Les sorties du 7 juin 2017

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Cette semaine, le cinéma remplit une fois de plus à merveille sa fonction d’évasion à moindre coût. Les deux destinations de voyage les plus prisées, puisque a priori inaccessibles par les temps mouvementés qui courent, se trouvent du côté de la Birmanie et de l’Égypte. Dans son nouveau documentaire, hautement apprécié par notre confrère Jean-Jacques, Barbet Schroeder dresse en effet un portrait hors des sentiers battus du bouddhisme, une religion en théorie paisible et tolérante, dont l’essence ne résiste pas aux interprétations pratiques cruellement violentes qu’en font des esprits mal intentionnés. Face à ce désenchantement magistral, vous auriez sans doute envie de rire, ce qui risque probablement d’arriver grâce au road-movie égyptien Ali la chèvre et Ibrahim de Sherif El Bendary. Enfin, une fois n’est pas coutume, le blockbuster hollywoodien de ce mercredi semble tenir toutes ses promesses, c’est-à-dire donner pour une fois un vrai rôle de super-héros à une femme, en l’occurrence Wonder woman, réalisé par Patty Jenkins, connue jusqu’à présent pour l’infiniment plus intimiste quoique aussi férocement féministe Monster pour lequel Charlize Theron avait gagné l’Oscar en 2004.

La seconde fournée de notre sélection hebdomadaire n’est pas non plus honteuse, avec un documentaire portugais exigeant – Rio Corgo de Maya Kosa et Sergio Da Costa –, une comédie française qui l’est beaucoup moins – Comment j’ai rencontré mon père de Maxime Motte –, ainsi qu’un huis-clos en plein désert par lequel Doug Liman confirme la bonne impression qu’il nous avait laissée il y a trois ans, presque jour pour jour, avec Edge of Tomorrow. Quant au petit maître coréen Hong Sang-soo, il ne plaît visiblement pas à tout le monde, même si son plus grand détracteur sur la planète, notre cher Jean-Jacques encore et toujours, trouve un peu moins à redire à son nouveau film, Le Jour d’après, tout juste présenté en compétition au Festival de Cannes. Les deux films d’époque de la semaine nous paraissent enfin plutôt dispensables, aussi parce que le style de leurs réalisateurs respectifs, Pernilla August et Cédric Jimenez, ne nous paraît guère assez distinct, comparé aux sorties en compétition directe avec eux.

Du style, la vedette incontestée du programme de reprises de ce début du mois de juin en avait sans l’ombre d’un doute. En même temps, Jean Rouch est avant tout connu pour son travail pendant une période aussi brève qu’intense sur le documentaire en France, à tel point que six de ses films ressortent à peine quelques jours après son centième anniversaire sous le titre « Le Cinéma vérité ». Sinon, l’éclectisme est une fois de plus de mise, puisque les deux autres ressorties de la semaine ne pourraient pas être plus différentes l’une de l’autre, les frasques italiennes de Toto et de Sophia Loren croisant le film de genre sous influence expérimentale des années 1960 avec un Lee Marvin imposant en vedette. Enfin, le cycle des reprises cannoises à Paris touchera bientôt à sa fin, avec celle de la Semaine de la critique jusqu’à lundi à la Cinémathèque Française, où vous pourrez également voir plein d’autres films du réalisateur du Point de non retour John Boorman.


A Serious Game de Pernilla August (Suède, Drame, 1h56, distribué sur 57 copies) avec Sverrir Gudnason, Karin Franz Korlof et Liv Mjones

Ali la chèvre et Ibrahim de Sherif El Bendary (Égypte, Comédie, 1h38, distribué sur 30 copies) avec Ahmed Magdy, Aly Sobhy et Salwa Mohamed Ali

Comment j’ai rencontré mon père de Maxime Motte (France, Comédie dramatique, 1h25, distribué sur 117 copies) avec François-Xavier Demaison, Isabelle Carré et Albert Delpy

Dora ou les névroses sexuelles de nos parents de Stina Werenfels (Suisse, Drame, 1h30, distribué sur 5 copies) avec Victoria Schulz, Jenny Schily et Lars Eidinger

Le Jour d’après de Hong Sang-soo (Corée du Sud, Drame, 1h32, distribué sur 50 copies) avec Kwon Hae-hyo, Kim Min-hee et Kim Saebyuk (critique)

HHhH de Cédric Jimenez (France, Drame historique, 2h00, distribué sur 300 copies) avec Jason Clarke, Rosamund Pike et Jack O’Connell

Les Lauriers roses rouges de Rubaiyat Hossain (Inde, Drame, 1h30, distribué sur 2 copies) avec Sahana Goswami, Rikita Shimu et Mita Rahman

Rio Corgo de Maya Kosa et Sergio Da Costa (Portugal, Documentaire, 1h35, distribué sur 7 copies)

Tourments d’amour de Caroline Jules (France, Drame, 0h53) avec Daniely Francisque, Stana Roumillac et Christophe Rangoly

Un jour nouveau de Seyyed Reza Mir-Karimi (Iran, Drame, 1h28, distribué sur 8 copies) avec Soheila Golestani, Roozbeh Hesari et Ashkan Jenabi

Le Vénérable W. de Barbet Schroeder (France, Documentaire, 1h40, distribué sur 65 copies) (critique)

The Wall de Doug Liman (Etats-Unis, Guerre, 1h30, distribué sur 152 copies) avec Aaron Taylor-Johnson, John Cena et Laith Nakli

Wonder woman de Patty Jenkins (Etats-Unis, Fantastique, 2h21, distribué sur 654 copies) avec Gal Gadot, Chris Pine et Robin Wright

Reprises

Misère et noblesse (1954) de Mario Mattoli (Italie, Comédie, 1h35) avec Toto, Sophia Loren et Enzo Turco

Le Point de non retour (1967) de John Boorman (Etats-Unis, Policier, 1h32, distribué sur 5 copies) avec Lee Marvin, Angie Dickinson et Keenan Wynn

Rétrospective Jean Rouch Le Cinéma vérité en six films (1955-1971) de Jean Rouch (France, Docu-fiction, 7h39)

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