Sorties de la semaine — 01 mars 2017
Les sorties du 1er mars 2017

Les faits remontent désormais à près de trois jours et la Terre a continué de tourner depuis. Mais même si notre cher rédacteur en chef a déjà fourni un compte rendu tout à fait adéquat de la cérémonie des Oscars, nous ne pouvons nous empêcher d’y revenir encore une fois. Car le fiasco de l’annonce du dernier prix de la soirée exerce sur nous un irrésistible pouvoir de fascination : la satisfaction de voir enfin un film à thématique gaie et de surcroît financé en dehors du système des studios couronné par l’instance suprême du cinéma américain, doublée d’un cafouillage d’ores et déjà mythique auquel étaient associés deux légendes sur scène et d’innombrables d’autres dans la salle, le tout passé par la moulinette sans merci des réseaux sociaux et de la dissection médiatique. Depuis la débâcle du sacre refusé au Secret de Brokeback Mountain il y a onze ans, ce fut la première fois que nous regrettions de ne pas avoir fait nuit blanche pour vivre en direct ce spectacle sinon ennuyeusement prévisible et policé. Voir au petit matin, heure de Paris, Faye Dunaway et Warren Beatty, ainsi que les producteurs de La la land, participer activement et surtout involontairement au mythe des Oscars, cela aurait certainement été un choc encore plus salutaire que de découvrir, incrédule, que Moonlight a gagné l’Oscar du Meilleur Film en bas d’une liste sur le site de l’Académie. Ce qui ne veut pas forcément dire que nous ferons un effort supplémentaire l’année prochaine pour veiller pendant toute la nuit des Oscars, qui sera quoiqu’il en soit moins rocambolesque et mémorable que celle de dimanche dernier !

Du côté des sorties de la semaine, beaucoup de variété et de qualité encore en ce début du mois de mars, pour lesquelles nous remercions chaleureusement les aventureux distributeurs français ! D’une très courte tête, notre coup de cœur de la semaine est le drame historique danois de Martin Zandvliet, reparti bredouille dans la catégorie du Meilleur Film étranger, dont il cumule pourtant les éléments clefs, à savoir un cadre historique en rapport étroit avec la Seconde Guerre mondiale et des enfants malmenés. Mais bon nombre d’autres films valent le détour cette semaine, tels que la comédie palestinienne de Maha Haj, encensée par notre confrère Jean-Jacques, le drame français de Fabien Marsaud et Mehdi Idir et de Mike Mills, où Annette Bening – la grande absente de la réunion de famille mouvementée dimanche soir du clan Beatty/MacLaine – livre l’une de ses interprétations les plus accomplies.

En fait, il n’y a vraiment pas grand-chose à jeter dans le programme hebdomadaire, qui brille également par deux documentaires français sur des sujets diamétralement opposés, les circonstances de travail dans un abattoir et la lutte d’un détenu américain, qui parlent pourtant, chacun à sa façon, de la bestialité de l’homme et des instances de consommation et de législation qu’il s’est lui-même créées. Les resucées de formules à peine larvées ne sont pas non plus honteuses, puisque Danny Boyle a tout de même attendu plus de vingt ans avant de replonger dans l’univers défoncé de Trainspotting et que James Mangold est un artisan plutôt honnête qui a su préserver un certain niveau au reflet filmique des X-men. Enfin signalons le film libanais poignant de Vatche Boulghourjian, les deux films allemands peut-être un peu trop fidèles à leurs genres respectifs, la biographie de peintre et le polar des années 1960 à la Edgar Wallace, ainsi que le retour au format court des indiens et des cowboys de Panique au village.


20th Century Women de Mike Mills (Etats-Unis, Drame, 1h58, distribué sur 52 copies) avec Annette Bening, Elle Fanning et Greta Gerwig (critique)

A ceux qui nous ont offensés de Adam Smith (Royaume-Uni, Policier, 1h39, distribué sur 59 copies) avec Michael Fassbender, Brendan Gleeson et Lyndsey Marshal

de James Mangold (Etats-Unis, Fantastique, 2h15) avec Hugh Jackman, Boyd Holbrook et Doris Morgado

de Daniel Colas (France, Drame, 1h45, distribué sur 50 copies) avec Anouk Grinberg, Michel Galabru et Daniel Russo

Les Oubliés de Martin Zandvliet (Danemark, Drame historique, 1h41, distribué sur 68 copies) avec Roland Moller, Louis Hoffmann et Joel Basman

de Stéphane Aubier et Vincent Patar (Belgique, Animation, 0h45, distribué sur 64 copies)

Patients de Fabien Marsaud et Mehdi Idir (France, Comédie dramatique, 1h51, distribué sur 275 copies) avec Pablo Pauly, Soufiane Guerrab et Moussa Mansaly (critique)

de Christian Schwochow (Allemagne, Drame historique, 2h03, distribué sur 72 copies) avec Carla Juri, Albrecht Abraham Schuch et Roxan Duran

Personal affairs de Maha Haj (Palestine, Comédie, 1h28, distribué sur 13 copies) avec Amer Hlehel, Maissa Abed El Hadi et Mahmoud Shawahdeh (critique)

de Raphaël Girardot et Vincent Gaullier (France, Documentaire, 1h37)

Sous peine d’innocence de Pierre Barnerias (France, Documentaire, 1h34)

de Danny Boyle (Royaume-Uni, Comédie dramatique, 1h48) avec Ewan McGregor, Ewen Bremner et Jonny Lee Miller

Tramontane de Vatche Boulghourjian (Liban, Drame, 1h45) avec Barakat Jabbour, Julia Kassar et Toufic Barakat (critique)

Reprises

(1960) de Fritz Lang (Allemagne, Policier, 1h43, distribué sur 3 copies) avec Dawn Addams, Peter Van Eyck et Gert Fröbe

(1994) de Stephan Elliott (Australie, Comédie dramatique, 1h43, distribué sur 9 copies) avec Terence Stamp, Hugo Weaving et Guy Pearce

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles