Les centenaires de l’an 2016

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DouglasDeHavilland

Alors que l’année 2015 touche à sa fin, il convient de regarder vers l’avenir. Dans une tentative de réunir à la fois le passé et le futur, voici une liste forcément subjective de huit personnalités du cinéma qui auraient eu cent ans en 2016. Encore que … Avec un peu de chance, nous aurions l’occasion extrêmement rare de célébrer l’année prochaine le centenaire de deux monstres sacrés du cinéma hollywoodien qui sont à présent toujours avec nous : et , nés respectivement aux mois de juillet et de décembre. Souhaitons leur une bonne santé jusqu’à leur anniversaire et au-delà et espérons que nous retrouverons l’un ou l’autre de ces acteurs et réalisateurs lors des rétrospectives commémoratives des différents temples parisiens du cinéma de répertoire.


OliviaDeHavilland

Olivia De Havilland (*1916)

 

Cette actrice américaine a été l’une des vedettes les plus respectées du cinéma hollywoodien des années 1940. Après avoir fait équipe à plusieurs reprises avec l’acteur Errol Flynn, notamment dans Les Aventures de Robin des Bois de Michael Curtiz et William Keighley en 1938, elle tient son premier rôle majeur dans la super-production Autant en emporte le vent de Victor Fleming l’année suivante. Pendant les années ’40, elle s’impose à la fois à l’écran dans des films comme La Fosse aux serpents de Anatole Litvak et L’Héritière de William Wyler et dans la vie professionnelle en tant que l’une des premières à dénoncer avec succès les conditions contraignantes des contrats avec les grands studios, en l’occurrence avec la Warner. Quand elle élit domicile à Paris au milieu des années ’50, où elle réside jusqu’à ce jour, sa carrière ralentit considérablement. Elle apparaît dès lors dans des seconds rôles dans des films comme Chut chut chère Charlotte de Robert Aldrich et dirige le jury du festival de Cannes en ’65. Elle a gagné deux Oscars pour A chacun son destin de Mitchell Leisen en ’47 et L’Héritière en ’50. Olivia De Havilland est la sœur aînée de l’actrice oscarisée Joan Fontaine (Rebecca), décédée en décembre 2013.

https://youtu.be/tqnatpVy2qc


KirkDouglas

Kirk Douglas (*1916)

 

Après avoir tenu dès le milieu des années ’40 des seconds rôles dans des films mémorables comme La Griffe du passé de Jacques Tourneur et Chaînes conjugales de Joseph L. Mankiewicz, Kirk Douglas devient une star grâce au drame sportif Le Champion de Mark Robson en ’49. Il enrichit sa filmographie tout au long des années ’50 à travers des classiques comme Le Gouffre aux chimères de Billy Wilder, Les Ensorcelés et La Vie passionnée de Vincent Van Gogh de Vincente Minnelli, 20 000 lieues sous les mers et Les Vikings de , ainsi que Règlement de comptes à l’O.K. Corral de John Sturges. Avec le chef-d’œuvre Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick, qu’il produit également, il prend davantage en mains sa carrière à partir de ‘57. Sa participation à l’abolition de la liste noire anticommuniste à travers Spartacus de Kubrick n’est guère contestée. Parmi ses interprétations suivantes, les films majeurs se font pourtant rares : Quinze jours ailleurs de Vincente Minnelli, Sept jours en mai de John Frankenheimer, Furie de Brian De Palma. Douglas œuvre inlassablement au maintien de sa légende, ayant écrit plusieurs autobiographies sans fausse pudeur. En dépit de trois nominations à l’Oscar du Meilleur acteur, il n’a reçu qu’un Oscar d’honneur en 1996. Il est également lauréat du Life Achievement Award de l’American Film Institute cinq ans plus tôt. Kirk Douglas est le père de l’acteur oscarisé Michael Douglas (Wall Street).


PeterFinch

(1916-1977)

 

Né en Angleterre, Peter Finch avait grandi et fait ses premiers pas sur scène en Australie. Laurence Olivier l’y avait découvert et persuadé de rentrer dans son pays natal. A partir des années 1950, il avait joué dans des productions soit britanniques, soit américaines, comme Robin des Bois et ses joyeux compagnons de Ken Annakin, La Piste des éléphants de William Dieterle, Détective du bon dieu de Robert Hamer, La Bataille du Rio de la Plata de Michael Powell et Emeric Pressburger, Au risque de se perdre de Fred Zinnemann, Le Vol du Phénix et Le Démon des femmes de Robert Aldrich, ainsi que Loin de la foule déchaînée de John Schlesinger. Finch avait tenu ses deux rôles les plus importants dans les années ’70 : celui d’un médecin homosexuel dans Un dimanche comme les autres de John Schlesinger et celui du présentateur de télé qui perd la boule dans Network Main basse sur la TV de Sidney Lumet. Il avait été nommé à l’Oscar du Meilleur acteur pour ces deux films. Peter Finch est mort soudainement d’une crise cardiaque le 14 janvier 1977, avant sa deuxième nomination à l’Oscar et avant de le remporter, devenant ainsi le premier acteur oscarisé de façon posthume.


BernardBlier

(1916-1989)

 

Bernard Blier était sans conteste l’un des acteurs de seconds rôles les plus fiables et mémorables du cinéma français pendant une majeure partie du siècle dernier. Au fil d’une carrière longue de cinquante ans, il a participé à près de 180 films. Parmi ses premiers films dès le milieu des années 1930, citons seulement Hôtel du Nord et Le Jour se lève de Marcel Carné, Quai des orfèvres de Henri-Georges Clouzot, Manèges et Germinal de Yves Allégret, Je l’ai été trois fois de Sacha Guitry, Les Misérables de Jean-Paul Le Chanois, Marie-Octobre de Julien Duvivier, La Grande guerre et Les Camarades de Mario Monicelli, Le Président et de Henri Verneuil, ainsi que Le Cave se rebiffe de Gilles Grangier. D’ores et déjà un fidèle de l’univers de Georges Lautner, Blier avait tenu l’un de ses rôles les plus mémorables dans Les Tontons flingueurs en 1963. Il allait refaire équipe avec le réalisateur dans Les Barbouzes l’année suivante. Par la suite, il était à l’affiche, parmi tant d’autres, de L’Etranger de Luchino Visconti, Laisse aller … c’est une valse de Lautner, Le Grand blond avec une chaussure noire de Yves Robert, Calmos et Buffet froid de Bertrand Blier, Mes chers amis de Mario Monicelli, Série noire de Alain Corneau et Les Possédés de Andrzej Wajda. Bernard Blier est décédé le 29 mars 1989 d’un cancer, près de quatre semaines après avoir reçu un César d’honneur. Il avait été nommé au César du Meilleur acteur dans un second rôle pour Série noire en ’80. Bernard Blier est le père du réalisateur Bertrand Blier (cinq César dont celui du Meilleur Film pour Trop belle pour toi).


JackArnold

(1916-1992)

 

Notre découverte de ce maître américain du film de genre des années 1950 coïncide avec notre naissance d’une passion durable pour le cinéma. A la fin des années ’80, ses films passaient régulièrement sur une chaîne locale allemande le jeudi soir, chaque fois introduits par un petit entretien d’Arnold, qui revenait sur la production du film dans ce que l’on appellerait de nos jours une featurette. De cette forme d’introduction suivie à l’œuvre de Jack Arnold résulte chez nous une admiration profonde de sa filmographie, avec en tête son chef-d’œuvre L’Homme qui rétrécit, et puis ses autres classiques du cinéma fantastique, comme Le Météore de la nuit, L’Etrange créature du lac noir, Tarantula et Le Monstre des abîmes. Venu du documentaire, où il avait réalisé par exemple With these hands, nommé à l’Oscar du Meilleur documentaire en 1951, et échoué à la télévision dès les années ’60, Jack Arnold avait néanmoins su laisser son empreinte dans une dizaine de productions de série B pour Universal. En dehors des films déjà cités, il avait ainsi réalisé Le Crime de la semaine avec Edward G. Robinson, Tornade sur la ville avec Lex Barker, Le Salaire du diable avec Jeff Chandler et Orson Welles, Une balle signée X avec Audie Murphy et La Souris qui rugissait avec Peter Sellers. Jack Arnold est décédé le 17 mars 1992 d’une artériosclérose.

https://youtu.be/FOO3imFX-AE


GregoryPeck

(1916-2003)

 

Cet acteur américain était pendant près de soixante ans une véritable institution du cinéma hollywoodien. Aussi droit dans ses bottes que son aîné James Stewart, Gregory Peck faisait également jouer son charme et sa virilité sophistiquée pour interpréter une multitude impressionnante de héros et de méchants. D’abord sous contrat au milieu des années 1940 chez David O. Selznick, pour lequel il jouait entre autres dans La Maison du docteur Edwardes et Le Procès Paradine de Alfred Hitchcock et Duel au soleil de King Vidor, Peck s’était tôt fait un nom de héros sans faille grâce à Les Clés du royaume de John M. Stahl, Le Mur invisible de Elia Kazan – Oscar du Meilleur Film ’47 –, Un homme de fer et La Cible humaine de Henry King et Capitaine sans peur de Raoul Walsh. Pendant les années ’50 et ’60, Peck était l’un des acteurs les plus appréciés du public mondial, à travers Les Neiges du Kilimandjaro de Henry King, Vacances romaines et Les Grandes espaces de William Wyler, Moby Dick de John Huston, La Femme modèle de Vincente Minnelli, Le Dernier rivage de Stanley Kramer, Les Canons de Navarone et Les Nerfs à vif de J. Lee Thompson, Du silence et des ombres de Robert Mulligan et Arabesque de Stanley Donen. Tandis que la plupart de ses contemporains ne déplaçaient plus les foules dans les années ’70, Gregory Peck y avait au moins un succès public grâce à La Malédiction de Richard Donner. A la même époque et ultérieurement, il était de même à l’affiche de Ces garçons qui venaient du Brésil de Franklin J. Schaffner, Le Commando de sa majesté de Andrew V. McLaglen, Larry le liquidateur de Norman Jewison et Les Nerfs à vif de Martin Scorsese. Nommé à cinq reprises à l’Oscar du Meilleur acteur, Gregory Peck l’avait gagné en 1963 pour Du silence et des ombres. Il a reçu le Jean Hersholt Humanitarian Award en ’68 et était le président de l’Académie du cinéma américain pendant trois ans à cette époque-là. Il était le lauréat du Life Achievement Award de l’American Film Institute en 1989. Gregory Peck est décédé le 12 juin 2003 des suites d’une pneumonie.


RichardFleischer

Richard Fleischer (1916-2006)

 

La carrière de Richard Fleischer aurait pu se dérouler comme celle de Jack Arnold. Au détail près que Fleischer était assez flexible et docile pour poursuivre et élargir sa filmographie jusqu’aux années ’80. Parmi la cinquantaine de films qu’il a réalisés, il y a certes autant d’échecs que de réussites. Mais rien que ces dernières le placent parmi les meilleurs des artisans de Hollywood. Après des débuts dans le domaine du documentaire pendant la deuxième moitié des années ’40, Richard Fleischer commence par tourner des thrillers bon marché et efficaces comme L’Assassin sans visage et L’Enigme du Chicago Express. Le studio Disney lui donne sa première grande chance à travers 20 000 lieues sous les mers en ’54, un essai qu’il transforme par la suite tant bien que mal à travers Les Vikings avec Kirk Douglas, Le Génie du mal avec Orson Welles, Barabbas avec Anthony Quinn, Le Voyage fantastique avec Stephen Boyd, L’Extravagant Docteur Dolittle avec Rex Harrison, L’Etrangleur de Boston avec Tony Curtis, L’Etrangleur de Rillington Place avec Richard Attenborough, Les Flics ne dorment pas la nuit avec George C. Scott, le magistral avec Charlton Heston et Conan le destructeur avec Arnold Schwarzenegger. Il a gagné l’Oscar du Meilleur documentaire en 1948 pour Design for death. Richard Fleischer est décédé le 25 mars 2006. Il est le fils du dessinateur Max Fleischer (Les Voyages de Gulliver).


GlennFord

(1916-2006)

 

Cet acteur canadien était l’un des champions du box-office américain pendant les années 1950. Ses meilleurs films datent pourtant d’avant cette période de succès commercial. Sous contrat chez Columbia dès les années ’40, Glenn Ford a tenu son premier rôle légendaire en 1946 dans Gilda de Charles Vidor aux côtés de Rita Hayworth. La Voleuse de Curtis Bernhardt mise à part, il allait devoir attendre près de dix ans avant d’inscrire son nom au générique de films notables comme Le Déserteur de Fort Alamo de Budd Boetticher, Règlement de comptes et Désirs humains de Fritz Lang, Le Souffle de la violence de Rudolph Maté, Graine de violence de Richard Brooks, La Petite maison de thé de Daniel Mann, 3h10 pour Yuma de Delmer Daves, La Ruée vers l’Ouest de Anthony Mann, Milliardaire d’un jour de Frank Capra, Les Quatre cavaliers de l’Apocalypse et Il faut marier papa de Vincente Minnelli, Allô … brigade spéciale de Blake Edwards, ainsi que sensiblement plus tard Superman de Richard Donner. Glenn Ford est décédé le 30 août 2006.

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