Décès du réalisateur John G. Avildsen

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Le réalisateur américain John G. Avildsen est décédé le 16 juin à Los Angeles d’un cancer du pancréas. Il était âgé de 81 ans. Un des acteurs majeurs dans la réussite de Rocky – Oscar du Meilleur Film en 1977 –, il avait refait équipe avec le personnage mythique créé par Sylvester Stallone quatorze ans plus tard pour Rocky V. Entre-temps, il avait été à l’origine d’une autre série de films à succès, grâce à Karaté kid et ses deux suites avec Ralph Macchio.

John G. Avildsen a commencé sa carrière dans les années 1960 en tant qu’assistant réalisateur, par exemple auprès de Otto Preminger pour Que vienne la nuit. Il a réalisé ses premiers films à la fin de la décennie, souvent des productions indépendantes sur lesquelles il assurait également la photographie et le montage. C’est grâce à son troisième film qu’il a réussi à se faire connaître en 1970 : la satire sociale Joe avec Peter Boyle et Susan Sarandon. Après un retour temporaire aux films de série Z, comme la production Troma Cry uncle avec Allen Garfield, Avildsen avait impressionné le public et les critiques de l’époque grâce au drame social sombre Sauvez le tigre, pour lequel Jack Lemmon a gagné l’Oscar du Meilleur acteur en 1974. De retour sur le terrain graveleux avec le film à épisodes Foreplay, le réalisateur allait célébrer son plus grand succès deux ans plus tard, avec seulement WW Dixie avec Burt Reynolds sur son chemin avant une consécration aussi brève qu’intense.

Pour le public américain du milieu des années 1970, Rocky était le bon film au bon moment. Tourné pour un budget dérisoire d’à peine un million de dollars et porté à bout de bras par son acteur principal et scénariste Sylvester Stallone, le film avait caracolé en tête du box-office américain et avait fini par gagner trois Oscars en tant que Meilleur Film, pour le Meilleur réalisateur et le meilleur montage. Ce film-phénomène allait connaître pas moins de six suites en quarante ans, même si John G. Avildsen allait d’abord chercher à diversifier davantage sa filmographie. Or, ses films suivants peinaient sérieusement à trouver leur public, puisque et Slow dancing avec Paul Sorvino, et La Formule avec George C. Scott et Marlon Brando, et Les Voisins avec John Belushi et Dan Aykroyd, et Strip academy avec Christopher Atkins et Lesley Ann Warren étaient de cuisants échecs commerciaux.

Le sort du réalisateur allait s’améliorer une nouvelle fois en 1984, grâce à Karaté kid avec Ralph Macchio et Pat Morita. Ce drame sportif – assez proche de Rocky par son thème d’un perdant qui regagne confiance en lui-même par le biais d’un sport de combat exercé à la perfection – allait connaître deux suites, Karaté kid II Le Moment de vérité en 1986 et Karaté kid III en 1989, réalisés par Avildsen, qui passait la main à Christopher Cain pour Miss Karaté kid avec Hilary Swank. Les autres films de la fin de carrière du réalisateur n’avaient guère attiré les foules, malgré les quelques qualités cachées de la comédie de gangsters Happy New Year avec Peter Falk et Charles Durning, la comédie de grossesse Et si on le gardait ? avec Molly Ringwald et surtout le drame scolaire Lean on me avec Morgan Freeman.

En 1990, John G. Avildsen renouait pour la deuxième et dernière fois avec l’univers de Rocky pour Rocky V, de loin pas l’épisode le plus convaincant de la série. Il enchaînait deux ans plus tard avec un autre drame de boxe, cette fois-ci sur fond de tensions raciales en Afrique, avec La Puissance de l’ange avec Stephen Dorff et Armin Müller-Stahl. Enfin, ses derniers films n’apportaient rien d’essentiel à une carrière en dents de scie, avec le drame de rodéo 8 seconds avec Luke Perry et le film de Jean-Claude Van Damme Inferno en 1999, dont le réalisateur était si insatisfait qu’il en retirait partiellement son nom.

John G. Avildsen a été nommé à deux reprises à l’Oscar, comme Meilleur réalisateur pour Rocky et dans la catégorie du Meilleur court-métrage documentaire pour Traveling hopefully en 1983. Il l’avait gagné en 1977 pour Rocky, malgré une compétition de poids composée de Lina Wertmüller, Ingmar Bergman, Sidney Lumet et Alan J. Pakula. L’épopée imaginée par Sylvester Stallone lui avait également valu le prix de la Directors Guild et une nomination aux Golden Globes.

https://youtu.be/1uOXGX3Hj7g

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