Décès de l’acteur Burt Reynolds

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L’acteur américain Burt Reynolds est décédé hier matin d’une crise cardiaque à Jupiter en Floride. Il était âgé de 82 ans. L’une des plus grandes vedettes du cinéma hollywoodien des années 1970, Reynolds s’était imposé dans des succès publiques comme Délivrance de John Boorman et Cours après moi shérif de Hal Needham. Alors qu’il avait collaboré avec des réalisateurs aussi reconnus que Robert Aldrich, Peter Bogdanovich et Stanley Donen, il n’a pas su se maintenir en haut du classement des acteurs les plus profitables à partir des années ’80, ne vivant ensuite qu’une courte période de retour en grâce avec son second rôle d’un réalisateur de films porno dans Boogie Nights de Paul Thomas Anderson à la fin des années ’90.


Puisque le rêve du jeune Burt Reynolds de devenir un sportif professionnel avait été anéanti par une blessure au genou dans un accident de voiture, il avait tenté sa chance à la télévision au début des années ’60. Malgré quelques rôles assez mineurs dans des films tels que Angel Baby de Paul Wendkos, L’Espionne des Ardennes de Byron Haskin, Navajo Joe de Sergio Corbucci, Les Cent fusils de Tom Gries et Shark ! de Sam Fuller, Reynolds a dû attendre l’année 1972 pour s’imposer. La révélation au grand public s’était faite alors à la fois par le biais d’une photo très révélatrice dans le magazine Cosmopolitan et par son premier film majeur, Délivrance de John Boorman. Dès lors, il enchaînait les collaborations avec des réalisateurs de plus en plus prestigieux, tels que Woody Allen (Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe), Robert Aldrich (Plein la gueule et La Cité des dangers), Peter Bogdanovich (Enfin l’amour et Nickelodeon) et Stanley Donen (Les Aventuriers du Lucky Lady). En parallèle, il restait fidèle à l’image du charmeur dur à cuire dans des films comme Le Fauve de Buzz Kulik, Les Bootleggers de Joseph Sargent et WW Dixie de John G. Avildsen.


Alors qu’il avait réalisé son premier film en 1976, Gator – une expérience qu’il allait renouveler encore à trois reprises avec Suicidez-moi docteur, L’Anti-gang et Stick Le Justicier de Miami –, il a connu sa consécration commerciale l’année suivante grâce à la comédie Cours après moi shérif de Hal Needham. S’ensuivait la période la plus lucrative de sa carrière, avec des succès tels que Les Faux-durs de Michael Ritchie, La Fureur du danger, Tu fais pas le poids shérif et L’Équipée du Cannonball de Hal Needham, Merci d’avoir été ma femme de Alan J. Pakula et dans une moindre mesure Le Lion sort ses griffes de Don Siegel. L’étoile de Burt Reynolds allait baisser à partir des années ’80, à cause de films aussi peu séduisants que Les Meilleurs amis de Norman Jewison, L’As de cœur et Cannon Ball 2 de Hal Needham, Cours après moi shérif 3 de Dick Lowry, L’Homme à femmes de Blake Edwards, Haut les flingues de Richard Benjamin, Assistance à femme en danger de Jerry London, Scoop de Ted Kotcheff et Preuve à l’appui de Michael Crichton et en dépit de rares réussites comme La Cage aux poules de Colin Higgins.


La fin de la carrière de Burt Reynolds à partir des années ’90 n’aurait pu être qu’une suite de rôles sans envergure dans des téléfilms et des séries guère plus ambitieux, entrecoupée de films peu marquants tels que Un flic et demi de Henry Winkler, The Maddening de Danny Huston, Striptease de Andrew Bergman, Mad dogs de Larry Bishop ou des apparitions éclair dans The Player de Robert Altman, Citizen Ruth de Alexander Payne et Bean de Mel Smith. L’acteur était pourtant encore capable d’une interprétation magistrale, au sein de l’ensemble prestigieux de Boogie Nights de Paul Thomas Anderson, dans la peau du réalisateur de pornos Jack Horner. Ce rôle ne paraissait d’ailleurs pas lui plaire rétrospectivement, puisqu’il s’était débarrassé de son agent après le tournage. C’était donc pour Reynolds le retour à la case des productions sans âme, très nombreuses certes, quoique globalement dépourvues d’intérêt, à l’exception éventuelle de Driven de Renny Harlin, Jusqu’au cou de Steven Brill et Mi-temps au mitard de Peter Segal. Il aurait dû participer au nouveau film de Quentin Tarantino, Once Upon a Time in Hollywood, mais n’avait apparemment pas encore tourné ses scènes au moment de sa mort.


Burt Reynolds a été nommé à l’Oscar du Meilleur acteur dans un second rôle en 1998 pour Boogie Nights. Ce même rôle lui avait également valu le prix des trois associations principales de critiques américains, le New York Film Critics Circle, la National Society of Film Critics et les critiques de Los Angeles. Il avait été nommé à sept reprises aux Golden Globes et en avait gagné deux, pour la série « Evening Shade » en 1992 et pour Boogie Nights. En plus, il avait été nommé deux fois au prix de la Screen Actors Guild pour le même film, en tant que Meilleur acteur dans un second rôle et en tant que membre du Meilleur ensemble.

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