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Critique Express : La vie d’une femme

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La vie d’une femme 

France, Belgique : 2026
Titre original : –
Réalisation : Charline Bourgeois-Tacquet
Scénario : Charline Bourgeois-Tacquet, Fanny Burdino
Interprètes : Léa Drucker, Mélanie Thierry, Charles Berling, Laurent Capelluto
Distribution : Pyramide Distribution
Durée : 1h38
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 9 septembre 2026

2.5/5

Synopsis : Gabrielle se consacre corps et âme à son métier. Chirurgienne et cheffe de service dans un hôpital public, elle court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Il lui reste peu de temps pour sa vie privée — un mari qui l’aime et une mère dont elle doit s’occuper. Lorsqu’une romancière vient passer quelques semaines dans son service pour les besoins d’un livre, son équilibre vacille. Dans le quotidien que Gabrielle s’est construit, y a-t-il de la place pour l’inattendu ?

Il y a un an, en mai 2025, Lea Drucker incarnait Stéphanie, une enquêtrice de l’IGPN, la Police des polices dans l’excellent Dossier 137, de Dominik Moll, film présenté en compétition au Festival de Cannes 2025, et incarnait également Lucy, la perfection faite infirmière, dans l’excellent L’intérêt d’Adam, film de Laura Wandel, présenté au sein de la sélection Un Certain Regard de Cannes 2025. Un an après, on la retrouve dans le rôle de Gabrielle, chirurgienne en reconstruction faciale et cheffe de service dans un hôpital public dans La vie d’une femme, film de Charline Bourgeois-Tacquet présenté en compétition au Festival de Cannes 2026. Un film où, malgré la présence à ses côtés de Mélanie Thierry, de Charles Berling, de Laurent Capelluto et de Marie-Christine Barrault, des comédiennes et des comédiens qui font partie de ce qui se fait de mieux dans le cinéma français, on se surprend à faire la fine bouche, à regretter le choix fait par la réalisatrice de découper son film en une grosse dizaine de chapitres ayant chacun un titre, à trouver un certain manque de flamme dans le film en général et dans la prestation de Léa Drucker en particulier.

Ce que raconte le film est pourtant loin d’être inintéressant : Gabrielle est une femme dans la cinquantaine qui, peut-être par choix ou bien parce qu’elle s’est piégée elle-même, n’a jamais eu de véritable vie personnelle, se consacrant corps et âme à son métier, un métier rendu de plus en plus difficile du fait de la crise que connait l’hôpital public depuis des années, et employant le reste de son temps, elle qui n’a jamais désiré devenir mère, à contribuer à l’éducation des 2 enfants de Henri (Charles Berling), son compagnon, et à s’occuper d’Arlette (Marie-Christine Barrault), sa mère, qui souffre de la maladie d’Alzheimer. Dans ce contexte, Gabrielle a du mal à supporter que d’autres se façonnent une vie différente de la sienne, acceptant très difficilement que Kamyar (Laurent Capelluto), son adjoint et ami de 30 ans, prenne les 3 semaines de congé paternité auquel il a droit et encore plus difficilement, plus tard, son choix de quitter l’hôpital public pour aller dans le privé, qui plus est sans la prévenir. Gabrielle serait elle donc un roc inébranlable, adepte d’une vie quasi monacale totalement sous contrôle ? Que nenni, comme va le prouver l’arrivée de Frida (Mélanie Thierry), une écrivaine ayant demandé et obtenu de passer du temps dans le service de Gabrielle dans le but d’apporter de la véracité dans l’écriture du livre qu’elle envisage d’écrire, une démarche similaire à celle entreprise par Charline Bourgeois-Tacquet, la réalisatrice, qui a passé un certain temps au sein du service de chirurgie maxillo-faciale de la Pitié-Salpêtrière. Une arrivée qui va déstabiliser Gabrielle et l’entrainer dans un domaine dont elle ne soupçonnait pas l’existence et dont le cinéma ne s’empare que très rarement, celui du désir chez une femme de plus de 50 ans. Avec ce sujet et ce casting, Charline Bourgeois-Tacquet avait tout pour réaliser un film passionnant, il est dommage qu’elle ait eu cette fausse bonne idée de découper son film en chapitres, ce qui a pour effet d’introduire une forme de compétition entre les chapitres au détriment de la fluidité dans le récit qu’on était en droit d’attendre.

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