Critique : Castaway on the moon

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Corée, 2009
Titre original :
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , , ,
Distribution : –
Durée : 1h56
Genre : Comédie
Date de sortie : –

Note : 3,5/5

Variation très personnelle des malheurs du naufragé Robinson Crusoë, de Lee Hae-jun est une comédie complètement jubilatoire que le Forum des Images dans son infinie bonté va vous permettre de rattraper à deux reprises, le jeudi 22 octobre à 16h30 puis une deuxième fois le samedi 31 à la même heure.

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Synopsis : En essayant de se suicider, M. Kim, un petit salarié déprimé, échoue sur une ile déserte située sur le fleuve Han, en plein cœur de Séoul. Il réalise assez vite qu’il n’a aucun moyen de rejoindre la ville, et qu’il devra donc s’accommoder à cette existence. En parallèle, Mlle Kim, une jeune fille vivant recluse dans sa chambre depuis quelques années, découvre sa présence au moyen d’un télescope…

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Des nouilles aux haricots noirs

Après une tentative de suicide du haut du pont qui surplombe le fleuve Han, un homme se retrouve piégé sur une île au coeur de Séoul. « Suis-je un naufragé ? » se demande-t-il. Comme le héros de Buried, son téléphone ne lui est pas d’une grande aide, surtout auprès d’administrations froides ou d’une ex lassée. Les bateaux de touristes qui passent tout près ne semblent pas s’intéresser à lui non plus, en dehors d’une personne qui le salue de la main. Il finit par s’accommoder tant bien que mal de cette situation et devient un Robinson Crusoë imaginatif, même s’il est plus facile de faire du feu avec un briquet qu’en frottant un petit bout de bois. Très vite, seul espoir : faire pousser sa propre récolte de maïs pour pouvoir manger des instant noodles aux haricots noirs ! Le message écolo qu’il délivre est absurde, surtout dans le constat que l’évolution de l’homme le rend plus savoureux, ce qui permet au héros de se rassasier en se léchant le bras ! Ce qui prouve bien qu’il ne faut pas trop le croire lorsqu’il affirme qu’il est devenu plus intelligent, avec sa fierté de devenir le du pauvre.

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Le réalisateur devient également le génie du placement de produits détournés avec une série d’exemples très drôles, comme cette bouteille d’Évian transformée en paire de chaussures ou une fiole de Hugo Boss qui contient autre chose qu’un agréable parfum. Cet exercice délirant aurait pu tourner en rond mais le plaisir est constant si on aime le burlesque déjanté, qui sait se faire discrètement plus profond, avec un regard sur la condition de l’homme coréen et sa solitude. Est-on au purgatoire (façon Petits suicides entre amis, pour se limiter à des références modestes) ou face à un gentil idiot incapable de quitter un bout de terre situé au milieu de la capitale coréenne ?

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De l’absurde certes, de la romance aussi

Si le talent de l’auteur est évident, dans l’écriture de répliques absurdes et dans la mise en scène inventive, la performance de est extraordinaire et permet tous les doutes. Abonné aux seconds rôles, il est très drôle et fait passer les gags les plus scatologiques avec un timing comique parfait, notamment dans sa relation avec l’embarcation en forme de canard, plus émouvante que le ballon appelé Wilson chez Robert Zemeckis dans Seul au monde. Au-delà de l’humour, comme le jeu autour des bouteilles à la mer, ce bateau-canard, des livraisons compliquées de nouilles sautées, il s’agit aussi d’une comédie romantique inattendue avec un joli duo d’acteurs auxquels on s’attache sincèrement. Car le héros n’est pas totalement isolé : il attire l’attention d’une «hikikomori», l’une de ces jeunes figures perdues qui ne quittent plus leurs chambres au grand désespoir de leurs parents, comme dans un sketch de signé Bong Joon-ho. On apprend aussi avec ce film que tous les six mois, la vie s’arrête totalement dans le pays pendant quelques minutes au moment où une sirène se fait entendre, rappelant la menace constante du voisin du nord. Ici, c’est utilisé dans un cadre comique mais surtout romantique : la première sonnerie permet leur rencontre, la deuxième leur permet de se retrouver enfin. Mais pas de doute, l’histoire d’amour n’est pas ce qui intéresse le plus, malgré un joli coup de foudre qui naît sur un HELP transformé en HELLO. Celui qu’elle prend d’abord pour un extra-terrestre qui a atterri sur la Lune lui apparaît comme un être bien bizarre ( » the alien is a freak «  regrette-t-elle) se révèle bien humain et petit à petit, elle s’en rapproche.

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Conclusion

Cette comédie à la bouffonnerie assumée et communicative est programmée dans le cadre du cycle qui a ouvert, le 15 septembre dernier, de façon réjouissante l’Année Franco-coréenne qui sera constituée de nombreux événements cinématographiques dont la 10ème édition du FFCP () qui aura lieu du 27 octobre au 3 novembre et nous avait fait découvrir cette petite merveille de la comédie coréenne en 2010.

https://youtu.be/YUBz5xfbl0c

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