Critiques de films Drame — 26 décembre 2018
Critique : L’amour debout

L’amour debout

France : 2018
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Michaël Dacheux
Interprètes : , , ,
Distribution :
Durée : 1h25
Genre : drame
Date de sortie : 30 janvier 2019

3.5/5

Originaire des Landes, le quadragénaire Michaël Dacheux a connu la « montée » à Paris, l’arrivée dans le milieu du cinéma, en fait un peu tout ce qu’il raconte dans L’amour debout, son premier et très prometteur long métrage. Un film qui faisait partie de la sélection ACID au dernier Festival de Cannes.

Synopsis : Martin, dans un dernier espoir, vient retrouver Léa à Paris. Ils ont tous deux vingt-cinq ans et ont vécu ensemble leur première histoire d’amour. Désormais, chacun s’emploie, vaille que vaille, à construire sa vie d’adulte.

Les hasards de la vie

Martin et Léa se sont aimés. A Toulouse. Ils se sont séparés. Ils ont 25 ans. Léa a été la première à venir s’installer à Paris où elle travaille comme guide touristique. Martin a décidé de la suivre, sans trop savoir lui-même si son objectif principal est de recoller les morceaux avec Léa ou, ayant « fait » une école de cinéma à Toulouse et désireux de réaliser un film, de s’introduire dans le milieu du cinéma de la capitale. Toutefois, ce sont les hasards de la vie et des rencontres qui vont façonner pour eux leur cheminement vers la maturité. Il y a d’abord les conditions économiques qui obligent Martin à squatter chez des amis et Léa à partager une location avec Alicia, une hôtesse de l’air. Il y a la rencontre de Léa avec Jicé, un compositeur de musique plus âgé qu’elle et qui vit sur une péniche. Il y a, pour Martin, la découverte de plus en plus nette qu’il est attiré par les hommes, quand bien même, tout au moins au début, une relation homosexuelle, qu’il considère comme honteuse, ne peut être pour lui que furtive. Par exemple en prenant une douche en commun. D’où le titre du film, L’amour debout.

Eric Rohmer, une parenté évidente

Ce n’est pas dans n’importe quelle famille du cinéma français que Michaël Dacheux vient mettre ses pas : il s’agit de celle qu’on a coutume d’appeler La Nouvelle Vague et, parmi les réalisateurs rattachés à cette famille, l’influence la plus évidente est celle d’Eric Rohmer, en particulier dans sa  période des Contes des quatre saisons : dans le jeu des comédiens, dans le récit du film, dans ce parcours initiatique de Léa et de Martin, avec les atermoiements amoureux de ces deux jeunes adultes et les difficultés rencontrées pour trouver leur place dans la société. Ce n’est sans doute pas un hasard, mais plutôt un clin d’œil, si L’amour debout se déroule justement sur quatre saisons ! Toutefois, on ne peut manquer de penser aussi à Jean Eustache, avec la séquence du film où Martin va assister à une projection de La maman et la putain à la Cinémathèque, une projection présentée par Frédéric Bonnaud en présence de , le Directeur de la photographie du film, et de , l’actrice principale.

Pas de casting !

Michaël Dacheux ne s’en cache pas : il n’aime pas les castings, il n’aime pas le fait de continuer à chercher alors qu’il a déjà approché une personne intéressante pour un rôle. En fait, il avait des personnes en tête, il leur a demandé si elles acceptaient de tourner avec lui, elles ont dit oui ! Simple. Et efficace, car les comédiens et les comédiennes qu’on retrouve dans L’amour debout ont tous le ton qu’on attendait dans un tel film, juste à la limite du faux, faux à la limite du juste. Si Paul Delbreil (Martin), Adèle Csech (Léa), Pascal Cervo et Françoise Lebrun sont des acteurs professionnels, il n’en est pas de même du reste de la distribution. Curiosité du film : ils ont dans le film la même occupation professionnelle que dans la vie. C’est ainsi que Shirley Mirande qui interprète le rôle d’Alicia, la colocataire de Léa, est vraiment hôtesse de l’air et Jean-Christophe Marti, qui interprète le rôle de Jicé, vraiment compositeur de musique.

Conclusion

Pour son premier long métrage, Michaël Dacheux a fait le choix de se positionner parmi les descendants de la Nouvelle Vague et, plus particulièrement, de Eric Rohmer. On retrouve chez lui, non sans une certaine émotion, le charme absolument pas démodé de ces histoires dont la profondeur se cache derrière une apparente légèreté. Après ce premier film réussi, on suivra attentivement la carrière de Michaël Dacheux.

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles