Critiques de films Drame — 02 octobre 2018
Intégrale Claude Berri #09 : Je vous aime (1980)


 
France : 1980
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Claude Berri,
Acteurs : , ,
Durée : 1h44
Genre : Drame
Date de sortie cinéma : 17 décembre 1980

Note : 4/5

Alors que Claude Berri s’était, durant les dix premières années de sa carrière au cinéma, plutôt spécialisé dans l’exercice de l’autobiographie ou de « l’autofiction » (un terme qui n’existait d’ailleurs pas encore à l’époque de ses premiers films !), le cinéaste opère un virage à 180 degrés avec Je vous aime en 1980, dont l’intrigue est fortement inspirée de la vie sentimentale de son actrice principale, Catherine Deneuve…

 

 

Synopsis : Alice est une femme de trente cinq ans, avec métier, amants et enfants. En amour, elle n’aime que les commencements, les bulles d’absolu. Ensuite, elle se lasse, elle souffre, elle fait souffrir et recommence… Au cours de la soirée de Noël, elle revoit les moments forts de ses rencontres et des mois passés avec ses anciens amants, invités pour l’occasion…

 

 

A titre exceptionnel, Je vous aime n’est donc pas un film sur et avec Claude Berri, mais bel et bien un film sur et avec Catherine Deneuve, d’ailleurs quasiment omniprésente à l’écran durant toute la durée du métrage. Alors bien sûr, on retrouvera encore beaucoup de la personnalité de Claude Berri au cœur du film, surtout dans le personnage interprété par Alain Souchon, qui s’appelle Claude et a un fils nommé Thomas… Fils d’ailleurs incarné à l’écran par Thomas Langmann, le fils de Claude Berri dans la vraie vie. Mais au centre du film, ce sont bel et bien la vie et les amours de Catherine Deneuve qui se (re)jouent, tout en se voyant légèrement modifiés, la plupart des personnages vivant de la musique et non du cinéma.

Mais ce portrait de femme est également l’occasion pour Claude Berri d’évoquer, une nouvelle fois après des films tels que Le mâle du siècle ou Un moment d’égarement, la fragilité de la condition masculine en ces temps troubles post-libération de la femme. En effet, le cinéaste semble souligner à quel point la femme, dans sa quête de liberté, a finalement acquis un statut de domination pure dans les relations qu’elle entretient avec la gent masculine : c’est elle qui décide de qui elle veut, quand elle le veut, puis quitte son compagnon quand elle le désire, sans concertation possible, sans compromis et sans crier gare. Ainsi, si elle souffre sans conteste (Deneuve pleure beaucoup durant le film), c’est surtout elle qui prend l’initiative de faire souffrir l’homme.

Pourtant, malgré ce discours sous-jacent portant sur les relations hommes / femmes en général, on sent à nouveau la grande tendresse de Claude Berri pour ses personnages seuls, paumés, mais vivants, sincères et attachants. Comme depuis ses débuts de cinéaste, il joue la carte de l’empathie et de la compréhension, refuse de juger celle qui, devant la caméra d’un autre, serait passée pour la dernière des salopes.

 

 

Conclusion

Au cœur de cette valse de passions fugaces, Catherine Deneuve s’impose, majestueuse et plus froide que jamais, au milieu de tout ce que le cinéma français de l’époque comptait de stars : Gérard Depardieu, Jean-Louis Trintignant, Serge Gainsbourg, Alain Souchon… En plus de ce casting quatre étoiles, la grande majorité des spectateurs contemporains découvrira au visionnage de Je vous aime que la chanson « Dieu est un fumeur de havanes » a été composée par Gainsbourg pour le film.

 

Articles semblables

Partage

Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles