Critique : Divergente 2 L’Insurrection

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Divergente 2 L’Insurrection

Etats-Unis, 2015
Titre original : Insurgent
Réalisateur : Robert Schwentke
Scénario : Brian Duffield, Akiva Goldsman et Mark Bomback, d’après le roman de Veronica Roth
Acteurs : Shailene Woodley, Theo James, Miles Teller, Ansel Elgort
Distribution : SND
Durée : 1h59
Genre : Science-fiction
Date de sortie : 18 mars 2015

Note : 3/5

De nos jours, les univers fantastiques pullulent au cinéma à tel point que même le spectateur le plus attentif et assidu risque de s’y perdre. A côté des épopées de super-héros, ce sont les aventures de jeunes révoltés qui ont le plus de succès auprès du public d’adolescents auquel elles sont principalement destinées. Il y est presque chaque fois question d’un groupe d’adolescents à l’approche de l’âge adulte, dont la prise de conscience de l’injustice profonde de leur monde se solde très souvent par une rébellion. Les pouvoirs surnaturels dont ils disposent accessoirement servent avant tout à corser le spectacle, sans que la trame principale du récit ne quitte les sentiers battus de la tradition ancienne des affrontements manichéens. De film en film, le peu d’évolution qui existe chez des personnages à peu près interchangeables s’inscrit ainsi dans une logique de série désormais arrivée au stade de la maturité, à qui il ne reste plus qu’à attendre qu’une forme différente de divertissement populaire vienne la supplanter prochainement.

Synopsis : Dans plus de deux siècles, l’humanité n’aura réussi à subsister que grâce à une cité préservée, entourée d’un mur protecteur, dans laquelle les hommes vivent selon les règles de la caste à laquelle ils ont été attribués. La présidente du conseil Jeanine veille sur cet équilibre précaire, dangereusement perturbé par l’apparition des divergents, qui ne se soumettent pas aux règles strictes et mutuellement exclusives des communautés. Parmi eux figure Tris Prior, une jeune femme désormais orpheline, qui n’arrive pas à se pardonner la mort de ses parents lors de l’attaque de l’armée contre le monde des altruistes. Réfugiée avec son frère Caleb et ses amis Quatre et Peter dans un village fraternel, elle jure de se venger et de tuer Jeanine. Celle-ci est à son tour à la recherche de tous les divergents, les seuls en mesure de décoder la combinaison d’une mystérieuse boîte ancestrale, trouvée parmi les décombres de la maison des parents de Tris.

Jamais deux sans un

Nous sommes toujours un peu réticents à regarder des suites de films, dont nous avions raté l’original. Comment s’approprier en effet un univers dont les règles de base ont d’ores et déjà été fixées et qui évolue dès lors selon les enjeux dramatiques établis auparavant ? Mieux vaut faire une croix sur cette lacune de notre culture cinématographique que de se retrouver face à un film auquel on ne comprend rien parce qu’on a littéralement loupé le début. Grâce au deuxième film de l’univers Divergente, nous serions presque prêts à abandonner ce vieux raisonnement personnel et à laisser leur chance à toutes ces suites, qui cherchent à singer la forme romanesque de leur matière originale littéraire, tout en profitant d’une façon particulièrement mercantile de l’engouement public provoqué par l’appât du premier film. Car Divergente 2 L’Insurrection répond présent au plus élémentaire des critères d’appréciation de la fiction, qui veut que chaque œuvre se suffise à elle-même et qu’elle reste donc accessible même à un public peu familier des éléments qui l’entourent. Nul besoin donc d’avoir vu le premier Divergente, sorti il y a un an, puisque les tenants et les aboutissants de l’intrigue s’inscrivent dans un espace de compréhension plus abstrait, déjà alimenté par exemple à travers The Giver Le Passeur de Phillip Noyce, un univers pratiquement identique au monde compartimenté contre lequel la résistance se met en place dans le cas présent.

Solide parce que reconnaissable

Cette fidélité notable en termes dramatiques envers l’imagination globale de l’avenir de l’humanité ne signifie guère que le septième film de Robert Schwentke manque de personnalité. Il n’en dispose certes pas d’un point de vue formel, puisque son esthétique est calquée sur celle des dizaines de blockbusters qui l’ont précédé, c’est-à-dire efficace et fonctionnelle. Néanmoins, dans cette économie toute relative des moyens réside en même temps l’avantage d’une narration, qui peut du coup se focaliser un peu plus sur les tourments psychologiques des personnages. Rien de révolutionnaire à signaler à ce niveau-là non plus, rassurez-vous ! Mais l’équilibre atteint entre les scrupules de Tris, voire son dégoût de semer la mort partout où elle passe, et l’obligation de mener son combat valeureux par la force brute est très satisfaisant, à défaut d’être ingénieux. Et puis, le fait de constater que toutes les décisions importantes sont prises par des personnages féminins est hélas assez rare pour le souligner. De ce modèle de société matriarcale ne naît pourtant nullement un monde plus paisible et équitable. Ce qui nous ramène aux qualités plus viriles de ce film, capable de jongler pas sans adresse entre ces deux états d’esprit complémentaires, ainsi qu’entre des univers simulés et réels sans avoir recours à un déluge d’effets spéciaux clinquants.

Conclusion

Sans nous marquer outre mesure, Divergente 2 L’Insurrection s’ajoute sans peine à notre bouillie mentale d’univers fantastiques quasiment identiques. Il n’en constitue pas un ajout indispensable, mais remplit parfaitement le contrat d’un divertissement sans arrière-pensée trop sérieuse. Enfin, nous avons trouvé en la personne de Tobias Eaton un homonyme filmique peut-être un peu trop noble pour satisfaire notre penchant pour la dérision iconoclaste, quoique juste assez populaire pour susciter des déclarations admiratives de la part de midinettes, qui y voient sans doute un idéal masculin ennuyeusement propret.

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