Critique : Jubilée (Derek Jarman)

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Jubilée

Angleterre,
Titre original : 
Réalisateur :
Scénario : Derek Jarman
Acteurs : Nell Campbell, Jenny Runacre
Distribution :
Durée : 1h46
Genre : Drame, Comédie, Fantastique
Date de sortie : 1 février 1978

3,5/5

Ce mercredi sort dans un coffret DVD ainsi qu’en salle, un hommage à Derek Jarman. Cinéaste anglais, figure punk, anarchiste et militant LGBT, il aura entre autres révélé aux yeux de tous. Ce sont quatre de ses films que vous pouvez (re)découvrir : Last of England, Sebastiane, La tempête, et enfin Jubilée, son deuxième film. 

Synopsis : La reine Élisabeth 1ère est envoyée dans le futur par l’occultiste John Dee. Elle débarque dans l’Angleterre tumultueuse de la fin des années 1970. Elle évolue dans le décor d’une ville en pleine décadence sociale et matérielle, en observant les agissements d’une bande de nihilistes, Amyl Nitrate, Bod, Chaos, Crabs et Mad.

Punk is not dead

Sans connaître Derek Jarman, on pourrait s’attendre dès les premières minutes du film à voir un long-métrage plus ou moins équivalent à Les visiteurs version punk. Dans des décors minimalistes, avec des acteurs au jeu théâtral, on retrouve en effet Elizabeth Ière et deux valets. Ces derniers vont voir le futur de l’Angleterre, soit un futur proche pour les spectateurs de 1978 (et peut être pour nous aussi finalement ?). Une Angleterre post-Thatcher, où inflation et chômage ne cessent de grimper. On y suit groupe de punks, certains aussi violents que les droogs d’Orange mécanique, mais tous aussi attachants que barrés, qui s’amusent parfois à tuer, ou à ré-écrire l’Histoire, le tout dans une orgie visuelle de couleurs. Il faut dire qu’esthétiquement le film réussit ce qu’il entreprend : mettre en image le mouvement punk naissant. Outre les couleurs qui explosent l’écran et les vêtements jetés anarchiquement sur le corps des acteurs et actrices, l’équipe du film elle-même se veut punk. Derrière la caméra, pros et amateurs se côtoient, tandis que devant, les acteurs ont été repérés lors de divers concerts punks avant que ne commence le tournage. Le film, qui est une fiction, se situant dans un avenir proche, devait d’ailleurs au départ être un documentaire sur ce mouvement naissant. Au final, Jubilée est certes une fiction, mais c’est avant tout un film qu’on sent sortir des tripes de son réalisateur et de l’équipe qui l’entoure. La réception du long-métrage fut d’ailleurs totalement en accord avec l’esprit dans lequel il est né : certains criaient au chef-d’œuvre, d’autres à la trahison de l’esprit punk, tandis que l’Eglise fut outrée. Il faut dire qu’une église transformée en boîte de nuit gay, dans laquelle on croise un sosie d’Hitler, n’a pas dû ravir tout le monde !

A propos du DVD

Comme expliqué en intro, ce mercredi sont ressortis quatre films de Derek Jarman, à la fois en salles et en vidéo.

Les films sont accompagnés d’une lettre ouverte de Tilda Swinton (qui a été la muse du réalisateur pour ses derniers films) ainsi que de livrets de 16 pages revenant sur les films en question, à travers des analyses, des interviews de proches ou du cinéaste lui-même. Si côté bonus rien n’est proposé, le DVD de Jubilée propose cependant une image très agréable, granuleuse comme il le faut, sans défaut majeur à soulever.

 

 

Conclusion

Malgré la sortie pléthorique de films ce week-end, on ne saurait que vous conseiller de vous pencher sur ce Jubilée. Témoin de son temps, film de bouts de ficelles qui pour autant ne cesse jamais d’être inventif,  il est intéressant de le mettre en parallèle avec le tout aussi punk How to talk to girls at parties, présenté hors compétition à Cannes, qui sort fin décembre. Deux visions différentes d’une même époque, qui se rejoignent sur un au moins point : une inventivité sans faille à chaque plan !

https://www.youtube.com/watch?v=V3p_aJhUQMw

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