Berlinale 2022 : Ours d’or d’honneur à Isabelle Huppert

0
1271

La Dentellière © 1977 Luc Chessex / Action Films / Janus Filmproduktion / Jupiter Films Tous droits réservés

Comme si de rien n’était … Comme si la situation sanitaire en Europe ne se dégradait pas de jour en jour, rendant toute prévision illusoire, le Festival de Berlin continue vaille que vaille à peaufiner sa 72ème édition. Car après l’année 2021, qui avait contraint la Berlinale à se tenir en deux temps, avec un volet en ligne en mars et des projections en plein air l’été, celle de 2022 est jusqu’à présent toujours prévue en présentiel, du jeudi 10 au dimanche 20 février prochains. Rien que la semaine passée, les titres des premiers films sélectionnés ont été dévoilés, ainsi que le nom de la lauréate de l’Ours d’or honorifique. Il s’agit de l’actrice française Isabelle Huppert, déjà récompensée dans la capitale allemande en 2002 sous forme d’un Ours d’argent spécial attribué aux huit actrices de 8 femmes de François Ozon.

Alors que la remise du prix le mardi 15 février au Berlinale Palast est censée coïncider avec la présentation en avant-première du nouveau film avec Isabelle Huppert, A propos de Joan de Laurent Larivière, sélectionné au Berlinale Special, sept longs-métrages emblématiques de la carrière de l’actrice seront projetés tout au long du festival en guise de rétrospective (très) partielle.

La Cérémonie © 1995 Jérémie Nassif / MK2 Films / France 3 Cinéma / Prokino Filmproduktion / Carlotta Films
Tous droits réservés

Difficile en effet de réduire le parcours hors pair d’Isabelle Huppert (* 1953) à seulement une petite dizaine de titres. D’autant plus que le programme de cet hommage se focalise étrangement sur les années 2001 et 2016. Au début des années 2000, l’actrice avait triomphé au Festival de Cannes avec La Pianiste de Michael Haneke, suivi de quelques mois par le succès public, certes plus collectif, de 8 femmes. Quinze ans plus tard, elle avait en quelque sorte renouvelé ce double exploit, grâce à L’Avenir de Mia Hansen-Løve – Ours d’argent de la Mise en scène à Berlin en 2016 – et le plus trivial Elle de Paul Verhoeven pour lequel avait décroché en 2017 sa seule et unique nomination à l’Oscar.

Les trois autres films de la rétrospective remontent plus loin dans le passé, à travers La Dentellière de Claude Goretta pour lequel elle avait reçu sa première nomination sur quatorze au César de la Meilleure actrice en 1978. Puis Sauve qui peut [la vie] de Jean-Luc Godard, présenté en compétition au Festival de Cannes en 1980, et enfin La Cérémonie de Claude Chabrol, la pièce maîtresse d’une collaboration d’exception, qui lui avait valu son premier César de la Meilleure actrice en 1996.

Parmi les nombreux autres films avec Isabelle Huppert sélectionnés jusqu’à présent au Festival de Berlin, on peut citer en compétition La Vengeance d’une femme de Jacques Doillon (1990), L’Ivresse du pouvoir de Claude Chabrol (2006), Captive de Brillante Mendoza (2012), La Religieuse de Guillaume Nicloux (2013) et Eva de Benoît Jacquot (2018), ainsi qu’au Forum Barrage de Laura Schroeder (2017).

8 femmes © 2002 Jean-Claude Moireau / Fidélité Productions / France 2 Cinéma / Mars Films Tous droits réservés

L’Ours d’or honorifique tiendra compagnie aux autres prix comparables qu’Isabelle Huppert avait reçu au début du siècle, comme par exemple un Lion spécial au Festival de Venise en 2005 pour l’ensemble de son œuvre ou le prix Donostia du Festival de San Sebastian deux ans plus tôt. Du côté compétitif, elle dispose entre autres de deux prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes pour Violette Nozière en 1978 et La Pianiste en 2001, deux Coupes Volpi de la Meilleure actrice au Festival de Venise pour Une affaire de femmes en 1988 et La Cérémonie en 1995, ainsi que deux César de la Meilleure actrice pour La Cérémonie, toujours, en 1996 et pour Elle en 2017.

Depuis que l’Ours d’or d’honneur est attribué à Berlin en 1982, Isabelle Huppert est la quatrième actrice française honorée de la sorte. Elle succède à Catherine Deneuve, Jeanne Moreau et Anouk Aimée.

L’Avenir © 2016 CG Cinéma / arte France Cinéma / Detailfilm / Les Films du Losange Tous droits réservés

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici