Cannes 2019 : Alain Delon Palme d’or d’honneur
Plein soleil © 1960 Studiocanal / Titanus S.P.A. / Carlotta Films Tous droits réservés

Quelques heures à peine avant la présentation de la sélection officielle, demain matin dès 11h00, le délégué général du Thierry Frémaux a annoncé que la Palme d’or d’honneur de cette 72ème édition a été attribuée à l’acteur français . Le festival aura lieu du mardi 14 au samedi 25 mai. Une véritable légende du cinéma mondial, vénéré au Japon et admiré dans son pays natal, même s’il n’a plus tourné de film depuis plus de dix ans, l’acteur avait refusé jusque là ce prix honorifique, puisqu’il n’estimait devoir venir à Cannes que pour célébrer les metteurs en scène avec lesquels il a travaillé. avait effectué sa première montée des marches pour Quelle joie de vivre de René Clément en mai 1961. Il était revenu à de nombreuses reprises sur la Croisette, soit pour accompagner des films, comme Le Guépard de Luchino Visconti, Palme d’or en 1963, et soutenir des restaurations de films qui lui sont chers à Cannes Classics, soit en tant que légende vivante du cinéma français, par exemple en remettant le prix de la Meilleure interprétation féminine à Jeon Do-yeon dans Secret Sunshine de Lee Chang-dong en 2007.

L’Éclipse © Tamasa Distribution Tous droits réservés

Venu presque par hasard au cinéma, Alain Delon (* 1935) crève pourtant l’écran dès la fin des années 1950, d’abord dans des films comme Quand la femme s’en mêle de Yves Allégret et Christine de Pierre Gaspard-Huit. Il s’impose dès son premier rôle majeur en 1960 dans le sulfureux Plein soleil de René Clément, suivi coup sur coup par les chefs-d’œuvre Rocco et ses frères et Le Guépard de Luchino Visconti et L’Éclipse de Michelangelo Antonioni. Très vite, il se fait également un nom dans le cinéma commercial, grâce à des succès publics tels que Mélodie en sous-sol de Henri Verneuil, La Tulipe noire de Christian-Jaque, Les Félins et Paris brûle-t-il ? de René Clément, ainsi que Les Aventuriers de Robert Enrico. En 1967, il fait une autre rencontre artistique décisive avec le réalisateur Jean-Pierre Melville, pour lequel il joue dans trois films majeurs : Le Samouraï, Le Cercle rouge et Un flic.

Le Guépard © Pathé Distribution Tous droits réservés

Après le mythique La Piscine de Jacques Deray à la fin des années ’60, la décennie suivante est tout aussi prolifique pour l’acteur, puisqu’il collabore entre autres avec ses réalisateurs habituels Henri Verneuil (Le Clan des Siciliens) et Jacques Deray (Borsalino, Borsalino and Co., Flic story et Le Gang), ainsi qu’avec Pierre Granier-Deferre (La Veuve Couderc et Le Toubib), Joseph Losey (L’Assassinat de Trotsky et Monsieur Klein), Valerio Zurlini (Le Professeur, qui ressortira le 5 juin prochain), Alain Jessua (Traitement de choc et Armaguedon), Michael Winner (Scorpio), José Giovanni (Deux hommes dans la ville, Le Gitan et Comme un boomerang), Georges Lautner (Les Seins de glace et Mort d’un pourri), Duccio Tessari (Zorro), Édouard Molinaro (L’Homme pressé) et David Lowell Rich (Airport 80 Concorde). La fin de carrière s’était amorcée assez abruptement pour Delon à partir des années ’80, malgré Trois hommes à abattre de Jacques Deray, Notre histoire de Bertrand Blier et Nouvelle vague de Jean-Luc Godard, et surtout à cause de Un amour de Swann de Volker Schlöndorff, Dancing machine de Gilles Béhat, Le Retour de Casanova de Edouard Niermans, Un crime et L’Ours en peluche de Jacques Deray, Le Jour et la nuit de Bernard-Henri Lévy, 1 chance sur 2 de Patrice Leconte et son dernier rôle à ce jour dans Astérix aux Jeux olympiques de Frédéric Forestier et Thomas Langmann en 2008.

Monsieur Klein © Les Acacias Tous droits réservés

La Palme d’or de Cannes n’est de loin pas le premier prix honorifique que Alain Delon obtient pour l’ensemble de sa carrière, puisqu’il a déjà reçu un hommage comparable au Festival de Berlin en 1995 et au Festival de Locarno en 2012. Aux César, il avait gagné celui du Meilleur acteur en 1985 pour Notre histoire, un moment surtout resté dans les annales à cause de la fausse lettre de remerciements de l’absent Delon, lue par Coluche. Alors que la Palme d’honneur existe depuis 2002, elle est attribuée à intervalles irréguliers par la direction du festival, la dernière fois il y a deux ans au producteur américain Jeffrey Katzenberg. Delon est le troisième acteur honoré de la sorte, après Jean-Paul Belmondo en 2011 et Jean-Pierre Léaud en 2016.

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles