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Critiques de films Drame — 05 janvier 2012
Critique : Louise Wimmer

louise wimmer affiche

France : 2010
Titre original : Louise Wimmer
Réalisateur :
Scénario : Cyril Mennegun
Acteurs : , ,
Distribution : Haut et Court
Durée : 1h20
Genre : Drame
Date de sortie : 4 janvier 2012

4/5

Dans la droite ligne de , Cyril Mennegun livre un portrait de femme en proie à la crise sociale mais sans jamais la faire sombrer, à l’inverse de la Mona du chef-d’œuvre d’Agnès Varda. Porté par une exceptionnelle comédienne, Corinne Masiero, dont on va reparler, Louise Wimmer constitue la première excellente surprise de l’année. Espoir et dignité s’y côtoient dans une alchimie parfaite.

Synopsis : Louise Wimmer vit dans sa voiture depuis qu’elle a quitté le père de sa fille. Surendettée, elle s’accroche à un petit boulot à temps partiel de femme de chambre dans un hôtel. Son combat quotidien : faire démarrer sa voiture et trouver un appartement par le biais des services sociaux.

Louise Wimmer avec Corinne Masiero, Jérôme Kircher

Femme au bord de la crise…

De nombreux plans montrent Louise, à laquelle Corinne Masiero apporte une bouleversante humanité et une incontestable féminité, coincée entre deux éléments. Entre deux camions quand elle est dans sa voiture ce qui l’oblige à sortir par le coffre. Entre deux murs quand elle déambule dans la ville. Entre deux mondes sociaux aussi, celui de la marginalité et celui de la normalité. Incarnation vivante de la fracture chère à Chirac, elle vit pour survivre, rendue à refaire des lits, elle qui n’en a même pas un décent où dormir.

Cette lisière où se trouve le personnage habite tout le propos et c’est ce qui constitue la grande qualité de ce film, le cinéaste n’ayant jamais cherché à le faire sombrer, à le rendre pitoyable, à faire naître de l’empathie. Car après tout, peut-on se dire, elle a un job, du fric, elle a quitté son mec et donc provoqué sa situation. Pas vraiment victime du marasme sans non plus en tirer profit, Louise est de ces millions de gens au bord de la crise. Crise du logement. Crise identitaire. Crise conjugale. Crise de nerfs… Elle ne s’y noie jamais, buvant simplement la tasse, mais se relevant sans cesse, grâce à quelques bonheurs furtifs (une étreinte, un dialogue avec une collègue, une soirée un peu arrosée) et surtout une pugnacité à toute épreuve. En ce sens, elle est une véritable héroïne, celle qui avance coûte que coûte.

Louise Wimmer avec Corinne Masiero, Jérôme Kircher photo

Une présence de chaque plan

Présente à chaque plan, la comédienne, déjà vue dans de Durringer, trouve ici un rôle à la mesure de son énorme potentiel. Mennegun la filme comme le ferait Almodovar ou l’aurait fait Cassavetes, deux grands cinéastes de la cause féminine. Sans fard, le visage émacié et les yeux cernés, souvent montrée en très gros plan dans le rétro intérieur de sa voiture, seul miroir à sa coquetterie (en plus de celui que nous renvoie son destin), Corinne Masiero livre une remarquable performance. Et se fait le passeur d’un message d’optimisme, chose à laquelle la Mona du splendide « Sans toit ni loi » d’Agnès Varda (à laquelle on ne peut s’empêcher de penser) ne pouvait déjà plus songer. Ce qui n’empêche pas le cinéaste de nous dresser un état des lieux d’une France loin d’être angélique. Et en confiant les rôles à des quasi inconnus, Mennegun fait preuve de surcroit de la plus belles des honnêtetés. Gageons qu’elle soit récompensée dans les salles.

Résumé

Porté par une éblouissante Corinne Masiero, ce portrait de femme, à mi chemin entre Varda et Cassevettes, crève l’écran par sa puissante sincérité et son propos où le misérabilisme ne s’immisce jamais. Un vrai coup de cœur.

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Auteur

Franck

Cet article a été rédigé par Franck Bortelle, Rédacteur de Critique Film.