Critique : Eragon

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eragon affiche

France, 2015
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario : , d’après l’oeuvre de
Acteurs : , , , John Malkovich
Distribution : Twentieth Century Fox France
Durée : 1h45
Genre : Fantastique
Date de sortie : 20 décembre 2006

Note : 2/5

La littérature demeure une source d’inspiration pour les cinéastes qui ont su, avec plus ou moins de succès, donner vie à des personnages emblématiques (Scarlett O’Hara, Harry Potter…) et à leurs acolytes. Ces dernières années, c’est l’ qui tire le mieux son épingle du jeu. Puisant dans la mythologie, ce genre littéraire permet au public de voyager au gré d’aventures palpitantes dans des contrées fictives. Si les avancées technologiques rendent les effets visuels plus attractifs ce n’est pas toujours vrai pour le récit en lui-même. Tel est le cas pour le roman de Christopher Paolini, Eragon, qui est passé du best-seller international à l’une des pires adaptations cinématographiques.

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Synopsis : Sur les terres d’Alagaësia, un jeune fermier prénommé Eragon (Ed Speleers) voit son destin basculé lors d’une partie de chasse par l’apparition d’une pierre bleutée. Quelle n’est pas sa surprise lorsque sa trouvaille se révèle être un œuf de dragon ! La naissance de Saphira, sa dragonne, fait naître un nouvel espoir de paix, de prospérité et de justice chez les différents peuples de cette contrée dominée par le tyrannique roi Galbatorix (John Malkovich). Épaulé et guidé par Brom (Jeremy Irons), un mystérieux conteur plein de ressources, Eragon débute son apprentissage de Dragonnier pour sauver le Royaume.

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Un récit cousu de fil blanc et d’une banalité extrême

Ce film devait être une super production de la Twentieth Century Fox mais n’a pas su répondre aux attentes du public et particulièrement à celles des adeptes de cette saga composée de quatre tomes. Ce long-métrage néglige beaucoup trop de points principaux de l’intrigue de base. Certes, une adaptation nécessite de faire des choix, mais ici les scénaristes ont opté pour un récit cousu de fil blanc et d’une banalité extrême sans tenir compte des aspects les plus significatifs de l’histoire. Au vu du résultat, on peut se demander si Christopher Paolini a été une seule fois consulté ou si l’équipe du film a lu le roman parce que si c’est le cas, nous n’avons pas lu le même.

Les personnages sont trop stéréotypés et manquent d’originalité, comme notre jeune héros qui n’a pas choisi son destin et tombe facilement dans des pièges trop prévisibles, un maître plus âgé qui porte sur ses épaules le poids d’un lourd passé, des peuples vivants une période trouble à cause d’un roi assoiffé de pouvoir dont le plus fidèle serviteur, Durza (), est un adepte de la magie noire. Et n’oublions pas la belle princesse à sauver qui combattra aux côtés du héros lors de la bataille finale… Rassembler un casting avec des pointures telles que Jeremy Irons, John Malkovich ou d’autres n’est malheureusement pas suffisant pour réaliser un bon film. Si leurs interprétations pallient à quelques carences du scénario, elles ne le rendent pas meilleur d’un point de vue narratif. La partie technique n’apporte rien de nouveau puisque l’on retrouve des scènes typiques de ce genre cinématographique comme les plans d’ensemble descriptifs d’étendues sauvages traversées au galop. Il en va de même des répliques, la redondance des punchlines causant un rire nerveux.

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Une dragonne plus vraie que nature

Eragon est l’unique film réalisé par Stefen Fangmeier, ce qui est compréhensible puisqu’on ne s’improvise pas réalisateur ! En effet, il est superviseur des effets visuels de métier et dans son domaine, c’est un maître ! La dragonne est plus vraie que nature (et n’a rien à envier aux dragons de ). L’animal devient un personnage à part entière grâce à la voix de . De plus, la scène du premier vol d’Eragon sur Saphira vaut le détour ! Son originalité tient dans la vision thermique, spécifique à certains reptiles (le serpent) et que le dragon posséderait. Une formule magique permet au Dragonnier lui-même d’acquérir cette vision pour nous en faire profiter par une prise de vue de caméra subjective forte. Notons également l’efficacité de la bataille finale, particulièrement soignée visuellement surtout lors du duel entre Eragon et Durza.

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Conclusion

Un long métrage décevant qui n’a pas su retranscrire toute la singularité du roman, même s’il suit parfaitement les principales étapes du schéma narratif archétypal «du voyage du héros» selon la théorie du monomythe de Joseph Campbell (Le Héros aux Milles et Un Visages). Un film qui met en avant seulement la beauté artistique, technique et esthétique. Un conseil : laissez Christopher Paolini vous conter lui-même les aventures d’Eragon, un fermier devenu Dragonnier, vous en ressortirez métamorphosé.

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