Directors Guild Awards 2020 : les nominations

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Également mardi dernier, le 7 janvier, les nominations pour les ont été annoncées par Thomas Schlamme, le président du très influent syndicat des réalisateurs américains. La 72ème cérémonie aura lieu le samedi 25 janvier à l’hôtel Ritz-Carlton de Los Angeles.

D’un point de vue purement statistique, il est toujours aussi peu probable de gagner l’Oscar du Meilleur réalisateur sans être au moins nommé au prix du syndicat. En revanche, le fait de sortir vainqueur de cette étape cruciale de la course à l’Oscar garantit quasiment le sacre suprême lors de la cérémonie de l’Académie du cinéma américain. Pour rappel, ce n’est que sept fois en 71 remises de prix que l’heureux élu de l’association professionnelle des réalisateurs n’a pas également gagné l’Oscar correspondant. Toutefois, puisque ce type d’anomalie survient avec une étonnante régularité, une fois par décennie – la dernière remonte à 2013 quand Ben Affleck avait gagné chez ses confrères pour Argo, tandis que les Oscars, qui ne l’avaient d’ailleurs même pas nommé, lui avaient préféré Ang Lee pour L’Odyssée de Pi – , il ne peut pas être complètement exclu qu’une surprise ait lieu la nuit du dimanche 9 février, lors de la 92ème cérémonie des Oscars. Surtout parce qu’aucun favori clair et net ne s’est démarqué jusqu’à présent au fil de la saison des prix 2019/20.

sur le tournage de © The Jokers / Les Bookmakers Tous droits réservés

Bong Joon-ho pour Parasite

Le réalisateur sud-coréen Bong Joon-ho (* 1969) continue de récrire l’Histoire du cinéma international, grâce à son septième long-métrage. Après avoir triomphé au dernier Festival de Cannes, où le jury présidé par le réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Iñarritu lui a attribué la Palme d’or, Parasite est parti conquérir le public du monde entier. Son succès commercial est en effet sans équivoque, que ce soit en France où il a passionné plus d’un million de spectateurs ou dans les salles américaines, dans lesquelles il cumule pour l’instant plus de vingt-cinq millions de dollars, en attendant le coup de pouce apporté par ses six nominations toutes fraîches à l’Oscar. Puisque la Directors Guild récompense avant tout des films anglophones, Bong n’est que le troisième réalisateur asiatique à être nommé par elle, après le Japonais Akira Kurosawa pour Rashomon en 1953 et le Taiwanais Ang Lee, nommé une seule fois pour un film non-anglophone, Tigre et dragon qui lui avait valu l’une des sept anomalies historiques en 2001 puisque Steven Soderbergh avait gagné l’Oscar correspondant pour Traffic, ainsi que trois de ses productions anglo-américaines Raison et sentiments, Le Secret de Brokeback Mountain et L’Odyssée de Pi. En tant que film palmé à Cannes, Parasite est le treizième lauréat à rencontrer simultanément les faveurs de la communauté hollywoodienne et provençale, après Le Troisième homme de Carol Reed, Marty de Delbert Mann, La Loi du seigneur de William Wyler, Un homme et une femme de Claude Lelouch, MASH de Robert Altman, Conversation secrète de Francis Ford Coppola, Taxi Driver de , Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, La Leçon de piano de Jane Campion, Pulp Fiction de , Secrets et mensonges de Mike Leigh et Le Pianiste de Roman Polanski. De la part des associations de critiques américains, Bong Joon-ho a gagné le prix du Meilleur réalisateur des critiques de Los Angeles et celui du Meilleur scénario de la National Society of Film Critics pour Parasite.


sur le tournage de © François Duhamel / Universal Pictures International France Tous droits réservés

Sam Mendes pour 1917, sortie française le 15 janvier

L’épopée de guerre immersive 1917 marque le grand retour inopiné pour le réalisateur anglais Sam Mendes (* 1965). Unanimement encensé pour son premier long-métrage de cinéma American Beauty, qui lui avait valu entre autres l’Oscar du Meilleur réalisateur et le Directors Guild Award en l’an 2000, Mendes n’avait jamais vraiment réussi à transformer l’essai par la suite. Ses quatre films suivants, entre Les Sentiers de la perdition et Away we go, étaient certes de qualité, mais ils n’avaient pas suscité le même engouement de la part du public et des critiques que le drame de banlieue bourgeoise dans l’air du temps avec Kevin Spacey et Annette Bening. Pourquoi ne pas alors apporter mon expertise à l’univers mythique de James Bond a dû se dire Mendes, qui devenait pour deux films, Skyfall et 007 Spectre, le réalisateur attitré de l’agent préféré de sa majesté. Il a su mettre le savoir-faire acquis de la sorte au profit de 1917, qui lui a valu, à la surprise générale, le Golden Globe du Meilleur réalisateur et celui du Meilleur drame au début du mois. Et si ce coup d’éclat insoupçonné le plaçait en la position de favori fragile dans cette compétition plutôt grande ouverte ? En tout cas, les bons résultats commerciaux de 1917, tout juste sorti sur les écrans américains et déjà en tête du box-office le week-end dernier, ne devraient pas lui porter préjudice.


Martin Scorsese sur le tournage de © Niko Tavernise / Netflix Tous droits réservés

Martin Scorsese pour The Irishman, sans date de sortie cinéma en France

Le gourou de toute une génération de cinéphiles, l’Américain Martin Scorsese (* 1942) fait en quelque sorte figure d’éminence grise dans cette catégorie prestigieuse. Grâce à la saga de gangsters The Irishman, il obtient en effet la dixième nomination pour un long-métrage de cinéma de la part de ses confrères, s’approchant de près du record de son cadet Steven Spielberg, qui en a eu une de plus jusqu’à présent. La réputation stratosphérique de Scorsese n’est plus à faire, puisque sa filmographie est truffée de chefs-d’œuvre tels que Taxi Driver, Raging Bull, Les Affranchis, Le Temps de l’innocence, Les Infiltrés et Le Loup de Wall Street, tous nommés par les réalisateurs américains. Ceux-ci lui avaient même déjà remis leur prix honorifique pour l’ensemble de sa carrière en 2003. Un plébiscite finalement un peu prématuré, n’est-ce pas ? Et pourtant, après un début de saison prometteur, The Irishman s’est quelque peu essoufflé ces dernières semaines. Après les prix du Meilleur Film de la part du National Board of Review et des critiques de New York en décembre, c’était en effet le grand vide pour cette œuvre disponible à travers le monde sur la plateforme de vidéo à la demande par abonnement Netflix depuis environ un mois. Reparti bredouille de la soirée des Golden Globes, Martin Scorsese risque ainsi de faire de même seulement acte de présence à la cérémonie de la Directors Guild d’ici une dizaine de jours.


Quentin Tarantino sur le tournage de © Andrew Cooper / Sony Pictures Releasing France Tous droits réservés

Quentin Tarantino pour Once Upon a Time in Hollywood

C’est pour un public un peu plus jeune que celui de Martin Scorsese que le réalisateur américain Quentin Tarantino (* 1963) constitue une référence incontournable. Une véritable encyclopédie cinématographique, Tarantino est depuis plus d’un quart de siècle le maître de la relecture des genres populaires. Sa méthode a brillamment porté ses fruits, comme peuvent l’attester sa Palme d’or gagnée pour Pulp Fiction en 1994 et ses deux Oscars du Meilleur scénario original pour Pulp Fiction en ’95 et Django Unchained en 2013. Once Upon a Time in Hollywood avait certes brillé par son absence au palmarès du dernier Festival de Cannes, où cette plongée aussi virtuose qu’uchronique dans le temple de l’industrie du cinéma à la fin des années 1960 avait eu son avant-première. Depuis, le neuvième film de Tarantino s’est largement rattrapé, par le biais de trois Golden Globes – Meilleure comédie, Meilleur scénario et Meilleur acteur dans un second rôle pour Brad Pitt –, les prix du Meilleur réalisateur et du Meilleur acteur dans un second rôle du National Board of Review, celui du Meilleur scénario chez les critiques de New York et enfin un nouveau sacre de Brad Pitt auprès de la National Society of Film Critics. Bref, Tarantino et son film ont certainement des arguments de poids pour accéder au trône d’abord de la Directors Guild, puis des Oscars. A moins que la concurrence de la part de Bong Joon-ho et de Sam Mendes et de leurs films respectifs ne s’avère en fin de compte plus coriace …


sur le tournage de © Kimberley French / 20th Century Fox France / The Walt Disney Company France Tous droits réservés

Taika Waititi pour Jojo Rabbit, sortie française le 29 janvier

Le plus jeune des réalisateurs nommés dans la catégorie reine cette année, Taika Waititi (* 1975) est le troisième cinéaste néo-zélandais reconnu par ses confrères américains après Jane Campion pour La Leçon de piano et Peter Jackson pour la trilogie du Seigneur des anneaux. Puisque nous accusons un petit retard dans le relais des nominations de la Directors Guild, nous savons désormais que l’Académie du cinéma américain lui a préféré Todd Phillips et le Joker pour la cinquième place dans la catégorie du Meilleur réalisateur aux Oscars. Il n’empêche que la satire historique Jojo Rabbit y est plus qu’honorablement représentée, grâce à ses six nominations, dont deux pour Waititi pour le Meilleur Film et le Meilleur scénario adapté. Le réalisateur avait été nommé une première fois à l’Oscar du Meilleur court-métrage en 2005 pour Two Cars One Night. Avant de s’imposer sur le marché américain grâce à l’aventure de super-héros Thor Ragnarok et donc Jojo Rabbit, lauréat du prestigieux prix du public au dernier Festival de Toronto, Taika Waititi s’était fait un nom dans son pays natal avec le conte d’adolescents fantastique Boy, sorti en France en septembre 2012, et la comédie d’horreur Vampires en toute intimité dans laquelle il avait tenu l’un des rôles principaux. Il avait également fait une apparition devant la caméra dans Green Lantern de Martin Campbell en 2011. En ce moment, il prépare le tournage de Thor Love and Thunder, qui devrait sortir fin 2021.


Les six réalisateurs nommés pour le 5ème prix du Meilleur premier film :

Mati Diop pour Atlantique

Alma Har’el pour Honey Boy, sans date de sortie en France

Melina Matsoukas pour Queen & Slim, sortie française le 12 février

Tyler Nilson et Michael Schwartz pour The Peanut Butter Falcon, sans date de sortie en France

Joe Talbot pour The Last Black Man in San Francisco, sans date de sortie en France

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