A mort l’arbitre

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a-mort-l-arbitre-afficheA mort l’arbitre

France : 1983
Titre original : A mort l’arbitre
Réalisateur : Jean-Pierre Mocky
Scénario : Jacques Dreux et Jean-Pierre Mocky
Acteurs : Michel Serrault, Eddy Mitchell, Carole Laure, Laurent Malet
Distribution : PlanFilm
Durée : 1h22
Genre : Drame
Date de sortie : 22 février 1984

Globale : [rating:4][five-star-rating]

Petit coup de cœur qu’est ce A mort l’arbitre, signé Jean-Pierre Mocky et sorti en 1984. Fidèle à son style satirique et pamphlétaire, il s’attaque ici au monde du football, et spécialement au fanatisme des supporters du dimanche. Le film est, comme souvent chez ce réalisateur français, tourné rapidement avec peu de moyens, mais beaucoup d’idées.

Synopsis :

L’arbitre Maurice Bruno siffle un penalty faisant perdre l’équipe locale. Consternation des supporters du cru. De chantages en traque effrénée, l’embrasement collectif et aveugle déferle sur la ville.

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   Le métrage se met rapidement en route, et le rythme ne faiblit pas tout au long des 80 minutes. L’exposition présente les différents personnages qui vont par la suite se livrer à une vraie chasse à l’homme. On découvre alors ce bus rempli de supporters jaunes, où la bonne humeur est de mise à travers des chants, des blagues et des rires. De l’autre côté, les gendarmes sont en place pour maintenir l’ordre. Malgré leur petit effectif, cela devrait être suffisant, le match n’étant pas classé à haut risque. En dernier lieu, c’est le protagoniste qui donne son nom au film qui nous présenté : l’arbitre. Ce dernier a le tort de prendre son rôle très (trop) au sérieux, mais également de se montrer dédaigneux face à des supporters qui commencent à se chauffer et s’alcooliser, et l’ayant par la même occasion déjà pris en grippe. 90 minutes plus tard (dans le film), l’arbitre donne le coup de sifflet final, et prive l’équipe jaune d’une aventure en coupe d’Europe. Les ennuis commencent alors pour l’homme en noir, pris à parti dès son entrée au vestiaire. Le cauchemar ne fait que commencer

A mort l'arbitre

   Filmé quasiment en temps réel, Mocky nous montre une véritable course contre la montre pour l’arbitre et sa petite amie, face à une horde d’êtres humains déchaînes. En effet, après les quelques menaces proférées au stade, c’est une véritable vendetta qui se met en route.Le réalisateur dresse alors un portrait réaliste et effrayant sur ces individus complètement transformés une fois en meute. Sans s’en apercevoir, ils sont dirigés subtilement par un véritable tyran des temps modernes, incarné par un Michel Serrault en total symbiose avec son personnage. Derrière ses blagues et son côté boute-en-train se cache un homme plein de haine, n’hésitant pas à faire payer aux autres le prix fort pour aller au bout de ses propres volontés. En plus de ce personnage détestable, Mocky montre la face la plus sombre des supporters de football. Individus à l’existence des plus ordinaires en semaine, ils se transforment en bêtes remplies d’animosité le week-end. Comme l’un des protagonistes le dira au cours du film : « un jour par semaine ils ont l’impression d’exister ».
Une deuxième critique vient se greffer à la première. A travers un inspecteur laxiste, incarné par Mocky lui même, le réalisateur nous dépeint une police inefficace, voire même inutile, car jamais présente au bon moment.

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   Bien que Mocky ne soit pas un virtuose, la réalisation est tout à fait correcte, et parfois même gratifiée de superbes plan-séquences qui nous plongent au cœur de ce déchaînement de violence en compagnies de supporters surexcités. La musique, bien que très typée années 80 (ce qui n’est pas nécessairement une tare), colle très bien aux images qui nous sont proposées. Le casting n’est pas en reste, grâce à un superbe Michel Serrault, un Eddy Mitchell correct en arbitre traqué, et de parfaits seconds rôles, incarnant avec un réalisme effrayant ces supporters pris au piège d’une violence désormais incontrôlable.

Résumé

   Malgré un succès mitigé à sa sortie, le film est désormais culte, notamment grâce à ses rediffusions télé, et est considéré aujourd’hui comme l’un des meilleurs Mocky. Conforme à son attitude et à son esprit critique, il dresse un tableau peu élogieux du monde footballistique, et surtout de ses supporters, qui peuvent, sous l’effet de groupe, se révéler violents et instables. Il succède à la satyre de Jean-Jacques Annaud, Coup de tête, sortie en 1979 et portée par un incroyable Patrick Dewaere. De plus, sans le savoir, il anticipait la tragédie du Heysel, survenue un an plus tard, où la bêtise de supporters hystériques allait provoquer la mort de 39 personnes.

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