Critiques de films Drame — 21 janvier 2012
Critique : Cheval de guerre

Cheval de guerre film

USA : 2010
Titre original :
Réalisateur :
Scénario : ,
Acteurs : Jeremy Irvine,
Distribution : The Walt Disney Company France
Durée : 2h27
Genre : Guerre, Drame
Date de sortie : 22 février 2012

4/5

Steven Spielberg délaisse Tintin pour se consacrer à une toute autre aventure, celle d’un impétueux cheval parcourant la Première Guerre Mondiale. Une histoire pleine de rebondissements et d’émotion pour petits et grands à voir absolument !

Synopsis : À la veille de la Première Guerre mondiale, le jeune Albert mène une existence paisible dans une ferme anglaise avec son cheval, Joey, qu’il adore. Mais le père d’Albert décide de vendre Joey à la cavalerie britannique, et le cheval se retrouve bientôt sur le front français. L’animal entame alors une extraordinaire aventure en plein conflit. En dépit des obstacles qu’il rencontre à chaque pas, Joey va changer la vie de ceux dont il croise la route. Incapable d’oublier son ami, Albert quitte la ferme et rejoint à son tour le champ de bataille dans l’espoir de retrouver son cheval et de le ramener chez lui.

Cheval de guerre

Alors que Les Aventures de Tintin a sévèrement cartonné au box-office, prouvant que Spielberg peut revenir au bon vieux film d’aventures tout en utilisant à la perfection les nouvelles technologies, le revoici aux commandes d’un nouveau drame sous fond de guerre. Comme il a l’habitude de faire depuis 1989, le réalisateur américain alterne souvent entre grosses machines hollywoodiennes et films plus intimistes. Il avait déjà mis en scène en même temps que , Minority Report en même temps qu’ ou encore en même temps que . Inépuisable, il revient encore aujourd’hui avec l’adaptation du roman pour enfants Cheval de guerre de Michael Morpurgo.

Premiers pas dans la Première Guerre Mondiale

Grand habitué des films de guerre et en particulier de la Seconde Guerre Mondiale (La Liste de Schindler, Il faut sauver le soldat Ryan, la série Band of Brothers), Spielberg ne s’était pourtant jamais penché sur la Première. Le long-métrage étant principalement placé du point de vue de personnages britanniques, c’est l’occasion pour le metteur en scène de s’y atteler. L’interprétation est donc anglaise et par ailleurs brillante, les nombreux protagonistes, dirigés comme il se doit, donnent le meilleur d’eux-mêmes, que ce soit les confirmés Peter Mullan, et ou les nouveaux rookies plein d’avenir Tom Hiddleson (Loki dans Thor), Benedict Cumberbatch (Sherlock Holmes dans la nouvelle série éponyme), Toby Kebbell (RockNRolla) et surtout le jeune Jeremy Irvine, véritable révélation sincère et émouvante.

Se joignent également au casting l’excellent Niels Arestrup qui s’échappe alors de nos contrées pour rejoindre l’Amérique ainsi qu’une ribambelle de jeunes acteurs tous aussi excellents les uns que les autres, campant divers personnages variés et attachants malgré leurs présences à l’écran parfois très amoindri. L’histoire de Cheval de guerre est en soi simple : un cheval plus intelligent que la normale, nommé Joey par son premier (enfin son deuxième) propriétaire, va traverser la tumultueuse Guerre Mondiale à peine déclarée et passer de maître en maître au fil de son incroyable aventure, devenant tour à tour monture pour un capitaine anglais, cheval-ambulancier pour les Allemands ou encore bijou de collection pour une jeune française. L’histoire, naïve et quelque peu exagérée mais profondément sincère, nous bouleverse du début à la fin, alternant entre différentes scénettes toutes liées les unes aux autres jusqu’à ce que se boucle la boucle.

Cheval de guerre de Steven Spielberg

Une réussite en tous points

Certes un peu long (le film aurait pu aisément se passer de quelques séquences avec une petite pirouette scénaristique), Cheval de guerre n’en demeure pas moins fabuleux, avec ce qu’il faut d’humour, d’action et surtout d’émotion pour rassasier petits et grands. Et si de grands réalisateurs auraient très bien pu faire l’affaire derrière la caméra (Edward Zwick pour ne citer que lui), il faut admettre que Spielberg arrive à clairement s’imposer et à faire de cette histoire une véritable fresque puissante et bien menée. Visuellement, le réalisateur nous en met plein la vue : quand il filme le labourage d’un champ, il nous immerge totalement dans ladite tâche. Lorsqu’une attaque équestre de soldats anglais fonce vers l’ennemi, c’est à leurs côtés que le spectateur se retrouve bloqué. Et lorsque Spielberg nous entraîne dans un violent affrontement au cœur de la Bataille d’Amiens , c’est dans les Tranchées que nous sommes précipités, le tout avec un réalisme effarant.

Et c’est sans compter sur les innombrables magnifiques plans, auréolés d’une photographie éblouissante et agrémentés de la somptueuse musique du toujours aussi surprenant John Williams. On regrettera cependant (en VO) le fait que tout le monde parle anglais avec son propre accent (français, anglais, allemand, belge), à l’inverse de ce qu’avait proposé Quentin Tarantino pour son Inglourious Basterds donc. Le film étant principalement destiné aux enfants voire aux jeunes adolescents, il est quelque peu normal de préférer un langage universel plutôt que des pans entiers de dialogues sous-titrés. Bref, bourré de qualités, d’une image étourdissante et d’un savoir-faire unique, Cheval de guerre est une nouvelle perle inédite à ajouter à l’immense palmarès de sieur Steven Spielberg, l’homme qui continue de nous vendre du rêve.

Résumé

Steven Spielberg continue de nous émerveiller en adaptant cette magnifique histoire d’amitié entre un jeune garçon et un cheval, le tout sous fond de Première Guerre Mondiale. Avec autant d’émotion que de maestria, le réalisateur américain nous entraîne dans une fresque épique et touchante qui prouve une fois de plus le talent de ce metteur en scène infatigable.

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Jérôme Simonin

Cet article a été rédigé par Jérôme Simonin, Rédacteur de Critique Film.