Festival de Gérardmer 2015 : bilan + que positif…

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Festival de Gérardmer 2015 - Fantastic Art 2015 - Fantastique Film

Par les couilles de Staline ! Après quelques éditions pour le moins décevantes, surtout dans la compétition de plus en plus inégale d’année en année, comme le fit remarquer un certain président Lambert (Christophe, pas Gérard) en 2013 déjà, c’est une saisissante reprise qualitative qui s’est opérée en cette fin de mois de janvier 2015 dans la capitale fantastique des Vosges. Depuis combien de temps n’avait-on pas pu apprécier une compétition d’une si bonne moyenne et surtout plus passionnante que le hors-compétition, malgré quelques pépites ici ou là ? Hein, depuis quand ?

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C’est sans surprise, sinon celle de ne pas en être une (les jurys, surtout à Avoriaz puis à Gérardmer, aiment bien surprendre, juste comme ça, un peu pour faire ch..) que le saisissant et angoissant It Follows de David Robert Mitchell, perle déjà indémodable du genre qui sort pas plus tard que ce mercredi 4 février (cours-y vite, camarade) et a remporté le grand prix du jury au nez et à la barbe (si l’on peut parler ainsi d’un film, généralement imberbe) des deux prix très méritants du jury, Ex Machina, première réalisation du scénariste Alex Garland (La Plage, Sunshine et 28 jours plus tard de Danny Boyle) et The Voices de Marjane Satrapi qui reçoit également le prix du public. Trois films réellement excellents (l’un étant carrément un chef d’oeuvre, rappelons-le) pour les trois premiers prix, ce n’est pas si courant, dans quelque festival que ce soit.

Ex Machina 2015, Festival de Gérardmer 2015

Le film autrichien en lice, Goodnight Mommy de Veronika Franz et Severin Fiala, fut une autre sensation de la sélection, l’une de celles qui mirent le public le plus mal à l’aise dans une scène avec colle forte, ciseaux et un peu de flammes. Hélas légèrement gâché par un artifice de scénario inutile, pas férocement original mais opportuniste. Cette légère déception n’estompe pas l’impression d’avoir vécu un moment fort et d’avoir assisté à la naissance de deux auteurs à suivre, produits par un Ulrich Seidl décidément passionnant. Prix du jury SyFy et du jury jeunes, bien vu ! Les jurys étaient eux aussi inspirés cette année et nous ont permis de faire des pronostics assez justes. Il est regrettable que le festival ne récompense pas les acteurs mais il honore, c’est déjà ça, grâce à la SACEM, la meilleure bande originale en lice. C’est l’australien These final hours qui a failli être un petit fleuron de la série B mais se perd, malgré là encore l’impression fort agréable d’avoir vu un possible nouveau nom sympa du fantastique. Peut mieux faire, certes, mais ‘peut’ est à retenir. Et la bande originale est en effet de grande qualité, parfaite pour accompagner l’ambiance pré-apocalyptique.

Goodnight Mommy 01

Dans le reste de la compétition nous ont également séduit Cub de Jonas Govaerts, Honeymoon de Leigh Janiak, Jamie Marks is dead de Carter Smith et The Signal de William Eubank, à des niveaux d’estimation divers, dans leurs qualités respectives et dans l’appréciation diverse de vos deux rédacteurs Julien et Pascal qui n’ont pas toujours les mêmes goûts, Dieu merci ! Du coup, seul The Man in the orange jacket d’Aif Karapetian nous a réellement rebuté, malgré une ouverture magistrale, du départ de son travail d’un homme en tenue orange licencié pour raisons économiques à son massacre crade de son employeur et de Madame. Mise en scène, propos, rythme, il se passe quelque chose… qui s’arrête dès le début du générique de début. La vache, c’est rapide.

What-We-Do-in-the-Shadows

Hors-compétition, sans faire un descriptif plus détaillé, nous nous souviendrons positivement des films suivants : le mockumentaire vampiresque What we do in the shadows des néo-zélandais Taika Waititi et Jemaine Clement, un long-métrage estampillé Flight of the Concords (pour les amateurs) ; Réalité de Quentin Dupieux, un habile mélange entre réalité et fiction ; le malade Tusk de Kevin Smith ; Les Âmes Silencieuses, du gothique classique produit par la Hammer ; l’excellent documentaire Electric Boogaloo et ses témoignages révélateurs sur la Cannon (Sybil Danning, Marina Sirtis, Laurene Landon…) ; le film à sketchs inégal mais avec quelques ‘jolis’ moments ABCs of Death 2 et le film de castors zombies Zombeavers, joyeuse parodie de grand n’importe quoi.

jupiter 01

Événement la veille de la clôture avec l’avant-première française, rien de moins, du nouveau Wachowski, Jupiter : le destin de l’univers. Les avis sont partagés, certains sont enchantés, d’autres indifférents, d’autres encore sont dans le rejet manifeste. Spectaculaire certes (dont une scène de poursuite qui ne semble pas vouloir s’achever) mais les personnages fonctionnent mal, celui du méchant interprété par Eddie Redmayne (qui a kidnappé les lèvres d’Emmanuelle Béart) étant particulièrement caricatural, tout comme la famille russe de l’héroïne (Mila Kunis). Channing Tatum a du chien, on le savait déjà, il le confirme ici littéralement. Entre ambition approximative et humour pataud, ce film qui divise, pour le moins, sort ce mercredi 4 février.

 

Une bonne sélection donc, doublée, et ce n’est pas une moindre avancée, d’un système de billetterie quasiment parfait (une fois qu’on a appris à le maîtriser) que d’autres festivals seraient avisés de copier. Finie l’angoisse de tenter une séance et de se voir refoulé à l’entrée, surtout pour le public payant, souvent sacrifié au profit des accrédités professionnels et presse. Habitué à payer cher pour ne presque rien voir, condamné aux queues de deux heures pour les petits films et du double pour les blockbusters, le public amateur, local ou venu de loin, a pu profiter beaucoup mieux du festival que d’autres années. En espérant que le système perdure, malgré les couacs inévitables de cette transition.
À l’année prochaine donc, en espérant voir les salles plus remplies… enfin pas avec des trop grandes personnes, please ! Merci aux équipes du festival pour les films et à nos logeurs de l’Hôtel de la Poste pour nous avoir permis de quitter Gérardmer malgré la neige, le gel, la glace qui ont bien failli nous forcer à accepter l’idée de devoir passer l’année (ou au moins la semaine) sur place.

voices 05

Toutes nos critiques sur le festival (oui, il en manque, nous sommes humains…) :

Compétition

Ex Machina d’Alex Garland

Cub de Jonas Govaerts

Goodnight Mommy de Veronika Franz et Severin Fiala

Honeymoon de Leigh Janiak

It Follows de David Robert Mitchell

Jamie Marks is Dead de Carter Smith

The Man in the Orange Jacket d’Aik Karapetian

The Signal de William Eubank

These Final Hours de Zak Hilditch

The Voices de Marjane Satrapi

Hors compétition

ABC’s of Death 2 film collectif

Les Âmes silencieuses de John Pogue

At the Devil’s Door de Nicholas McCarthy

The Atticus Institute de Chris Sparling

Electric Boogaloo de Mark Hartley

Exists d’Eduardo Sanchez

Jupiter – le destin de l’univers d’Andy & Lana Wachowski

La Légende de Viy d’Oleg Stepchenko

The Mirror de Mike Flanagan

Monsterz d’Hideo Nakata

Les Nouveaux héros de Don Hall et Chris Williams

Ouija de Stiles White

Out of the Dark de Luis Quilez

The Pool de Chris W. Mitchell

Réalité de Quentin Dupieux

Tusk de Kevin Smith

What We Do in the Shadows de Jemaine Clement & Taika Waititi

Zombeavers de Jordan Rubin

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