Interview — 02 février 2016
Ant-Man : Entretien avec Sheperd Frankel, le producteur designer du film

Ant-Man, Frankel interview pour la sortie du DVD et Blu Ray

Le 02 Décembre 2015 est sorti en Blu-Ray et DVD, le dernier Marvel, , de Peyton Reed. Cette nouvelle prouesse « blockbusterienne » a livré une très belle prestation dans les salles obscures, notamment en Asie, où il a connu de biens beaux résultats en Corée du Sud et en Chine (En Corée du Sud, il a connu le meilleur démarrage pour un film solo de l’univers Marvel). Beau, drôle et abouti, Ant-Man est un liant esthétique et inattendu, qui a su saisir sa chance au bon moment grâce notamment à un casting  emmené par le beau Paul Rudd, la magnifique Evangeline Lilly, et le « on ne le présente plus du tout tant il a une incroyable carrière », Michael Douglas. A cette occasion justement, voilà que j’ai eu le plaisir de parler « esthétisme » avec un personnage réellement attendrissant qui a travaillé dans l’équipe du film, à savoir , le Producteur Designer de cette belle réussite visuelle. Ce grand monsieur a travaillé pour de nombreux films : Les Gardiens de la Galaxie, Thor, le Monde des Ténèbres, Catwoman, les Quatre Fantastiques, PS : I Love You, 27 Robes, Thérapie de Couples, Comment tuer son boss ? Etc…

Je souhaitais, avant toutes choses, remercier la « Team » Critique-Film (Julien, Mickael et Pascal) pour leur aide, mais aussi Raphaël Ghrenassia, le Chargé de Relations Presse de The Walt Disney Company.

Cette interview a démarré d’une manière particulière. Evidemment, en ce début décembre, nos cœurs étaient encore tournés vers les atroces attentats du 13 Novembre 2015. Le Monde entier en était le seul et unique spectateur. Le cinéma, lui, passait au second plan. Balbutiant quelques gentils mots en français, il m’a offert un message de paix et de solidarité qui ont eu raison de ce stress habituel pour l’occasion : « nous sommes là, si vous avez besoin de nous ». J’ai vraiment été content qu’il débute de cette manière parce qu’en fait, ce n’est qu’un homme, et je n’en suis que un.

Une fois ce message délivré, vous pensez bien qu’il fallait enchaîner évidemment, le temps m’étant compté. Allez, c’est parti !

Critique-Film : Tout d’abord, Monsieur Frankel, permettez-moi de vous féliciter pour ce film. Il a été fantastique, vraiment «punchy », et surtout très beau esthétiquement. Pour moi, il a été meilleur que certains autres Marvel, parce qu’il a été amusant, surtout aussi parce qu’on gardait le sourire du début à la fin, et spécialement aussi parce qu’il a très bien respecté le côté fun des BD Marvel.

Sheperd Frankel : Oh merci ! Je suis très content que vous ayez apprécié Ant-Man. Pour vous dire, j’ai vraiment adoré travailler pour ce film. J’ai pris un énorme plaisir et ce, pour de différentes raisons. J’ai essayé de ressentir la façon idéale de le faire selon les besoins du réalisateur Peyton Reed, et selon les besoins de toute l’équipe de production. On a vraiment été une bonne équipe, qui a su travailler ensemble, main dans la main, afin d’identifier clairement cette vision unique qu’on voulait donner au film. A l’écran, pour moi, l’idée qu’on a eue, a un rendu vraiment extraordinaire !

Andrew Shepard Ant-Man

Critique-Film : Vous avez participé à de nombreuses aventures, et votre carrière est réellement impressionnante. Nos lecteurs souhaiteraient en savoir un petit peu plus sur vous… Qui est donc Sheperd Frankel ? Comment tout a commencé pour vous quand vous êtes rentré dans l’industrie du film ?

Sheperd Frankel : C’est vraiment très gentil tout ce que vous dites. Je suis flatté ! (rires) Tout a commencé à New York City. Je suis né là-bas. Et vous savez quoi ? Je pense que cette ville est le meilleur endroit au monde pour y être élevé. Tout y grand, tout y est incroyable. Mes parents me disaient : « tu e né dans les nuages ». C’est vrai que je regardais souvent en l’air, toute cette place, toute cette immensité, tout cet environnement si spécial. Cela m’a, à quelque part, apporté énormément. Cela a eu un grand impact sur mes choix. En fait, j’ai commencé à m’exprimer au moment où j’ai intégré la New York LAGUARDIA School of Music and Performing Arts. Ensuite, j’ai passé un Master en Architecture. Je suis allé à Los Angeles. Mon principal intérêt était de créer des espaces, des environnements pour les gens, leur apporter des émotions aussi fortes que possible. Pour qu’ils puissent ressentir la joie, la tristesse, la peur. Je me sens comme… Je ne savais pas ce que Producteur Designer signifiait, mais je savais que je pouvais faire quelque chose de bien et de performant, apporter cette touche expressive grâce à mon expérience dans le domaine de l’architecture. Après, j’ai réalisé quelques plans pour quelques maisons de production, notamment celles de Tony Scott, et Ridley Scott.  C’est à ce moment-là, que j’ai commencé à me spécialiser, à me sophistiquer dans la conception d’un environnement pour un film. Maintenant, je me dis que j’aurais pu vous dire que j’ai toujours voulu faire ça, être un grand Producteur Designer… J’aurais pu vous le dire, mais ce n’était pas le cas à l’époque. Mais en fait, une chose est sûre aujourd’hui, tout cela s’est construit, et j’ai travaillé très dur pour en être arrivé là, et faire ce que j’aime. Et ça, je m’en souviendrai tout le reste de ma vie.

Critique-Film : Beaucoup de personnes travaillent dans la conception d’un film. Les fans, eux, veulent connaître l’importance de votre travail. Pouvez-vous nous dire quel est votre réel rôle dans la conception d’un film comme Ant-Man ? Quel est le rôle d’un Producteur Designer ?

Sheperd Frankel : C’est une très grosse question. En fait, le but est de créer. Mon but est de créer, et de poser les bases d’un film dans la conception d’un environnement, scènes par scènes. C’est le début de tout. Il faut savoir que nous travaillons dans un endroit très clos pour que rien ne puisse filtrer. Je travaille avec le Directeur du film, les différents producteurs aussi, et aussi d’autres personnes importantes comme le Responsable des Effets Spéciaux. Nous discutons énormément. Nous cherchons un maximum de pistes qui peuvent nous mener vers un environnement idéal. On ne prend aucune décision sans que les autres personnes présentes soient, elles-aussi, d’accord. Il s’agit d’une chose essentielle. Cela peut parfois durer des heures, voire des jours, avant que l’idée soit validée par tout le monde. C’est à partir de ces idées, ensuite, que nous créons des maquettes, des plans. En réalité, vous tombez bien (rires). Le meilleur exemple que l’on peut prendre, c’est Ant-Man. On a cherché à faire en sorte de créer un univers original et parfait validé par toute l’équipe. Cela a été facile, mais long. Chaque pièce environnementale a été choisie méticuleusement, pour donner au final, à l’écran, un rendu très crédible.

Ant-Man interview Sheperd Frankel DVD Blu Ray

Critique-Film : Peyton Reed, le réalisateur, est un novice dans le domaine des films sur les Supers Héros. Sa filmographie et sa carrière sont impressionnantes. Vous, vous avez déjà  eu l’occasion de travailler dans ce fabuleux univers (Les Gardiens de la Galaxie, Catwoman, les Quatre Fantastiques…). Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec l’équipe de Peyton ?

Sheperd Frankel : Peyton, c’est un homme exceptionnel. Exceptionnel dans son travail, mais aussi dans ce côté relationnel qu’il entretient avec toute son équipe. Je trouve que ça n’a pas été si flagrant que ça de savoir que cela a été son premier film de Super Héros. Il a tout de suite su diriger l’ensemble de l’équipe avec beaucoup de professionnalisme. Il a tout de suite compris ce qu’il y avait lieu de faire. Pour moi, Peyton, c’est un très grand raconteur d’histoire, mais aussi un très grand réalisateur. Finalement, il était fait pour ce film. Il a su donner une voie unique à Ant-Man, en y ajoutant son point de vue, lui aussi unique. En fait, pour avoir côtoyé plusieurs autres réalisateurs, je trouve que ce gars a été vraiment excellent et qu’il a dirigé le film d’une manière très simple. Je le considère même comme un personnage, un réalisateur, vraiment atypique puisqu’il a eu cette façon de diriger comme on pourrait diriger une équipe de sport (rires). Vous voyez ? Des termes forts qu’un coach peut délivrer à son équipe dans des moments importants comme une finale de Coupe du Monde ou une finale du Super Bowl.

Critique-Film : Paul Rudd a joué Scott Lang, le Ant-Man, et Corey Stoll, Darren Cross, le Yellow Jacket. Mon fils de bientôt cinq ans, est un très grand fan du film. Je crois bien que nous l’avons vu au moins trente fois. Il garde toujours sa figurine près de lui quand il regarde le film. Nous souhaitions savoir si vous avez aussi, à votre manière, conçu ces deux costumes. Etes-vous en quelques sortes, notre Hank Pym ?

Sheperd Frankel : Non malheureusement, je n’ai pas créé le costume très très réussi de Scott Lang ! C’est la Costumière Designeuse, Sammy Sheldon qui s’en est chargée. J’ai suivi de loin son évolution. Moi, mon travail s’est plus situé dans le choix des décors, des points de vue. Les choix des endroits dans San Francisco par exemple. Mais aussi la création de lieux conçus pour le film : une table, un jouet, les galeries souterraines des fourmis, la salle de bain. Mais c’est vrai que le travail fourni par Sammy (Sheldon) avait l’air vraiment intéressant ! Elle comme moi, je pense que nous avons pris un plaisir énorme à participer à cette belle aventure. J’ai pris un plaisir énorme à donner une douce envergure à l’univers d’Ant-Man tout en respectant minutieusement ce monde si particulier des Comics. Et c’est ça que je trouve vraiment spécial et excitant…  

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Julien Chabrier

Cet article a été rédigé par Julien Chabrier, Rédacteur de Critique Film.