Festivals News — 20 octobre 2015
Festival de Gardanne 2015 : Jours 3 et 4
Dimanche 18 octobre, jour 3 du Festival 2015 : 2 films en avant-première, El Club et .
Lundi 19 octobre, jour 4 : 2 films en avant-première, et , et, dans le cadre de la soirée ACID, Brooklyn, un film sorti récemment et dont la projection a été suivie d’un débat avec Pascal Tessaud, son réalisateur.

el club 3

Jour 3

El Club : La notoriété grandissante du réalisateur chilien Pablo Larrain s’est construite avant tout sur sa trilogie consacrée à la dictature chilienne : Tony Manero, Santiago 73 et . El Club est son 5ème long métrage et il a obtenu en début d’année le Grand Prix du Jury lors du Festival de Berlin. C’est un film aux images « salles », souvent floues ou mal éclairées, façon pour le réalisateur de mettre son film à niveau avec ses protagonistes, des prêtres dont la culpabilité concernant des événements du passé va apparaître petit à petit. Ce film très cynique s’attaque avec force aux compromissions de l’Eglise, celles du passé proche mais aussi celles du présent, Pablo Larrain ne semblant pas penser que la présence du Pape François à la tête de l’église catholique puisse changer fondamentalement les choses. Un film important qui va sortir le 18 novembre prochain.

The Beast : Ce film est un thriller très efficace réalisé par le belge et adapté du roman « L’homme du soir » de la britannique Mo Hayder. On notera que le roman, dont le titre original est « The Treatment »,  s’est vu doté d’un titre en français alors que le film a un titre en anglais … différent du titre original ! Transposé de Londres à Anvers, The Beast met en scène un policier dont le frère a disparu, enlevé très jeune par un pédophile, et qui se retrouve à enquêter sur un cas similaire. Sombre, inquiétant, parfois violent, mais, répétons le, efficace. Ce film va sortir le 11 novembre.

the beast 1

Jour 4

Neige et les arbres magiques : réalisés par , Sophie Roze et , il s’agit d’un programme de 4 court-métrages d’animation, visibles dès l’âge de 4 ans et dont la sortie aura lieu le 25 novembre.

Brooklyn : Le , on aime ou on n’aime pas, voire on déteste : bien souvent une question de génération ! Et un film sur le milieu du rap, ou, plutôt, sur un milieu particulier du rap ? Eh bien, même quand on n’aime pas le rap, on peut aimer un film qui en parle et dans lequel on en entend ! Tout cela grâce à un réalisateur, Pascal Tessaud, originaire de la Seine-Saint-Denis, fils d’ouvrier, ex étudiant brillant et qui réalise avec Brooklyn son premier long métrage, en se réclamant de cinéastes comme Paul Carpita et de Ken Loach. Adepte du cinéma Guérilla, le plus indépendant des cinémas, Pascal Tessaud a préféré produire lui-même son film avec les moyens du bord, sans attendre l’aide du CNC qu’il n’aurait d’ailleurs sans doute pas obtenue. Tourné pour 6 000 Euros, avec un appareil photo, Brooklyn nous emmène à Saint-Denis, parmi les amis du réalisateur, dans un monde du rap éloigné du rap commercial dont nous abreuvent télés et radios et dans lequel on ne parle que de violence, de drogue, de fric et de filles. Un film qui fait penser, toutes proportions gardées, à des frères , consacré lui au monde du folk new-yorkais, au début des années 60. On y retrouve, parmi de nombreux autres, trois personnages principaux. Jalil Naciri, toujours excellent, dans un rôle de « grand frère » s’occupant d’une association d’apprentissage au rap. est une jeune rappeuse suisse, sacrée championne du monde d’improvisation Hip Hop, à New York, en 2012 et elle joue ici le rôle de Coralie, Brooklyn pour la scène, une jeune rappeuse … suisse, venue tenter sa chance en France. Elle n’avait auparavant jamais « joué la comédie » : elle est absolument excellente ! interprète lui le rôle d’Issa, un rappeur un peu paumé, plutôt sympathique mais influençable, du genre à suivre les mauvaises personnes plutôt que les bonnes. A noter que les dialogues de ce film bourré d’énergie ont tous été improvisés lors du tournage. Lors du débat, Pascal Tessaud  a tenu à insister sur la mauvaise image que peut avoir le rap à cause du rap commercial inculturé qu’on entend sur les ondes alors que celui qu’il défend, celui qu’on entend dans son film, est pour lui l’œuvre de jeunes des banlieues ayant une conscience sociale et politique. Après avoir parlé du réalisateur marseillais Paul Carpita, sur lequel il a fait paraître un livre d’entretien intitulé « Paul Carpita, Cinéaste franc-tireur » (livre préfacé par Ken Loach), Pascal Tessaud a terminé son intervention en lançant des piques acérées contre le CNC, qui, refusant son agrément à son film, prive le cinéma Guérilla que lui défend d’une source de revenus permettant de produire de nouvelles œuvres. Heureusement, son film avait fait partie de la sélection ACID de Cannes 2014 et il a pu sortir en salles, le 23 septembre dernier.

Brooklyn


Gaz de France : Bizarre, bizarre. C’est l’impression que laisse ce 2ème long métrage de Benoît Forgeard, un film qui déconcerte par sa froideur et son côté particulièrement décalé. Deuxième degré ? Bien plus que cela, sixième ou septième plus probablement. Farce républicaine, Gaz de France, transporte le spectateur vers les années 2020, avec un Président de la République, élu grâce à sa chanson « La rigueur en chantant », qui voit sa cote de popularité tomber au plus bas. En catastrophe, son conseiller réunit un panel de français atypiques dont il attend une idée géniale permettant de retrouver la popularité du début. Toute ressemblance avec une situation présente n’est pas le fruit du hasard, on s’en doute. Toutefois, ce film, même s’il a de nombreuses qualités, reste globalement trop sage par rapport à ce qu’il aurait pu (dû ?) être. On y retrouve dans le rôle du Président et Olivier Rabourdin dans celui du conseiller. Ce film, qui faisait partie de la sélection ACID de Cannes 2015, sortira en salles le 13 janvier 2016.gaz de france 1

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles