Cannes 2019 : The lighthouse (Quinzaine)

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The Lighthouse

États-Unis, Canada : 2019
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : ,
Acteurs : ,
Distribution : Universal Pictures International France
Durée : 1h49
Genre : Épouvante
Date de sortie : 18 décembre 2019

4/5

Quatre années après The Witch, film d’horreur qui avait surpris tout le monde, revient avec The Lighthouse et confirme son don pour le cinéma d’épouvante..

Synopsis : Le récit hypnotique et hallucinant de deux gardiens de phare sur une île reculée et mystérieuse de la Nouvelle-Angleterre dans les années 1890.

Une folle et sublime virée horrifique

Alors que l’on déplorait l’autre jour l’utilisation excessive des jumpscares dans Wounds de Babak Anvari, son compatriote américain, lui, fait tout le contraire et semble déjà avoir une patte dans le genre du cinéma d’horreur. instaure, dans The Lighthouse, une ambiance infiniment pesante qui ne passe jamais par des plans dans lesquels des figures terrifiantes vous sautent brusquement au visage. On se sent à l’étroit pendant les 110 minutes qui composent le film et devant cette image carrée, le réalisateur ayant choisi un format assez particulier pour son nouveau film. Le sublime noir et blanc choisi par le cinéaste de 35 ans joue sur les perspectives et participe à la perte de notion d’espace-temps que nous procure le film. Le son, lui aussi très travaillé, exacerbe nos peurs. Ces dernières sont d’ailleurs primitives : peur de l’autre, peur du noir, peur de l’isolement, peur de l’oiseau, superstition etc. les met parfaitement en scène et dresse, à partir d’une intrigue extrêmement simple, un somptueux et effroyable tableau.

Un trio hallucinant

Si The Lighthouse ne compte au casting que deux acteurs, il y a pourtant bel et bien trois personnages. William Dafoe incarne Thomas Wake, un vieux loup de mer instable qui prend sous son aile le jeune et réservé Ephraim Winslow, campé par . Ayant pour mission l’entretien du phare d’une île isolée de la Nouvelle-Angleterre, les deux hommes nouent une relation complexe et agitée qui poussera chacun d’entre eux dans ses retranchements. Disons-le sans aucune retenue : William Dafoe et sont absolument géniaux. On imagine, en les voyant à l’écran, l’immense travail qui s’est fait en amont, notamment pour ce qui est de la façon de parler, les deux acteurs adoptant l’accent et le dialecte de la région et de l’époque. Mais qui est donc ce troisième personnage auquel nous avons fait allusion ? Il s’agit de la mer. Omniprésente (par la vue et par l’oreille), la mer est un personnage à part entière. The lighthouse joue sur les légendes de marins pour donner corps à cette nature aussi imposante que mystérieuse. fait ressortir ce qu’il y a de plus sombre en chacun des personnages pour nous offrir une virée infernale et déroutante sur une île maléfique.

Conclusion

prouve, avec d’autres cinéastes comme Jordan Peele ou David Robert Mitchell, que le cinéma d’épouvante a encore de très beaux jours devant lui, malgré un genre rendu de plus en plus codifié par les réalités du box-office. Très beau, hypnotisant et oppressant, The Lighthouse est une véritable réussite horrifique.

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