Critique : Pixels

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pixels affiche

Etats-Unis, 2015
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario : Timothy Dowling, Tim Herlihy, , d’après le court-métrage de
Acteurs : Adam Sandler, Michelle Monaghan, Kevin James
Distribution : Sony Pictures France
Durée : 1h44
Genre : Comédie
Date de sortie : 19 décembre 1969

Note : 2,5/5

En 2010, le français Patrick Jean réalise un court métrage dénommé Pixels où des créatures sorties de jeux vidéos s’échappaient d’un poste de télévision et envahissaient les rues de New York, détruisant tout sur leur passage. Pac-Man et les Space Invaders pixelisent tout ce qu’ils touchent quand les formes géométriques de Tetris s’encastrent dans des immeubles pour les détruire comme dans le jeu. Arkanoid et ses balles rebondissent contre le pont de Brooklyn, Donkey Kong jette ses tonneaux du haut de l’Empire State Building en hommage au King (Kong, pas Elvis…). Après cet essai ludique de deux minutes et des pixels des poussières, Hollywood s’en empare pour un film de (pas) super-héros.

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Synopsis : Une menace plane dans le ciel… Des extraterrestres ont trouvé une vidéo réunissant des jeux d’Arcade des années 80 envoyée dans l’espace. Interprétant ces images comme une déclaration de guerre, cette race inconnue envoie des répliques de ces héros pixelisés pour combattre la Terre. Le seul espoir de la planète bleue ? Des anciens champions de ces jeux, Sam Brenner, Will Cooper devenu président des Etats-Unis, Ludlow Lamonsoff et le teigneux Eddie Plant qui vont devoir sauver la Terre pour de vrai, cette fois, aidés de la (jolie) lieutenant-colonel Violet Van Patten…

Michelle Monaghan, Adam Sandler, Josh Gad et Peter Dinklage
Michelle Monaghan, Adam Sandler, Josh Gad et Peter Dinklage et ci-dessous Sandler avec Matthew Lintz

Pixels 04 Adam Sandler Matthew Lintz

Pourquoi Adam Sandler ?

Blague ou vérité (on penche quand même pour la première réponse, quoique..), les ayant-droits du court auraient choisi les producteurs de Happy Madison pour l’adapter en long sous le prétexte que des jeux d’Arcade se trouvent à l’entrée de leurs bureaux. Ils auraient peut-être du s’intéresser plutôt à la filmographie de son représentant le plus connu, le producteur et surtout acteur… Adam Sandler. Comment peut-on sainement choisir celui dont la carrière est riche en navets impersonnels, vulgaires, tristement moraux et rarement drôles (ce qui en soi ne serait pas si dramatique si ses films n’étaient pas supposés être des comédies) ? Plus sérieusement, Patrick Jean se réjouissait de ce choix car il adore les films de Sandler (sérieux ? je préfère l’autre explication), le trouve parfait pour être la tête d’affiche du projet (admettons, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise genre – ne parlons pas de Punch-drunk love signé tout de même Paul Thomas Anderson -) et enfin car avec son accord, le film allait bien être tourné. Ça en fait de belles motivations pour travailler avec celui qui se perd dans son éternel emploi de chien battu qu’il ne cherche plus à renouveler…

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Chris Columbus, solide artisan

Pourtant malgré un a priori inquiétant et s’il n’atteint pas le niveau qu’il visait (un équivalent contemporain de S.O.S Fantômes), le résultat est moins décevant que ce l’on pouvait le craindre ou ce qui est exprimé dans la majorité des critiques. Le choix d’engager Chris Columbus à la réalisation n’y est probablement pas pour rien. Solide artisan du cinéma de divertissement à qui l’on doit , Maman, j’ai raté l’avion! et sa suite, Ta mère ou moi !, Madame Doubtfire, les deux premiers Harry Potter (à l’école des sorciers, la chambre des secrets), il n’a certes pas une filmographie parfaite (y compris dans ces exemples) mais n’est pas l’un de ces réalisateurs fantômes ( WTF) qui dirigent habituellement les productions Happy Madison. Sa mise en scène est soignée, les effets spéciaux sont de bonne qualité, les modes d’emploi des jeux étant respectée (Pac Man, Tetris par exemple) et sur cette partie technique, le long est relativement fidèle au court. La narration est plutôt énergique et fluide, même si le scénario ne peut s’empêcher de glisser sa petite morale familiale et ses blagues lourdingues, ces dernières étant tout de même bien plus rares qu’à l’accoutumée.

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De la distribution se détache notamment Peter Dinklage, Hannibal Lecter du jeu vidéo qui joue avec énormité et surtout l’absence (étonnant pour une production Adam Sandler) de Rob «Beurk» (pardon «Animal») Schneider et ça, c’est un superbe cadeau. Kevin James en président de la République improbable (comment a-t-il pu se faire élire ???) à l’intellect aussi développé que celui de George W.Bush (je retire la précédente question) est moins infréquentable qu’à l’habitude et partage plutôt bien avec Sandler l’emploi du clown blanc et de l’auguste, permettant à chacun d’entre eux d’être plutôt efficace, ce qui ne leur était pas arrivé depuis… depuis… Un ange passe…

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Bonne exposition mais seconds rôles sacrifiés

L’exposition, point fort de Columbus dans l’écriture (on lui doit tout de même encore , et Le Secret de la pyramide) même s’il n’est pas scénariste ici, prend soin de nous présenter les protagonistes et les contextes de l’intrigue, d’abord dans le passé (1982) où démarre l’action avec ce concours qui voit s’affronter le quatuor de personnages qui seront les héros de la partie contemporaine et les seuls qui trouveront comment s’opposer à leurs adversaires venus d’ailleurs. Le réalisateur a débuté à cette période et sait comment en recréer l’ambiance, les décors et les costumes et un certain rythme qui semble n’appartenir, dans la case de la comédie d’action, qu’aux films des années 80.

La distribution réunit par ailleurs Dan Aykroyd en maître de cérémonie façon John Astin dans West Side Story et si le rôle est bref, il est toujours plaisant d’avoir de ses nouvelles, tout comme de , grande dame du théâtre anglais, qui fait une toute aussi brève apparition et dont on se demande ce qu’elle vient faire là chez Adam Sandler pour donner la réplique à Kevin James. Elle a cette réplique cryptique en VO : «from Land’s End to John o’ Groats», une expression qui désigne la pointe sud de la Grande-Bretagne (Land’s End) à son extrémité nord en Ecosse (John o’ Groats). Ce n’était probablement pas dans le script d’origine ! Sean Bean et sont des militaires insuffisamment esquissés et à l’abattage comique généralement épique comme l’ont prouvé ses rôles dans les séries Ally Mc Beal et 30 Rock est gâchée en épouse quasiment muette du président, à la limite de la figuration. Matt Frewer double à nouveau, le temps de quelques secondes, le personnage emblématique de Max Headroom. Ce qui épuise sont les blagues typiques du «cinéma» de Sandler auxquelles on n’échappe pas, comme la blague déjà datée où Dinklage veut se taper la joueuse de tennis Serena Williams et l’experte culinaire TV . En quoi c’est drôle ? Ou même strictement fonctionnel ?

Serena Williams et Peter Dinklage
Serena Williams et Peter Dinklage

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Conclusion

Plus que l’adaptation d’un court-métrage ou le nouveau film avec Adam Sandler, Pixels marque (avec son lot de réserves) le retour de Chris Columbus pour un divertissement qui à défaut de séduire autant que le projet pouvait le laisser espérer, a le mérite de fonctionner suffisamment pour ne pas nous donner l’impression de perdre notre temps. Il eut fallu un peu plus de folie et des personnages secondaires plus soignés pour n’être autre chose qu’un petit film qui s’oubliera hélas très vite mais qui ne mérite tout de même pas autant de haine qu’un Quand Chuck rencontre Larry, Le Mytho ou un Jack et Julie (triple brrr…).
Pour le plaisir ci-dessous, le Pixels version courte


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