Oscars 2024 : le palmarès

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© 2024 Matt Sayles / Academy of Motion Picture Arts and Sciences Tous droits réservés

La 96ème cérémonie des Oscars a eu lieu la nuit dernière, heure de Paris, au Dolby Theatre à Hollywood. Et même un peu plus tôt que ce que nous avions indiqué dans notre article précédent, puisque Jimmy Kimmel a donné le coup d’envoi dès minuit, heure française, bien que bon nombre des convives aient encore été bloqués dans les embouteillages, causés par des manifestans appelant à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. La soirée s’est soldée, comme prévu, par un petit raz-de-marée du drame historique Oppenheimer de Christopher Nolan qui repart avec sept trophées, comme son prédécesseur direct Everything Everywhere All At Once de Daniel Kwan et Daniel Scheinert l’année dernière. Tandis que Killers of the Flower Moon de Martin Scorsese et Maestro de Bradley Cooper repartent bredouille, Pauvres créatures de Yorgos Lanthimos empoche quatre Oscars dont celui de la Meilleure actrice pour Emma Stone.

En reprenant le dispositif des cinq anciens lauréats qui remettent l’Oscar dans les quatre catégories d’actrices et d’acteurs, inventé lors de la 81ème cérémonie en 2009, les producteurs ont visiblement voulu renouer avec la longue et illustre tradition des Oscars. Mais d’autres faits historiques – plus ou moins anecdotiques – ont eu lieu hier soir. A commencer par l’exploit de Oppenheimer, qui devient le premier Meilleur Film depuis Ben Hur de William Wyler en 1960 à gagner les deux Oscars d’interprétation masculine. Pour le même film, Cillian Murphy est seulement le deuxième acteur d’origine irlandaise à gagner l’Oscar du Meilleur acteur, après le triple sacre de Daniel Day-Lewis (Mon pied gauche, There Will Be Blood et Lincoln).

Côté international, petite fierté nationale pour Anatomie d’une chute de Justine Triet, le troisième film français à être distingué pour son scénario après Le Ballon rouge de Albert Lamorisse en 1957 et Un homme et une femme de Claude Lelouch en 1967. Soit plus de dix ans avant la naissance des deux co-scénaristes de la Palme d’or 2023, nées respectivement en 1978 et 1981. A noter que très peu de films étrangers ont reçu l’Oscar du Meilleur scénario. En dehors des trois représentants français, c’étaient pour l’Italie Divorce à l’italienne de Pietro Germi en 1963, pour l’Espagne Parle avec elle de Pedro Almodovar et pour la Corée du Sud Parasite de Bong Joon-ho en 2020.

Dans la catégorie du Meilleur Film international à proprement parler, La Zone d’intérêt de Jonathan Glazer est l’un des rares heureux vainqueurs à gagner également dans une catégorie technique, après Huit et demi de Federico Fellini (costumes en noir et blanc), Z de Costa-Gavras (montage), Fanny et Alexander de Ingmar Bergman (photo, décors et costumes), La Vie est belle de Roberto Benigni (musique), Tigre et dragon de Ang Lee (photo, musique et décors), Roma de Alfonso Cuaron (photo), ainsi que l’année dernière A l’ouest rien de nouveau de Edward Berger (photo, musique et décors). Si vous êtes observateurs, vous aurez remarqué que le drame historique, Grand Prix au dernier Festival de Cannes, est le premier Meilleur Film étranger / international à gagner l’Oscar du Meilleur son.

Et ce n’est pas tout, puisque encore plus loin de chez nous, Le Garçon et le héron du vénérable Hayao Miyazaki est seulement le deuxième film d’animation japonais oscarisé, plus de vingt ans après Le Voyage de Chihiro, déjà du maître du studio Ghibli. De même venu du Japon, Godzilla Minus One de Takashi Yamazaki est le premier film entièrement japonais récompensé pour ses effets spéciaux. Cette catégorie particulièrement favorable aux grosses productions hollywoodiennes n’a quitté ce microcosme qu’à de très rares reprises, comme avec l’australien Babe de George Miller en 1996 et l’anglais Ex Machina de Alex Garland en 2016.

Le meilleur pour la fin ? Les fans du cinéaste américain Wes Anderson sont aux anges depuis ce matin, puisque le réalisateur de Asteroid City a gagné l’Oscar du Meilleur court-métrage. Il est à présent le troisième réalisateur victorieux dans cette catégorie-ci et nommé comme Meilleur réalisateur avec Taylor Hackford (Ray) et Martin McDonagh (Les Banshees d’Inisherin). Au détail près que, pour ses confrères, le prix a été un formidable tremplin pour se lancer dans l’arène des longs-métrages, alors que pour Anderson, il laisse tout de même un léger arrière-goût de lot de consolation suite à sept nominations infructueuses dans quatre catégories différentes, depuis La Famille Tenenbaum jusqu’à L’Ile aux chiens.

© 2024 Matt Sayles / Academy of Motion Picture Arts and Sciences Tous droits réservés

Meilleur Film : Oppenheimer de Christopher Nolan, produit par Emma Thomas, Charles Roven et Christopher Nolan
Meilleur réalisateur : Christopher Nolan pour Oppenheimer
Meilleure actrice : Emma Stone dans Pauvres créatures
Meilleur acteur : Cillian Murphy dans Oppenheimer
Meilleure actrice dans un second rôle : Da’Vine Joy Randolph dans Winter Break
Meilleur acteur dans un second rôle : Robert Downey Jr. dans Oppenheimer
Meilleur scénario original : Anatomie d’une chute par Justine Triet et Arthur Harari
Meilleur scénario adapté : American Fiction Fiction à l’américaine par Cord Jefferson, sans date de sortie cinéma en France
Meilleur Film international : La Zone d’intérêt (Royaume-Uni) de Jonathan Glazer
Meilleur Documentaire : 20 jours à Marioupol de Mstyslav Chernov, sans date de sortie cinéma en France (Mstyslav Chernov, Michelle Mizner et Raney Aronson-Rath)
Meilleur Film d’animation : Le Garçon et le héron de Hayao Miyazaki (Hayao Miyazaki et Toshio Suzuki)
Meilleure photo : Oppenheimer – Hoyte Van Hoytema
Meilleur montage : Oppenheimer – Jennifer Lame
Meilleure musique : Oppenheimer – Ludwig Göransson
Meilleure chanson : « What Was I Made For ? » de Barbie – Billie Eilish et Finneas O’Connell
Meilleurs décors : Pauvres créatures – James Price et Shona Heath / Zsuzsa Mihalek
Meilleurs costumes : Pauvres créatures – Holly Waddington
Meilleurs maquillage et coiffure : Pauvres créatures – Nadia Stacey, Mark Coulier et Josh Weston
Meilleur son : La Zone d’intérêt – Tarn Willers et Johnnie Burn
Meilleurs effets spéciaux : Godzilla Minus One – Takashi Yamazaki, Kiyoko Shibuya, Masaki Takahashi et Tatsuji Nojima
Meilleur court-métrage : The Wonderful Story of Henry Sugar – Wes Anderson et Steven Rales
Meilleur court-métrage documentaire : The Last Repair Shop – Ben Proudfoot et Kris Bowers
Meilleur court-métrage d’animation : War is over ! Inspired by the Music of John and Yoko – Dave Mullins et Brad Booker

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