Les sorties du 7 septembre 2016

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Le programme de la semaine déborde carrément d’options séduisantes, principalement d’origine française ou américaine. Le seul bémol est qu’il n’y a vraiment pas de quoi rire dans cette sélection faite de péplums bibliques, de westerns modernes, de chroniques familiales et d’après-guerre, ainsi que d’une forme plus récente de traumatisme post-combat. Pour un peu de franche rigolade à l’ancienne, mieux vaut se tourner vers les trois films de Marcel Pagnol avec l’inimitable Fernandel qui sortent en reprise. En tant que film de la semaine, de François Ozon serait le choix évident : (très) bien reçu lors de sa présentation à Venise où il peut espérer décrocher un prix lors de la cérémonie de clôture ce week-end, adoré sans retenue par notre cher Jean-Jacques, plutôt exigeant ces derniers temps dans ses choix, et pleinement dans la lignée d’une sophistication tortueuse que le réalisateur maîtrise désormais parfaitement.

comancheria

Eh non, autant nous souhaitons à Pierre Niney dans un noir et blanc somptueux tout le succès imaginable du côté du public, certainement en manque de films français de qualité après un été très avare en la matière, voire du côté du comité de sélection du candidat français pour l’Oscar du Meilleur Film étranger, autant nous osons lui préférer le retour d’un cinéaste plus rare et plus extrême dans ses choix formels. Tran Anh Hung ne nous a certes complètement conquis qu’avec le magnifique A la verticale de l’été au début du siècle. Mais depuis nous ne perdons pas l’espoir qu’il saura à nouveau atteindre de tels sommets de poésie filmique, bien que les prémisses ne soient pas forcément rassurantes avec et ses trois actrices que nous n’affectionnons guère. Enfin, le trio de tête est complété par le film américain le plus abouti de ce mercredi, de David Mackenzie, qui arrive chez nous après avoir séduit d’abord le public cannois, puis celui des salles américaines.

rodeo

Le reste des sorties de ce début du mois de septembre présente plus ou moins de défauts, peut-être à l’exception du seul film qui ne participe pas à la partie de ping-pong entre les industries du cinéma des deux côtés de l’Atlantique. Hélas, les vaches du brésilien Rodéo de Gabriel Mascaro auront beaucoup de mal à subsister face aux chevaux numériques du deuxième remake de par Timur Bekmambetov, le triste testament du déclin ininterrompu de Hollywood. Marcel Pagnol a, quant à lui, déjà occupé le devant de la scène artistique, quand le premier de Fred Niblo créait encore la sensation. Son épouse et actrice fétiche Jacqueline Pagnol est décédée il y a tout juste deux semaines. La sortie de trois films selon la formule doucement folklorique de Marcel Pagnol, moins d’un an après celle de Marius, Fanny et César, peut donc servir d’hommage à la comédienne, ainsi qu’à ce type de film si joliment nostalgique.


de Timur Bekmambetov (Etats-Unis, Péplum, 2h04, distribué sur 420 copies) avec Jack Huston, Toby Kebbell et Rodrigo Santoro

de David Mackenzie (Etats-Unis, Drame, 1h42, distribué sur 208 copies) avec Jeff Bridges, Chris Pine et Ben Foster

de Tran Anh Hung (France, Drame, 1H59, distribué sur 100 copies) avec Audrey Tautou, Bérénice Bejo et Mélanie Laurent

de François Ozon (France, Drame, 1h53, distribué sur 210 copies) avec Pierre Niney, Paula Beer et Ernst Stotzner (critique)

de Brad Furman (Etats-Unis, Thriller, 2h07, distribué sur 252 copies) avec Bryan Cranston, John Leguizamo et Diane Kruger

Jeunesse de Julien Samani (France, Drame, 1h23, distribué sur 50 copies) avec Kevin Azaïs, Samir Guesmi et Jean-François Stévenin

de Roberto Miller (Etats-Unis, Drame, 1h30) avec Roberto Miller, Marianne Shine et Alain Blazquez

La Nuit et l’enfant de David Yon (France, Documentaire, 1h00, distribué sur 1 copie)

 

de Thierry Demaizière et Alban Teurlai (France, Documentaire, 2h07, distribué sur 23 copies)

Rodéo de Gabriel Mascaro (Brésil, Drame, 1h41) avec Juliano Cazarre, Maeve Jinkings et Josinaldo Alves

de Delphine et Muriel Coulin (France, Guerre, 1h42, distribué sur 106 copies) avec Soko, Ariane Labed et Ginger Roman (critique)

Reprises

 

(1945) de Raymond Leboursier (France, Comédie dramatique, 2h07) avec Fernandel, Jacqueline Pagnol et Raymond Pellegrin

 

(1938) de Marcel Pagnol (France, Comédie, 2h02) avec Fernandel, Orane Demazis et Fernand Charpin

 

Topaze (1950) de Marcel Pagnol (France, Comédie, 2h16) avec Fernandel, Hélène Perdrière et Jacqueline Pagnol

(1960) de Leslie Stevens (Etats-Unis, Drame, 1h20, distribué sur 5 copies) avec Warren Oates, Corey Allen et Kate Manx

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