La Mer à boire

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La Mer à boire photo du film avec aniel Auteuil

Globale : [rating:2][five-star-rating]

Les cinéastes puisent beaucoup aujourd’hui leur inspiration dans « la crise ». Après Le Havre, Toutes nos envies, Louise Wimmer, soit la crise vécue par les plus fragiles, voici donc soit la crise vécue par un patron qui était jusqu’alors préservé.

Synopsis : Veuf depuis huit ans, Georges Pierret, la cinquantaine, dirige son chantier naval comme un fil qui le relie à la vie. Yannick, son directeur de fabrication, Hassan, son chef d’atelier, Richard, le commercial, Hyacinthe, Luis ou Jessica, ses employés, tous, autour de lui, contribuent à la réussite de l’entreprise. 
Tout s’écroule lorsque Georges apprend par son banquier que sa ligne de crédit va être supprimée. La décision vient de Paris. Le destin de Georges bascule. La trésorerie de la société ne lui offre que deux mois de survie. Georges va se battre pour trouver un arrangement, chercher des actionnaires, négocier avec le médiateur de crédit… En vain. 
Georges est alors condamné à licencier une partie de son personnel qui se met immédiatement en grève et occupe l’usine. Un hypothétique homme d’affaires russe semble être la solution. Il en restera une rencontre à Moscou avec une jeune interprète qui lui offrira le courage d’impulser un nouveau départ… A moins que le sort ne continue de s’acharner sur lui.

La Mer à boire photo du film avec aniel Auteuil

La mise à nu d’un système gangrené

Georges Pierret, à la tête d’un chantier naval reconnu, doit, devant la raréfaction de ses clients, faire face à sa banque. Brandissant des résultats d’audit elle le conduit à restructurer son entreprise et à licencier du personnel. S’ensuit un conflit avec les ouvriers qui occupent l’usine, un déblocage par la justice et par la force, un investisseur inespéré qui se révèle un escroc russe et enfin le rachat par son rival avec la complicité de la banque.

A travers cette histoire, nous montre de manière presque pédagogique l’engrenage d’un système économique qui broie littéralement les hommes.

Lorsque « l’actionnaire » risque de ne plus percevoir ce qu’il attend, toute une mécanique se met en branle pour tirer les derniers profits au maximum sans bien évidemment s’attarder sur les dégâts humains et sociaux qui s’ensuivent.

Le film n’est pas pour autant militant en tant que tel. Les ouvriers ne sont pas tous sympathiques, l’actionnaire principal (en fait l’ex beau-frère de Pierret) fait fortune en se lançant sans cesse dans de nouvelles activités et en a marre de renflouer la boite sans avoir son mot à dire, Pierret se résout assez vite à licencier …. Ce n’est donc pas tout à fait « les bons contre les gentils » mais une histoire d’hommes. Hommes qui font la crise, hommes qui sont victimes de la crise.

De fait l’argumentaire a une certaine vérité.

La Mer à boire photo du film avec aniel Auteuil

Mais une réalisation hésitante

Toute la première partie du film est essentiellement centrée sur Pierret dont l’entreprise est manifestement la vie, probablement plus encore depuis la mort de sa femme.

La survenue d’une histoire d’amour avec une jeune interprète russe rencontrée à Moscou paraît quelque peu artificielle. La scène à l’aéroport est tout à fait romantique mais n’a guère sa place ici, d’autant qu’Elena va sortir de sa vie en même temps que la perte de son entreprise.

Vont entrer et sortir également Luis et Jessica, ouvriers au chantier, amoureux, que l’on accompagne un moment, lui en proie à une violence interne qui déborde, elle qui a trouvé dans la menuiserie sa vocation délaissant son métier de pharmacienne. Là encore, Maillot nous donne à voir des tranches de vie, puis passe autre chose.

On retrouve certes Jessica vers la fin du film. Elle semble vouer un ressentiment profond à Pierret. Certes parce qu’elle a perdu un job qui lui plaisait mais c’est presque indécent d’avoir choisi de la montrer elle, toute de haine contenue, dans la mesure où elle se sort plutôt bien de cette crise puisqu’elle est finalement pharmacienne. Jacques Maillot nous donne bien à voir un ouvrier mais c’est lors d’une querelle dans un café…Un peu facile …

Résumé

Tout cela ne convainc guère et le film manque de puissance. Saluons cependant la composition de , sobre et juste dans un beau rôle qui le conduit de repère perdu en désillusion sur les pentes de toutes les ruptures, économique, sociale, mental.

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