La Cinémathèque Française à l’été 2020

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© 2020 La Tous droits réservés

L’une des premières institutions de cinéma à fermer en France au mois de mars, la Cinémathèque Française, située dans le 12ème arrondissement à Paris, a enfin rouvert ses portes ce jour. Contexte sanitaire tendu oblige, certaines restrictions s’appliquent à cette réouverture en plein été. Du bon côté, il est à signaler qu’après plus de quatre mois de fermeture forcée, la Cinémathèque se passera de sa pause traditionnelle au mois d’août. Toutefois, sa capacité d’accueil a été revue à la baisse, avec désormais deux jours de relâche par semaine, les lundis et mardis, ainsi que seulement deux séances journalières pendant les quatre premières semaines. Sinon, les règles désormais bien connues de la distanciation sociale y sont en vigueur, avec les billets à prendre de préférence en avance, le cheminement encadré à l’intérieur de l’American Center et le port du masque obligatoire, à l’exception de la durée de la projection.

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Elle aurait dû être le grand générateur de fréquentation au printemps dernier. Finalement, l’exposition joue des drôles de prolongations. A partir de son ouverture ce jour, elle sera en effet visible pendant près d’un an à la Cinémathèque, jusqu’au 31 mai 2021. Cela peut être interprété comme un pari du moindre risque de la part des responsables de la Cinémathèque Française, l’absence d’autres expositions majeures au fil des saisons à venir devant sans doute être compensée par la popularité toujours intacte du comique auprès du public français, voire mondial. Une fois que ce dernier pourra et voudra se rendre à nouveau à Paris …

Sous l’œil avisé de son commissaire Alain Kruger, l’exposition rend donc hommage au parfaitement unique Louis De Funès (1914-1983). Ce trésor national est mis à l’honneur à travers la chronologie atypique de sa carrière – il ne devient le survolté préféré de ses compatriotes qu’à cinquante ans – , l’histoire alternative de la France qui s’écrit au fur et à mesure de ses films, l’art unique de son tempo intemporel et de ses expressions acrobatiques, sans oublier les influences contemporaines de ses interprétations, venues de la bande dessinée et du clan de Donald Duck.

L’exposition, pour laquelle la réservation datée est pour l’instant obligatoire, sera accompagnée d’abord de la projection de trente-cinq de ses films, tous les après-midis du mercredi au dimanche à 16h00 en salle Henri Langlois. Sa collaboration privilégiée avec le réalisateur Gérard Oury fera l’objet d’une rétrospective à part au mois de septembre. Celle-ci sera accompagnée de quelques autres grands classiques avec De Funès.

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Avec son deuxième grand cycle d’été, la Cinémathèque poursuit l’une de ses missions essentielles : garder vivante la mémoire des classiques de tout âge et de tous les pays, tout en les faisant connaître aux jeunes générations. Tous les soirs à 19h30, toujours dans la plus grande salle, l’heure sera donc à la révision des chefs-d’œuvre d’antan. Le seul bémol dans cette immersion dans ce que le cinéma mondial a de mieux à offrir, c’est le choix, motivé par des raisons éditoriales ou techniques, de ne projeter que des copies argentiques en 35 mm. Une décision d’autant plus déconcertante que certains des films annoncés sur le site de la Cinémathèque avec des copies en état moyen, comme M le maudit de Fritz Lang et Les 400 coups de François Truffaut, disposent a priori de versions numériques restaurées ressorties récemment.

Qu’à cela ne tienne, la sélection des programmateurs de la Cinémathèque a de quoi rendre tout amateur lambda de cinéma irrévocablement cinéphile ! Il y aura en fait un peu de tout, pour tout le monde. Les perles du cinéma hollywoodien comme La Chevauchée fantastique de John Ford, L’Aventure de Madame Muir de Joseph L. Mankiewicz, La Soif du mal de Orson Welles et Psychose de Alfred Hitchcock. Un seul représentant du cinéma italien, mais de taille celui-là, puisqu’il s’agit de Amarcord de Federico Fellini. Les œuvres clés des maîtres asiatiques qu’étaient Kenji Mizoguchi (Les Contes de la lune vague après la pluie), Yasujiro Ozu (Printemps tardif) et Akira Kurosawa (Le Château de l’araignée). Et pour finir, beaucoup de trésors du cinéma français, signés Robert Bresson, Marcel Carné, Jean Grémillon, Jacques Becker, René Clément, Jacques Tati, Henri-Georges Clouzot, Sacha Guitry, Jacques Rivette, Jean-Luc Godard, Jean-Pierre Melville, Jacques Demy et Maurice Pialat.

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Enfin, à partir du mercredi 12 août, la Cinémathèque Française entame son grand travail de rattrapage des rétrospectives qui auraient dû illuminer ses écrans ces derniers mois. Alors que la plupart des cycles seront à l’affiche dès la rentrée du côté de la rue de Bercy, celui dédié au réalisateur français (1936-2004), initialement prévu en mars, monopolisera la salle Georges Franju jusqu’au dimanche 30 août. Cette rétrospective intégrale sera reprise en salles à partir de septembre, grâce au distributeur La Traverse.

Comme le dit le texte de présentation du cycle, il y a amplement de quoi agrandir le cercle des admirateurs de Jean-Daniel Pollet. Bien qu’il se soit montré étanche aux exigences de l’industrie cinématographique, ce réalisateur assez méconnu a quand même travaillé avec certains grands noms du cinéma français des années 1960 et ’70, comme Sami Frey (Une balle au cœur), Jean-Pierre Marielle (L’Amour c’est gai l’amour c’est triste) et Guy Marchand (L’Acrobate). C’est surtout un cinéaste qui a beaucoup voyagé entre les formes du court-métrage et du long, du documentaire et de la fiction. Même après un grave accident de train survenu à la fin des années ’80, depuis lequel il a progressivement cessé de tourner.

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