Les sorties du 5 août 2020

0
514

© 2010 Beijing Bona Film & Television Culture Co. / Tempo Films Investment Co. / WXS Productions /
Films sans frontières Tous droits réservés

A première vue en mode mineur, cette semaine de sorties cinéma a pourtant tout d’une grande. C’est la saison qui veut qu’il n’y ait que dix nouveaux films à l’affiche aujourd’hui, ainsi que le contexte épidémique toujours aussi incertain. Mais sinon, on se croirait presque revenu à une forme de normalité pré-coronavirus avec ces propositions de cinéma richement variées. En effet, il y en a pour tous les goûts dans cet échantillon réduit, qui nous laisse espérer que – malgré et contre tout – le loisir si plaisant d’aller se faire une toile n’aura pas encore dit son dernier mot.

Exceptionnellement, on vous conseille plus chaudement quatre films cette semaine, cette abondance de choix s’expliquant par trois films qui nous intriguent particulièrement, puis le coup de cœur de notre confrère Jean-Jacques, la comédie italienne mi-sportive, mi-ludique de Leonardo D’Agostini.

Les documentaires se sont plutôt faits rares ces derniers temps, depuis la réouverture des salles de cinéma en France fin juin. On est alors d’autant plus ravis de pouvoir enfin découvrir sur grand écran de Bill Morrison ou comment un trésor inestimable de films muets s’est retrouvé enterré au fin fond de la civilisation canadienne. Sélectionné en compétition au Festival de Cannes en 2010, Chongqing Blues de Wang Xiaoshuai a mis encore plus longtemps avant de trouver un distributeur français assez téméraire pour le sortir en salles. L’occasion idéale se présente donc enfin pour découvrir le film du réalisateur chinois pris en sandwich entre Une famille chinoise et 11 fleurs. Enfin, rien que pour sa réplique sur le terrain de découvertes en tous genres qui s’offre à nous en ce mois estival, l’espagnol de Jonas Trueba a éveillé notre intérêt.

© 2020 Daniel C. McFadden / Riverstone Pictures / STX Films / Metropolitan Filmexport
Tous droits réservés

Ce serait aller trop vite en besogne que de considérer que les autres films de la semaine relèvent forcément du second choix. Car après tout, cela fait plus d’un mois qu’on attend avec impatience le premier blockbuster américain de l’été. Malgré le timing involontairement douteux de sa date de sortie – l’actualité de l’explosion apocalyptique à Beirut rendant ce genre de spectacle de fin du monde au moins un peu de mauvais goût – , Greenland Le Dernier refuge de Ric Roman Waugh peut être assuré de notre adhésion inconditionnelle en tant que fan de films catastrophes, aussi exagérée leur action soit-elle. Pour nous donner bonne conscience, on se rattrapera avec le film d’animation belge de Ben Stassen et Jérémie Degruson et son message écolo bien dans l’air du temps.

On s’en voudrait terriblement si l’on ne faisait pas au moins mention ici des trois autres films qui rendent cette semaine a priori si séduisante. L’autre documentaire remarquable, de Rubika Shah, montre que la contestation peut avoir une raison d’être moins bornée que le refus de porter un masque. Trois ans après le coup double de Harmonium et Sayonara, le réalisateur japonais Kôji Fukada nous revient avec le déroutant L’Infirmière, avant que son film précédent L’Homme qui venait de la mer ne soit distribué au mois de décembre prochain. Enfin, le jeune espoir du cinéma français Kacey Mottet Klein continue avec adresse son bonhomme de chemin vers une filmographie exemplaire dans sa diversité, cette semaine grâce au drame familial de Christophe Blanc.

© 1961 Cinematografica RIRE / Tempo Film / Francinex / Les Films du Camélia Tous droits réservés

Trois films sont de retour en salles en ce début du mois d’août et pas des moindres. Le nombre de copies sur lequel de Mathieu Kassovitz semble être distribué est en effet digne d’une large sortie récente. Espérons que ce coup de pub un brin opportuniste de la part de Studiocanal portera néanmoins ses fruits et fera découvrir aux jeunes générations ce brûlot filmique qui avait tant marqué la nôtre.

, l’avant-dernier film de l’immense Yasujiro Ozu, ne bénéficie hélas pas du même type d’exposition exponentielle. Cela ne devrait toutefois nullement vous dissuader de regarder cette magnifique œuvre de maturité, en attendant de pouvoir la placer dans deux semaines aux côtés des cinq autres films d’Ozu en couleurs.

Enfin, la plus obscure des ressorties est certainement Quelle joie de vivre. Or, cette comédie révolutionnaire mérite sans doute mieux que le trou de mémoire qui a engouffre nos souvenirs à son sujet depuis notre premier visionnage, lors de son retour précédent sur les écrans en février 2012. Tout comme le pauvre René Clément mériterait que le champ de redécouverte de son travail s’élargisse au delà de ce film-ci et de Plein soleil, quasiment les seuls à bénéficier de restaurations et de ressorties multiples. Peu importe, Alain Delon au sommet de sa gloire en anarchiste maladroit, cela ne se refuse pas !


Bigfoot Family de Ben Stassen et Jérémie Degruson (Belgique, Animation, 1h28, distribué sur 442 copies)

de Pascal Bourdiaux (France, Comédie, 1h24, distribué sur 545 copies) avec Guillaume De Tonquédec, Anne Marivin et Ramzy Bedia

Chongqing Blues de Wang Xiaoshuai (Chine, Drame, 1h55) avec Wang Xueqi, Fan Bingbing et Qin Hao

Dawson City Le Temps suspendu de Bill Morrison (États-Unis, Documentaire, 2h00, distribué sur 20 copies)

Le Défi du champion de Leonardo D’Agostini (Italie, Comédie dramatique, 1h45, distribué sur 195 copies) avec Stefano Accorsi, Andrea Carpenzano et Massimo Popolizio (critique)

Eva en août de Jonas Trueba (Espagne, Drame, 2h09, distribué sur 50 copies) avec Itsaso Arana, Vito Sanz et Isabelle Stoffel

Greenland Le Dernier refuge de Ric Roman Waugh (États-Unis, Catastrophe, 1h59, distribué sur 491 copies) avec Gerard Butler, Morena Baccarin et Scott Glenn

L’Infirmière de Kôji Fukada (Japon, Drame, 1h44, distribué sur 119 copies) avec Mariko Tsutsui, Mikako Ichikawa et Sosuke Ikematsu

Just Kids de Christophe Blanc (France, Drame, 1h43, distribué sur 41 copies) avec Kacey Mottet Klein, Andrea Magguilli et Anamaria Vartolomei

White Riot de Rubika Shah (Royaume-Uni, Documentaire, 1h20)

Reprises

Dernier caprice (1961) de Yasujiro Ozu (Japon, Comédie dramatique, 1h43, distribué sur 10 copies) avec Ganjiro Nakamura, Setsuko Hara et Yoko Tsukasa

La Haine (1995) de Mathieu Kassovitz (France, Drame, 1h35, distribué sur 228 copies) avec Vincent Cassel, Hubert Koundé et Saïd Taghmaoui

Quelle joie de vivre (1961) de René Clément (Italie, Comédie, 1h58, distribué sur 4 copies) avec Alain Delon, Barbara Lass et Ugo Tognazzi

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici