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Test Blu-ray : Nous l’orchestre

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Nous l’orchestre 

France : 2025
Titre original : 
Réalisateur : Philippe Béziat
Scénario : Philippe Béziat
Interprètes : Klaus Mäkelä
Éditeur : Pyramide Vidéo
Durée : 1h30
Genre : Documentaire Musical
Date de sortie cinéma : 22 avril 2026
Date de sortie DVD/BR : 25 août 2026

Synopsis : Comment jouer ensemble sans se sentir disparaître dans la masse ? Comment cohabiter si longtemps sans que le groupe explose ? Quel rôle joue vraiment le chef d’orchestre ? Pour la première fois, caméras et micros se faufilent parmi les 120 musiciens de l’Orchestre de Paris, à la Philharmonie, sous la baguette de leur jeune chef prodige, Klaus Mäkelä. Un film immersif au cœur de la musique en train de se faire ; au plus près de l’expérience des musiciens, de leurs émotions, de la beauté.

Le film

[3.5/5]

Dans ce monde, dans cette époque où les prétendues vertus de l’individualisme sont trop souvent mises en avant, un film sur un orchestre symphonique, c’est forcément bon à prendre. En effet, qu’y a-t-il de plus collectif qu’un orchestre symphonique : 120 femmes et hommes qui font œuvre commune ! Comme il est dit dans le film, un orchestre symphonique est une société dans laquelle règnent l’autorité et le collectif. L’autorité de qui ? Celle du chef d’orchestre. A propos de Pierre Boulez, et d’une répétition et d’une représentation de la 5ème symphonie de Gustav Mahler, le film parle d’un cadre mis en place par le chef lors des réputations et de la liberté qui est ensuite donnée aux musiciens à condition qu’ils restent à l’intérieur de ce cadre, car, sinon, c’est l’anarchie et ça ne fonctionne pas ! Vous l’aurez compris : Nous l’orchestre est certes un film sur la musique mais c’est aussi un film philosophique et politique. Un film réalisé par Philippe Béziat, grand spécialiste de la musique au cinéma et à qui on doit, entre autre, le magnifique Les Indes Galantes, film de 2021. L’orchestre choisi par Philippe Béziat est l’Orchestre de Paris, orchestre résident de la Philharmonie de Paris et dont le chef est actuellement le jeune et dynamique finlandais Klaus Mäkelä. Le film nous introduit auprès d’un certain nombre de musiciens de cet orchestre qui nous font part de leur vécu professionnel. Est-il indispensable que tous les musiciens soient des amis dans la vie ? Non. Par contre, quand il y a des problèmes, il faut que les abcès soient crevés. Des paroles qui donnent à réfléchir, comme : untel est un con, mais il est bourré de talent. Pourquoi Dieu a-t-il donné tant de talent à un con ? Ou qui font sourire : Moi, je joue du cor anglais, l’instrument le plus mélancolique de l’orchestre (il est vrai qu’il n’y a pas de duduk dans un orchestre symphonique. Sinon, le cor anglais serait battu à plate couture !) et je ne suis pas mélancolique. Le film nous informe de comment fonctionne le recrutement d’un ou d’une second violon et présente la question : est-il préférable de choisir un ou une musicien(n)e de très grand talent mais dont on peut être certain qu’il ou elle cherchera très vite à trouver un poste plus prestigieux ailleurs ou un ou une musicien(n)e peut-être un peu moins talentueux mais dont peut penser qu’il ou elle sera dans l’orchestre de façon pérenne ? Autre sujet brièvement abordé : celui du chef invité. Comme le dit un musicien : c’est comme rencontrer une nouvelle personne, cela peut « prendre » très rapidement comme, au contraire, ne jamais prendre. Encore plus brièvement abordé : le fait qu’il y ait si peu de femme cheffe d’orchestre.

On peut reprocher au film de ne pas suffisamment expliquer pourquoi un chef ou une cheffe d’orchestre est indispensable au sein d’un grand orchestre symphonique, la fonction de chef d’orchestre ne s’étant généralisée qu’au 19ème siècle. En effet, auparavant, il n’y avait qu’un nombre limité de musiciens dans les orchestres et, le plus souvent, il n’y avait pas à proprement parler de chef d’orchestre : c’était le claviériste ou le premier violon qui dirigeait l’orchestre. Au 19ème siècle, les effectifs des orchestres symphoniques se sont mis à gonfler et les chefs d’orchestre sont apparus. Du reste, le film explique bien pourquoi, sans toutefois insister sur la relation de cause à effet : chaque musicien d’un orchestre de 120 exécutants entend surtout ce que jouent ses voisins les plus proches et est très loin  d’avoir une perception globale, plus ou moins identique à celle qu’ont les spectateurs, de ce que joue l’orchestre. D’où la nécessité d’avoir un homme ou une femme extérieur(e) à cet ensemble de musiciens qui, ayant donc une perception globale de ce que jouent les différents pupitres, va pouvoir coordonner leurs interventions et les connecter entre eux. Autre problème que pourront ressentir certains spectateurs : le choix des musiques qu’on entend, lié probablement au chef Klaus Mäkelä qui semble les préférer à celles plus anciennes telles celles de Mozart, Beethoven ou Schubert. Après tout, on est tout à fait en droit d’apprécier Mahler, Bruckner et Chostakovitch mais beaucoup moins Bartok, Stravinsky ou Debussy ! En tout cas, ces choix musicaux nous conduisent, tout au long du film, beaucoup plus vers les cuivres que vers les cordes. Tous ces petits griefs n’empêchent pas Nous l’orchestre d’être un film très recommandable. Si on apprécie la musique classique, c’est évident. Si on ne l’apprécie pas, c’est très souvent parce qu’on n’a jamais eu l’occasion de la fréquenter sérieusement et c’est donc encore plus évident !

 

Le BR

[4.5/5]

Nous l’orchestre ayant attiré 200 000 spectateurs dans les salles, Pyramide Vidéo a décidé de sortir le film en Blu-ray en plus de la sortie classique en DVD. On ne peut qu’être reconnaissant envers cet éditeur tellement le résultat est somptueux, avec une image qu’on peut sans exagération qualifier de parfaite. tant en ce qui concerne sa définition que que dans le rendu des couleurs. Concernant le son, le spectateur a à sa disposition toute la panoplie possible : audiodescription, son disponible en 5.1 ou en 2.0, sous-titrage pour sourds et malentendants, ou en anglais, ou absent. Et, en plus, s’agissant d’une immersion dans un orchestre symphonique, il a à sa disposition une arme fatale : la possibilité d’une écoute de type binaurale, une écoute permettant une perception sonore naturelle en trois dimensions en simulant l’écoute humaine par les deux oreilles à condition, toutefois, de la faire au casque.

L’enthousiasme ne peut que perdurer à la vision et à l’écoute des 2 suppléments proposés. Particulièrement intéressant est l’entretien de 20 minutes avec Philippe Béziat, le réalisateur du film. Un entretien qui complète parfaitement tout ce que le film nous a permis d’apprendre, pratiquement de l’intérieur, sur le fonctionnement d’un grand orchestre symphonique. Plus anecdotique mais très intéressant quand même est la visite guidée de la Philharmonie de Paris d’une durée de 13 minutes, effectuée en compagnie de Francisco Lorenço, un des altistes de l’orchestre.

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