De retour en salles au mois de mars 2024

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Le Voyeur © 1960 Norman Gryspeerdt / The Michael Powell Theatre / Studiocanal / Les Acacias Tous droits réservés

Au mois de mars, les beaux jours sont censés revenir. Et avec cet éveil printanier, l’envie de sortir. Si vous espérez fréquenter en abondance les salles de répertoire en ces quatre semaines à venir jusqu’au week-end de Pâques, vous risquerez par contre d’être un peu déçus. Car le programme des ressorties de ce troisième mois de l’année 2024 s’avère assez rachitique, pour rester poli. Moins de dix films tenteront de ravir de nouveau, voire pour la première fois un public de cinéphiles nostalgiques. Peut-être, ceux-ci feront-ils mieux de se rabattre sur le Festival « Toute la mémoire du monde », renommé Festival de la Cinémathèque, qui aura lieu du mercredi 13 au dimanche 17 mars à Paris.

Heureusement qu’il y a la trilogie des thrillers sanglants qui avaient fait la réputation du réalisateur sud-coréen Park Chan-wook au début du siècle ! Car sinon, le programme de reprises de ce mois est ponctué très modestement de découvertes … qui restent à être découvertes. Ainsi que de deux classiques incontournables, quoique pas non plus absents de nos grands écrans depuis des décennies. Inutile donc de vous dresser la liste des grands maîtres qu’il s’agit de faire apprécier par une nouvelle génération de spectateurs, puisqu’elle se résume à Michael Powell et Akira Kurosawa. L’heure est davantage à l’apprentissage de nouveaux noms, restés trop longtemps dans l’obscurité des archives, tels que Kôzaburô Yoshimura et Mohammad Reza Aslani.

Sympathy for Mr. Vengeance © 2002 CJ Entertainment / Metropolitan Filmexport Tous droits réservés

Près d’un quart de siècle après son premier film, le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook (* 1963) demeure au centre des attentions du cinéma mondial. Ce qui revient à dire qu’il a brillamment transformé l’essai de sa trilogie initiale, qui ressortira dès mercredi prochain grâce à Metropolitan Filmexport. Des œuvres plus récentes comme Mademoiselle et Decision to Leave, tous deux passés par la case de la compétition cannoise avec un succès variable, le deuxième ayant valu le Prix de la Mise en scène à son réalisateur en 2022, continuent de placer Park Chan-wook parmi les cinéastes à suivre de près.

Sur la Croisette, il avait de même marqué les esprits avec Thirst Ceci est mon sang, le Prix du jury quelque peu controversé en 2009. Au moment de la sortie de ce conte sanguinolent de vampires en France, fin septembre 2009, avait eu lieu la dernière rétrospective d’envergure du réalisateur dans les salles de cinéma commerciales.

C’est dire l’impatience de ses fans de revoir enfin ses trois premiers chefs-d’œuvre sur grand écran. Dans de splendides copies restaurées en 4K, s’il vous plaît. Six ans après la sortie très tardive du premier film majeur de Park Chan-wook, JSA Joint Security Area, vous aurez donc l’occasion de vous replonger dans les origines d’une filmographie foisonnante. En effet, les trois thrillers à la violence exacerbée Sympathy for Mr. Vengeance, Old Boy – Grand Prix au Festival de Cannes en 2004 – et Lady Vengeance ont de quoi subjuguer jusqu’à aujourd’hui grâce à leur style flamboyant, presque baroque. Et faute d’autres cycles d’ici celui consacré au réalisateur hongkongais Stanley Kwan le 10 avril prochain, vous aurez amplement le temps de vous en rassasier !

Rivière de nuit © 1956 Daiei Studios Kyoto / Kadokawa Corporation / Carlotta Films Tous droits réservés

Depuis plus de vingt-cinq ans l’une des valeurs sûres du marché des ressorties en France, le distributeur Carlotta Films joue ce mois-ci la carte des inédits. Ce qui n’est pas pour nous déplaire, tant l’agenda des reprises peut avoir tendance à se suivre et se ressembler. Dès mercredi prochain, on pourra donc partir à la découverte d’un drame romantique japonais des années 1950, Rivière de nuit de Kôzaburô Yoshimura avec Fujiko Yamamoto, l’actrice vue plutôt récemment dans la reprise en juin 2021 de La Vengeance d’un acteur de Kon Ichikawa. Puis le dernier mercredi du mois, le 27 mars, ce sera au tour de La Flamme verte de Mohammad Reza Aslani. C’est un drame iranien produit en 2008 et le deuxième film du réalisateur à être soumis à la soif de découverte des spectateurs français, après L’Échiquier du vent ressorti en août 2021.

Les quatre films restants sont à répartir plutôt facilement. D’un côté, il y a deux classiques indiscutables de l’Histoire du cinéma : Le Voyeur de Michael Powell, mal aimé lors de sa sortie en 1960 et depuis adulé entre autres par Martin Scorsese comme l’un des films d’horreur à l’esprit le plus retors, et Dersou Ouzala de Akira Kurosawa, Oscar du Meilleur Film étranger en 1976 et un conte écologique tourné bien longtemps avant que pareil engagement ne soit à la mode. Ils ressortiront le même jour, le 13 mars, respectivement chez Les Acacias et Splendor Films. Or, la dernière reprise ne remonte qu’à moins de six ans pour le Powell, tandis que le Kurosawa était resté invisible dans de bonnes conditions depuis une vingtaine d’années.

Et de l’autre, deux drames d’enfants qui n’avaient guère su s’imposer lors de leurs sorties initiales, l’espagnol El bola de Achero Mañas en avril 2003 et l’italien Rouge comme le ciel de Cristiano Bortone en octobre 2010. Néanmoins par leurs thématiques dans l’air du temps, la violence conjugale pour l’un et le handicap pour l’autre, ils justifient tant soit peu leur second passage sur les écrans de cinéma. Ce sera le 13 mars chez Les Films du Whippet pour le premier et la semaine suivante chez Les Films du Préau pour le deuxième.

Dersou Ouzala © 1975 Daiei Studios / Mosfilm / Splendor Films Tous droits réservés

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