain pour ce film sans réelle raison d’être l’indiquent, ce processus de désamour risque d’avoir déjà commencé. Il ne nous reste par conséquent que l’espoir de le voir relever très rapidement la barre du divertissement au moins un peu intelligent et surtout pas exsangue, ainsi que celui, plus anecdotique, de croiser à nouveau le chemin de Neve Campbell sur grand écran, dont elle était quasiment absente depuis le début des années 2010 !

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles