Décès de la monteuse Denise De Casabianca

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Du rififi chez les hommes © 1955 Raymond Bègue / Indusfilms / Société Nouvelle Pathé Cinéma / Primafilm / Gaumont
Tous droits réservés

La monteuse française Denise De Casabianca est décédée la semaine dernière. Elle était âgée de 89 ans. Sa mort a uniquement été annoncée par le biais d’un tweet de son syndicat, Les Monteurs associés, que l’on juge une source suffisamment fiable pour relayer cette triste nouvelle. Car au fil d’une carrière qui comprend une trentaine de films, Denise De Casabianca a tout de même collaboré avec quelques réalisateurs importants du cinéma français. Barbet Schroeder, bien sûr, à six reprises, mais également Jacques Rivette, Robert Enrico, Jean-Daniel Pollet, Jean Eustache, Patrice Chéreau et Raoul Ruiz.

La Religieuse © 1965 Studiocanal / SNC / Gladiator Films / Les Acacias Tous droits réservés

Après avoir été en 1955 l’assistante monteuse de Du rififi chez les hommes de Jules Dassin, Denise De Casabianca s’était fait la main jusqu’à la fin de la décennie sur des courts-métrages de futurs réalisateurs de renom, associés de près ou de loin à la Nouvelle Vague, comme Jacques Rivette (Le Coup du berger), Édouard Molinaro (Appelez le 17 et Philippe), Jacques Demy (Le Bel indifférent) et Alain Cavalier (L’Américain). En 1961, elle monte La Proie pour l’ombre de Alexandre Astruc, suivi du premier film de Jean Becker Un nommé La Rocca, ainsi que de Paris nous appartient de Jacques Rivette. Après un bref retour au court-métrage, notamment avec La Rivière du hibou – Palme d’or du Meilleur court-métrage en 1962 et Oscar dans la même catégorie deux ans plus tard – et Montagnes magiques de Robert Enrico et La Meule de René Allio, elle revient au long à travers Les Abysses de Nikos Papatakis, La Belle vie de Robert Enrico, Une balle au cœur de Jean-Daniel Pollet, La Religieuse de Jacques Rivette et L’Authentique procès de Carl-Emmanuel Jung de Marcel Hanoun.

More © 1969 Lester Waldman / Jet Films / Les Films du Losange Tous droits réservés

C’est en 1969 qu’elle fait équipe pour la première fois avec le réalisateur Barbet Schroeder sur More. Ce sont là les débuts d’une collaboration hautement fructueuse qui se poursuivra pendant quinze ans et cinq films supplémentaires : La Vallée, Général Idi Amin Dada Autoportrait, Maîtresse, Koko Le Gorille qui parle et Tricheurs. Sans oublier les trois courts-métrages Sing Sing, Maquillages et Le Cochon aux patates douces.

Le Temps retrouvé © 1999 Eric Caro / Gemini Films / Les Films du Lendemain / France 2 Cinéma / Alfama Films
Tous droits réservés

En parallèle, elle avait eu le temps de monter des films aussi majeurs que Out 1 Spectre de Jacques Rivette, La Maman et la putain de Jean Eustache – Grand Prix au Festival de Cannes en 1973 –, Le Vent des amoureux de Albert Lamorisse, Le Retour de Martin Guerre de Daniel Vigne, L’Homme blessé de Patrice Chéreau, Pékin Central et Après la pluie de Camille De Casabianca, L’Autre nuit de Jean-Pierre Limosin, Les Deux Fragonard et L’Année Juliette de Philippe Le Guay, Fado majeur et mineur et Le Temps retrouvé de Raoul Ruiz, ainsi que Salut cousin de Merzak Allouache.

L’Homme blessé © 1983 Renn Productions / Oliane Productions / France 3 Cinéma / Gaumont / Studiocanal
Tous droits réservés

Denise De Casabianca a été nommée au César du Meilleur montage en 1984 pour L’Homme blessé. Elle a été mariée au réalisateur Alain Cavalier (Être vivant et le savoir) et elle est la mère de la réalisatrice Camille De Casabianca (Ça marche !?).

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