Festival de Gardanne 2015 : soirée d’ouverture et Jour 2

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Fatima 11

La soirée d’ouverture

C’est avec une projection simultanée de dans les 2 salles du cinéma 3 Casino, archi complètes toutes les deux, que s’est ouvert le 27ème Festival Cinématographique d’Automne de Gardanne. Ces projections ont été suivies d’un débat en présence du réalisateur . Allez donc sur la critique de ce film pour comprendre tout le bien que nous en pensons !

les chemins arides

Arménie, acte 1 :

1915 – 2015 : 100 ans se sont écoulés depuis le génocide arménien, ce génocide dont les descendants des rescapés attendent impatiemment qu’il soit, un jour, reconnu par un gouvernement turc. Dans une région où habitent beaucoup de ces descendants de rescapés, l’occasion était bonne de présenter en avant-première deux films réalisés par des réalisateurs français ayant tous les deux des origines arméniennes. Deux films très différents dans la forme, l’un étant un pur documentaire, l’autre une fiction inspirée par une histoire vraie, mais qui se complètent merveilleusement.

Ayant découvert à l’âge de 20 ans que ses arrières-grands-parents avaient survécu au génocide arménien grâce à l’aide de « Justes », le réalisateur a décidé, un jour, de partir sur la trace de ses ancêtres. Ce voyage lui a permis de réaliser Les chemins arides, un film qui ne dure qu’une heure, mais qui, par le biais de discussions du réalisateur avec des habitants d’Anatolie, un des théâtres de ces événements tragiques de 1915, nous permet d’approfondir notre connaissance sur ce qui  s’est passé il y a cent ans et d’être témoin de ce que les habitants d’aujourd’hui peuvent en connaître et en dire. Bien entendu, il faut garder en mémoire l’article 301 du code pénal turc qui rend illégal les insultes à la Turquie, à l’identité turque ou aux institutions turques, sachant que parler de génocide sans faire précéder ce mot de « soi-disant » ou de « prétendu » est une insulte à cette identité turque ! Parti avec une reproduction du Bon Samaritain, un tableau d’Aimé-Nicolas Morot dans lequel il avait vu une représentation de son arrière-grand-père sauvé par un paysan kurde, Arnaud Khayadjanian a marché de village en village et a raconté son histoire à des hommes et à des femmes rencontrés au hasard de cette pérégrination, ne recevant en retour aucune hostilité (le plus « fermé » de ses interlocuteurs acceptant de parler du présent mais refusant obstinément de parler du passé) mais rencontrant par contre une méconnaissance, feinte ou réelle, des événements de 1915. Dans le film de Khayadjanian, on entend aussi souvent la voix d’Alice Kay, la grand-tante du réalisateur, une voix jeune malgré ses 87 ans, une voix sans langue de bois. On fait aussi la rencontre des descendants de Mehmed Celal Bey, un préfet turc qui sauva la vie de milliers d’arméniens en leur évitant la déportation et les massacres. Un juste parmi les justes, bien entendu pas reconnu à ce titre dans son propre pays ! Mais comment un pays peut-il mettre en valeur un homme qui a sauvé des arméniens voués au génocide alors qu’il ne reconnait pas l’existence de ce génocide ?

Projeté trois fois dans la journée, Les chemins arides a fait l’objet de débats soit avec le réalisateur, soit avec la productrice Magali Chirouze. Ce beau film n’aura pas de véritable sortie nationale et ne sera probablement jamais diffusé par une chaîne de télévision nationale. Par contre, il est possible de commander le DVD du film en envoyant un mail à qui en est le producteur : adalios@adalios.com.

une histoire de fou 10

Arménie, acte 2 :

Le second film de la journée a été projeté 5 fois. Il s’agit de Une histoire de fou, le dernier film de présenté en Sélection Officielle, hors compétition, lors du dernier . Robert Guédiguian en a écrit le scénario avec , en s’inspirant de l’histoire que le journaliste espagnol José Antonio Gurriaran a vécue et qu’il a racontée dans son livre « La Bomba ». Le résultat est un film passionnant et important qui mêle petite et grande histoire et qui affronte intelligemment cette question primordiale : jusqu’où peut-on aller lorsqu’on résiste face à un ennemi, lorsqu’on veut faire respecter une justice enterrée par les moyens légaux ou lorsqu’on se bat contre une injustice institutionnalisée ? La fin justifie-t-elle toujours les moyens ? A côté d’acteurs remarquables mais inconnus dans notre pays, on retrouve , , et . C’est avec une véritable standing ovation que Robert Guédiguian a été accueilli dans une des deux salles dans lesquelles son film était projeté en début d’après-midi et c’est avec l’humour qui le caractérise qu’il a répondu aux nombreuses questions des spectateurs. Des questions dans lesquelles affleurait souvent une grande émotion, de nombreux spectateurs ayant eu des membres de leur famille touchés par le génocide de 1915. Nous reviendrons bientôt, et plus longuement, sur ce film qui va sortir le 11 novembre : voir critique.

 une histoire de fou 11

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