Comédie Critiques de films Non classé — 11 décembre 2016
Critique : Cigarettes et chocolat chaud


cigarettes-et-chocolat-chaud-afficheFrance : 2016
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Sophie Reine,
Acteurs : , , ,
Distribution :
Durée : 1h38
Genre : Comédie
Date de sortie : 14 décembre 2016

2/5

Monteuse jouissant d’une très bonne réputation, Sophie Reine s’est inspirée de sa propre jeunesse pour Cigarettes et chocolat chaud, son premier film en tant que réalisatrice. Un film aux accents libertaires qui lorgne également du côté de Little Miss Sunshine et de Captain Fantastic.

Synopsis : Denis Patar est un père aimant mais débordé qui se débat seul avec l’éducation de ses filles, Janine 13 ans et Mercredi 9 ans, deux boulots et une bonne dose de système D. Un soir Denis oublie, une fois de trop, Mercredi à la sortie de l’école. Une enquêtrice sociale passe alors le quotidien de la famille Patar à la loupe et oblige Denis à un « stage de parentalité ». Désormais les Patar vont devoir rentrer dans le rang…

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Une éducation en dehors des clous

C’est dans les années 80, en manifestant contre la loi Devaquet, que Denis Patar et Caroline se sont rencontrés alors qu’ils étaient encore très jeunes et puis, plus tard, ils sont tombés amoureux l’un de l’autre. Ces deux fans de David Bowie ont eu deux filles, qu’ils ont très naturellement prénommées Janine, titre d’une chanson du chanteur, et Mercredi, Bowie étant né un mercredi. Puis Caroline est morte et Denis a eu en charge, seul, l’éducation de Janine et de Mercredi, lesquelles sont âgées respectivement de 13 et de 9 ans lorsque le film nous permet de faire leur connaissance. Cette éducation, il la veut libre et en dehors des normes, cherchant à protéger Janine et Mercredi d’un monde « où les mamans et les cochons d’Inde meurent sans prévenir » et lui préférant un monde déconnecté au maximum de la dure réalité, un monde « où des lapins trop mignons font caca des Dragibus ». Cela se traduit par le port de chaussettes dépareillées, des repas très loin d’être équilibrés, mais aussi, pour Denis, par de fréquents retards, voire des oublis, pour aller chercher Mercredi à l’école et par de fréquentes convocations au commissariat de police suite à des chapardages dans des magasins. Ce qui devait arriver va finir par arriver : un signalement auprès de la cellule de recueil de l’information préoccupante et voilà Séverine, une assistante sociale envoyée par la Protection maternelle et infantile, qui débarque chez les Patar. Très vite, Denis se voit contraint de suivre un stage de soutien à la paternité afin de développer ses compétences de parent. Ce stage, c’est Séverine qui le mène et, en ce qui la concerne, beaucoup moins vite, elle va tomber sous le charme de cette famille atypique, la rigidité dont elle faisait preuve au départ s’assouplissant petit à petit.

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On regrette certains choix

Voici un film dont le titre, Cigarettes et chocolat chaud, a été inspiré à la réalisatrice par une chanson du chanteur canadien Rufus Wainwright,  « Cigarettes and chocolate milk », une chanson qui parle d’un homme qui ne demande qu’une chose : être accepté tel qu’il est, avec toutes ses manies et ses imperfections. Cet homme, dans le film, c’est bien sûr Denis et le plonger dans une histoire dans laquelle il allait rechercher cette acceptation était un bon point de départ pour un scénario. En faire un veuf devant assumer seul l’éducation de deux fillettes de 13 et 9 ans était également une bonne idée. Par contre, faire de Janine, l’aînée, une adolescente sujette au syndrome de Gilles de la Tourette, était-ce une bonne idée ? Faire de Mercredi une passionnée de catch, était-ce une bonne idée ? En fait, ces deux choix obligent les spectateurs à devoir supporter des scènes qu’on peut qualifier d’hystériques et qui apportent un lourd handicap au jugement qu’on peut porter sur le film. On regrette de ne pas avoir vu un film dans lequel Janine et Mercredi auraient  été tout bêtement deux chipies de 13 et 9 ans, simplement chapardeuses et bagarreuses. On le regrette d’autant plus que Gustave Kerven, l’interprète du rôle de Denis, et Camille Cottin, interprète de celui de Séverine, sont tous les deux excellents, d’autant plus que surgissent régulièrement de bonnes idées, telle cette réponse apportée par Mercredi quand on lui demande pourquoi sa sœur et elle appellent leur père par son prénom, Denis : si on lui disait « papa », tout de suite après on penserait « maman » ! On le regrette d’autant plus que ce film qui tombe trop souvent dans des clichés dignes de téléfilms très ordinaires, aurait pu, aurait dû être tout du long un bon film de cinéma, mêlant de la tendresse, de la drôlerie et de l’émotion à un plaidoyer pour le droit à la différence accompagné de sympathiques accents libertaires.

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Pour son premier long métrage, Sophie Reine aurait pu, sur le sujet qu’elle a choisi, se contenter de faire un film qui soit à la fois tendre, drôle et émouvant. Malheureusement, elle a décidé de charger la barque, en exagérant inutilement certaines scènes et, surtout, en faisant des deux fillettes des personnages dont le comportement ne peut que donner naissance à des scènes donnant dans l’hystérie.

 

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles