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14 films d’horreur inédits à découvrir sur Hulu

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À chaque géant de la SVOD ses inédits. Après Paramount+ et OCS, qui nous avaient déjà offert un panorama aussi disparate que fascinant du cinéma d’horreur invisible, c’est désormais au tour de Hulu de dévoiler son propre territoire de fantômes : un catalogue où se croisent expérimentations, séries B ambitieuses, films conceptuels, petites productions malades, projets trop singuliers pour les salles, et quelques œuvres franchement étonnantes.

Ce troisième dossier s’inscrit donc dans la continuité des deux précédents : une cartographie parallèle du genre contemporain, faite de films qui existent en marge, loin des circuits traditionnels, mais qui témoignent d’une vitalité créative que l’exploitation classique ne sait plus accueillir. Disponible en France par l’intermédiaire de Disney+, Hulu est une plateforme qui fut longtemps associée aux séries, mais qui, peu à peu, s’est progressivement imposée comme un véritable incubateur horrifique : un espace où les réalisateurs/trices peuvent tenter des formes, explorer des récits plus risqués, ou détourner les codes sans craindre l’échec commercial.

Ce dossier rassemble 14 films, tous inédits dans les salles françaises. On y trouve des adaptations littéraires ambitieuses (Books of Blood), des créatures numériques virales (Grimcutty), des folk horrors féminines (Matriarch), des huis clos conceptuels (Le Moulin), des récits paranoïaques (Un Date sans fin), des films mutants entre drame et fantastique (Nightbitch), et même des propositions quasi expérimentales (Control Freak). Tous cependant sont révélateurs d’une tendance : l’horreur continue de muter, de se réinventer, de se faufiler là où on ne l’attend pas. Et comme toujours, le plaisir est là : celui de découvrir, de fouiller, de tomber sur des œuvres imparfaites mais passionnantes, ou sur des petites pépites qui auraient mérité un autre destin.

Books of Blood

États-Unis : 2020
Titre original : –
Réalisation : Brannon Braga
Scénario : Brannon Braga
Acteurs : Britt Robertson, Anna Friel, Rafi Gavron
Durée : 1h47
Genre : Horreur, Film à sketches

Note : 3/5

Mary, une brillante psychologue mystico-sceptique fait face à la mort de son fils de 7 ans. Son nouvel amant, Simon, la convainc de pouvoir parler à son fils mort. Ses certitudes sont chamboulées… Au même moment, Jenna, une fille qui souffre de misophonie – une aversion pour les bruits – se met en route pour Los Angeles. Parallèlement, Bennett, un tueur professionnel apprend de la bouche de sa dernière cible, l’existence d’un livre à la valeur inestimable… Afin de le récupérer, Bennett va devoir affronter des menaces surnaturelles…

Une dizaine de nouvelles tirées de l’anthologie de Clive Barker dite des « Livres de Sang » ont déjà été adaptées à la télévision ou au cinéma par le passé, mais il en reste encore une flopée dont on pourrait faire des films véritablement flippants. Curieusement, Books of Blood fait le choix de tenter de retrouver l’esprit de l’auteur britannique en créant de toutes pièces trois nouvelles histoires horrifiques. Brannon Braga, essentiellement connu pour son travail sur l’univers Star Trek, s’aventure ici dans un territoire sombre, où l’horreur naît autant du surnaturel que de la misère humaine. De loin le meilleur du film, le premier segment suit Jenna, jeune femme hypersensible se retrouvant dans une pension de famille tenue par deux psychopathes. Le deuxième sketch met en scène un médium charlatan et une mère en deuil, et rappelle la nouvelle « Le livre de sang » qui ouvre (et ferme) l’anthologie littéraire de Clive Barker. La troisième histoire met en scène une petite frappe confrontée à la découverte du livre de sang. Les trois sketches sont liés entre eux, et le film joue sur une atmosphère poisseuse, où les visions macabres surgissent comme des intrusions dans la réalité. Et si l’ensemble manque probablement encore un peu de cohésion de cohésion et de savoir-faire, le film faut preuve d’une vraie fascination pour la chair, pour les frontières poreuses entre vie et mort, et pour les récits où les damnés sont souvent les artisans de leur propre chute. Une anthologie inégale mais sincère.

Grimcutty – L’enfer des réseaux

États-Unis : 2022
Titre original : Grimcutty
Réalisation : John Ross
Scénario : John Ross
Acteurs : Sara Wolfkind, Shannyn Sossamon, Usman Ally
Durée : 1h41
Genre : Horreur

Note : 3/5

Le Grimcutty, un mème Internet effrayant, sème la panique chez les parents de la ville, convaincus que leurs enfants se font du mal, et tourmentent les autres. Lorsqu’une version réelle du Grimcutty commence à attaquer Asha Chaudry, ses parents, pensant qu’elle s’automutile dans le cadre d’un défi, confisquent son téléphone. L’adolescente va devoir convaincre ses parents et neutraliser le Grimcutty une bonne fois pour toutes…

Grimcutty – L’enfer des réseaux est un film d’horreur s’inscrivant pleinement dans l’ère numérique. Le film suit Asha, une adolescente dont les parents deviennent persuadés qu’un monstre viral (le Grimcutty) pousse les jeunes au suicide. Habile, John Ross évite le côté donneur de leçon qu’aurait pu prendre le récit en inversant le cliché du challenge viral dangereux pour les jeunes, et en en faisant une intéressante métaphore de la paranoïa parentale vis à vis des réseaux. Le monstre, une immense silhouette pâle aux bras démesurés que l’on croirait sortie du manga Death Note, n’apparaît ainsi qu’aux adolescents dont les parents sont convaincus qu’il existe. Autrement dit, c’est la peur des adultes qui matérialise la menace. De fait, le film joue sur la tension familiale, l’incompréhension générationnelle, et la manière dont les réseaux sociaux amplifient les paniques collectives. Visuellement, la créature au cœur de Grimcutty est volontairement grotesque, ce qui renforce son statut de projection mentale, mais les scènes de flippe fonctionnent paradoxalement plutôt bien, grâce à leur côté onirique. Au final, Grimcutty – L’enfer des réseaux est une série B imparfaite mais intelligente, qui utilise son concept pour parler de contrôle, de surveillance et, en filigrane, de la difficulté d’être un ado dans un monde où tout devient suspect.

Matriarch

États-Unis : 2022
Titre original : –
Réalisation : Ben Steiner
Scénario : Ben Steiner
Acteurs : Jemima Rooper, Kate Dickie, Simon Meacock
Durée : 1h25
Genre : Horreur

Note : 4/5

Après une overdose presque fatale, une femme retourne dans la maison de son enfance pour affronter ses démons mais elle en découvre un vrai…

Matriarch s’inscrit dans la tradition du folk horror britannique, mais avec une sensibilité résolument contemporaine : celle d’un film qui parle autant de malédiction ancestrale que de traumas maternels, de dépression et de la difficulté à rompre avec un passé toxique. Le récit suit Laura, jeune femme londonienne en pleine dérive qui, après une overdose, accepte l’invitation de sa mère pour revenir dans son village natal, un hameau isolé où le temps semble s’être arrêté. Fragile, hantée par des souvenirs d’enfance qu’elle a toujours refusé d’affronter, elle se rendra compte, dès son arrivée, que quelque chose cloche dans le village : Ben Steiner multiplie les images étranges et les visions inquiétantes, qui donnent au retour de Laura des allures de cauchemar éveillé. Sa mère, figure autoritaire et distante, semble avoir une influence inquiétante sur la communauté, et surtout, l’héroïne commence peu à peu à se décomposer : sa peau se fissure, pourrit, des plaques noires apparaissent, comme si son corps rejetait quelque chose, ou révélait ce qu’elle a toujours tenté de cacher. Derrière la caméra, Ben Steiner utilise cette dégradation physique comme métaphore d’un trauma enfoui : Laura porte en elle un secret que le village, lui, n’a jamais oublié. Le film révèle progressivement que la mère de Laura n’est pas seulement une matriarche tyrannique : elle est littéralement vénérée par les habitants, qui voient en elle une figure quasi divine, capable de guérir, de bénir… ou de punir. Le village fonctionne comme une secte païenne, où la maternité est sacralisée jusqu’à l’horreur, et où Laura est attendue comme l’héritière d’un pouvoir qu’elle refuse. La mise en scène du film, humide, organique, saturée de moisissures et de terre, renforce cette idée d’un lieu vivant, respirant, qui absorbe et recrache ses habitants. Le dernier acte, grotesque et dérangeant, assume pleinement la dimension Body Horror du film : la mère devient une entité monstrueuse, fusion de chair, de culpabilité et de pouvoir, tandis que Laura doit choisir entre se soumettre à cet héritage ou s’en libérer au prix d’une destruction totale. Matriarch n’est pas un film subtil, mais il est habité, viscéral, porté par une imagerie forte et une réflexion sombre sur la maternité, la transmission et les blessures que l’on transmet malgré soi. Une œuvre imparfaite mais marquante, qui s’inscrit parfaitement dans la ligne Hulu : intime, dérangeante, et profondément ancrée dans la psyché féminine.

Un Date sans fin

États-Unis : 2023
Titre original : Kelley ‘Kali’ Chatman
Réalisation : Brian Taylor
Scénario : Allyson Morgan
Acteurs : Maisie Richardson-Sellers, Shannon Woodward…
Durée : 1h28
Genre : Fantastique

Note : 3,5/5

Lorsque Billie revit différentes versions du même rendez-vous, elle se rend compte qu’elle est dans une boucle temporelle créée par sa mystérieuse nouvelle petite-amie dont elle doit sortir à tout prix…

Le film fantastique dit de « boucle temporelle » a ses codes, et Un date sans fin semble n’en respecter aucun, détournant les passages obligés pour prendre la direction d’un un singulier thriller psychologique LGBT sur l’emprise. Le film utilise le fantastique pour parler de domination émotionnelle, et de la difficulté à s’extraire d’un lien destructeur. L’intrigue suit Billie (Maisie Richardson-Sellers), une jeune femme sujette à des pertes de mémoire, qui entame une relation avec Alex (Shannon Woodward), une femme séduisante mais mystérieuse. Au fur et à mesure que le film avance, on réalisera cependant que les “trous noirs” dont est victime l’héroïne ne sont pas liés à une quelconque maladie : elle est en fait piégée dans une boucle temporelle manipulée par sa compagne, qui utilise un artefact mystique pour réécrire leur histoire à son avantage. La scénariste Allyson Morgan et la réalisatrice Kelley Kali transforment ce concept en étude toxique de la dépendance affective : chaque boucle est une variation de la même relation, mais avec un degré supplémentaire de contrôle, de manipulation ou de violence psychologique. Un date sans fin joue sur la mémoire à court terme, la confusion, les faux souvenirs, les réalités superposées. Billie tente de reconstruire sa mémoire comme un puzzle dont les pièces changent constamment. Visuellement, le film est à l’image que l’on peut se faire de Little Haïti, et adopte de ce fait une esthétique moite, nocturne, sensuelle, qui renforce l’ambiguïté de la relation entre les deux femmes. Certaines idées de mise en scène sont assez brillantes, les actrices sont habitées, et la révélation finale s’avère assez inattendue. Autant d’éléments qui font d’Un date sans fin une proposition de cinéma assez originale, même si par nature un peu répétitive.

Traquée

États-Unis : 2023
Titre original : No one will save You
Réalisation : Brian Duffield
Scénario : Brian Duffield
Acteurs : Kaitlyn Dever, Zack Duhame, Geraldine Singer
Durée : 1h33
Genre : Science-fiction, Horreur

Note : 4/5

Brynn Adams est une jeune femme créative et talentueuse rejetée par sa communauté. Solitaire et toujours optimiste, la jeune femme trouve son réconfort entre les murs de la maison où elle a grandi. Une nuit, elle est réveillée par d’étranges bruits provenant d’intrus manifestement non humains. Commence alors un éprouvant face-à-face entre Brynn et une foule de créatures extraterrestres qui, en plus de menacer son futur, l’amèneront à affronter son passé…

Traquée est sans aucun doute l’exercice de style le plus audacieux de cette sélection Hulu, et pour cause : il s’agit d’un film entièrement muet. C’est un film sonore, dans le sens où il y a de la musique, des sons et des bruits ambiants. On y entend aussi par moments des voix humaines, telles que des cris, ou des gens qui parlent en bruit de fond. Mais zéro dialogue narratif (ou presque, puisque l’héroïne prononcera en réalité cinq mots lourds de sens dans le dernier acte du film). Tout ici passe donc par l’image, les personnages se définissent par leurs actions et non pas leurs paroles. Scénariste et réalisateur de talent, Brian Duffield plonge d’entrée de jeu le spectateur dans le bain : une séquence pour installer le personnage principal (une jeune femme isolée dans une maison de campagne), et hop, c’est parti pour le home invasion extraterrestre. Intense et palpitant, le film repose totalement sur sa mise en scène : mouvements de caméra fluides, chorégraphie des attaques, utilisation inventive de l’espace domestique… Pour les aliens, le film adopte la représentation classique des « petits hommes gris » ou extraterrestres de Roswell, et le film n’hésite pas à nous montrer les créatures sans détour, et ce dès le début du film. On ignore pourquoi ils sont là, on ne connaît pas leurs intentions, mais leur comportement imprévisible et leur tendance à tout détruire autour d’eux crée une tension constante, qui ne faiblit jamais réellement tout au long du métrage. Mais au‑delà du home invasion et de la lutte de l’héroïne pour sa survie, Brian Duffield parvient à construire un subtil portrait de femme – une femme rongée par la culpabilité, dont on apprendra au fur et à mesure qu’elle a été rejetée par sa communauté suite à un drame s’étant produit quelques années auparavant. L’invasion devient alors la métaphore de son impossibilité à fuir son histoire. Le final, étrange et audacieux, a de quoi diviser, mais s’avère très intelligent, et confirme l’ambition de Traquée : celle de proposer au spectateur une SF horrifique émotionnelle, presque intime. Une réussite formelle incontestable, doublée d’un objet cinématographique pour le moins singulier.

Excroissance

États-Unis : 2023
Titre original : Appendage
Réalisation : Anna Zlokovic
Scénario : Anna Zlokovic
Acteurs : Emily Hampshire, Hadley Robinson, Kausar Mohammed
Durée : 1h34
Genre : Horreur

Note : 3,5/5

Après un point de rupture, les pensées les plus intimes d’Hannah se matérialisent en une créature monstrueuse qui menace de ruiner sa vie…

Excroissance part d’une idée brillante : matérialiser l’anxiété sous la forme d’une créature parasite qui pousse littéralement hors du corps de la protagoniste, en mode Body Horror bien dégueu. Le concept, d’abord décliné sous la forme d’un court-métrage de six minutes au cœur de l’anthologie Bite Size Halloween sur Hulu, se voit ici considérablement enrichi. Hannah, jeune styliste stressée, voit apparaître une excroissance chelou sur son corps qui, a force de grossir, finira par devenir un petit monstre qui parle, critique et manipule. Anna Zlokovic transforme cette métaphore en comédie horrifique grinçante, où l’appendice devient un double malveillant, plus confiant, plus agressif, plus “performant” qu’elle. Le film explore la pression professionnelle, le syndrome de l’imposteur, la peur de décevoir, en un mot la fameuse « charge mentale » féminine, sauf que cette dernière est matérialisée par un petit monstre en latex qui grandit au même rythme que les angoisses de l’héroïne. Visuellement, la créature est un mélange de prothèses et d’effets numériques, volontairement grotesque – quelque part entre Belial dans la saga Frère de Sang, le bébé de Braindead et les Garbage Pail Kids, plus connus chez nous sous le nom de « Crados ». Jamais tout à fait là où on l’attend, le film s’avère une série B inventive, drôle, portée par une vraie empathie pour son personnage principal.

Le Moulin

États-Unis : 2023
Titre original : The Mill
Réalisation : Sean King O’Grady
Scénario : Jeffrey David Thomas
Acteurs : Lil Rel Howery, Pat Healy, Karen Obilom
Durée : 1h46
Genre : Science-fiction, Horreur

Note : 3/5

Un homme d’affaire se réveille dans une cellule, située au cœur d’un ancien moulin, sans savoir comment il est arrivé là. Contraint de travailler comme une bête de somme pour rester en vie, il doit trouver le moyen de s’échapper avant la naissance de son enfant…

Huis clos dystopique, Le Moulin s’ouvre sur Joe, un personnage se réveillant enfermé dans un endroit inconnu, sans savoir qui l’a placé là ni pour quelle raison il y est. De fait, le film s’inscrit dans une tradition du cinéma fantastique très ancrée late 90’s : on pense forcément à des films tels que Cube ou Saw, pour la mise en place du récit du moins. Le film suit donc un personnage qui, un beau jour, se réveille dans une cellule extérieure, face à un moulin en pierre qu’il doit pousser pour survivre. Le film ne tardera pas à dévoiler les raisons pour lesquelles Joe est enfermé, et celles-ci s’avèrent assez réjouissantes de subversion. Formellement, le film repose entièrement sur la performance de Lil Rel Howery, seul à l’écran pendant la quasi‑totalité du récit. Derrière la caméra, Sean King O’Grady utilise le moulin comme métaphore du travail aliénant : objectifs impossibles, surveillance permanente, évaluations automatisées, absence totale de sens. Par conséquent, Le Moulin oscille entre satire corporate, presque anticapitaliste, thriller psychologique et fable kafkaïenne. La mise en scène minimaliste, presque théâtrale, renforce l’impression d’étouffement. Une œuvre conceptuelle, assez fascinante dans la manière dont elle transforme le burn‑out en torture physique.

L’Horloge

États-Unis : 2023
Titre original : Clock
Réalisation : Alexis Jacknow
Scénario : Alexis Jacknow
Acteurs : Dianna Agron, Melora Hardin, Saul Rubinek
Durée : 1h31
Genre : Horreur

Note : 3,5/5

Ella s’inscrit à un test clinique destiné à « réparer » son horloge biologique. Cependant, les choses se gâtent rapidement au fur et à mesure qu’elle avance dans l’essai…

Comme une poignée d’autres films de cette sélection estampillée Hulu, L’Horloge est un film d’horreur nous proposant une réflexion sur la condition de la femme au vingt-et-unième siècle : du fantastique genré, que l’on pourrait hâtivement qualifier d’horreur « woke ». Le point de départ du film d’Alexis Jacknow est la pression sociale autour de la maternité. On y suit Ella, une femme de 37 ans à qui l’on répète constamment qu’elle devrait avoir un enfant. Seulement voilà : comblée par son existence, elle n’en ressent pas le besoin. Cédant aux injonctions d’une société qui pathologise son choix de vie, Ella accepte de participer à un programme expérimental censé “réparer” son horloge biologique et faire naître en elle ce désir d’enfant, comme une espèce de centre de rééducation destiné aux femmes ayant quitté le droit chemin de leur existence toute tracée. Cette prémisse marque pour Ella le début d’un véritable cauchemar médical, l’étude psychologique de la protagoniste principale se mêlant à une touche d’horreur graphique singulière et parfois très efficace. Visuellement, L’Horloge adopte une esthétique froide, presque stérile, où les corps deviennent des objets d’étude. Le film nous propose par ailleurs un intéressant jeu sur les couleurs, qui prendra tout son sens dans le dernier acte. Plus largement, les thématiques du film interrogent la norme, le désir, et la violence symbolique imposée aux femmes. On notera la présence au casting de Saul Rubinek (Impitoyable, True Romance).

Hold your Breath

États-Unis : 2024
Titre original : –
Réalisation : Karrie Crouse, William Joines
Scénario : Karrie Crouse
Acteurs : Sarah Paulson, Amiah Miller, Annaleigh Ashford
Durée : 1h34
Genre : Horreur

Note : 3/5

Oklahoma, années 1930. Une jeune mère, hantée par son passé, est piégée dans d’horribles tempêtes de poussière. Convaincue que sa famille est menacée par une présence mystérieuse. Elle va tout faire pour la protéger…

Hold Your Breath s’inscrit dans la tradition du folk horror américain, mais transposé dans un cadre rarement exploité : l’Oklahoma des années 1930, ravagé par le Dust Bowl, cette fameuse série de tempêtes de poussière ayant provoqué une catastrophe écologique et agricole aux États-Unis. Le film est centré sur Margaret Bellum (Sarah Paulson), une mère épuisée qui tente de maintenir sa famille à flot après la mort de sa plus jeune fille, Ada, emportée par la scarlatine. Le deuil a laissé des traces profondes : Margaret souffre de violents épisodes de somnambulisme, qu’elle tente de contenir à coups de somnifères, tandis que ses deux autres filles, Rose et Ollie (cette dernière devenue sourde et muette) vivent dans une tension permanente. L’arrivée d’un mystérieux prédicateur, Wallace (Ebon Moss-Bachrach), découvert dans la grange en pleine tempête de poussière, fait basculer le récit. Wallace porte le manteau du père absent, prétend avoir été envoyé par lui, et semble doté de dons quasi miraculeux. Le film tourne autour de la légende du Grey Man, figure légendaire capable de posséder les vivants et de se glisser dans les tempêtes. Le récit entretient une ambiguïté constante concernant Margaret : sombre‑t‑elle dans la paranoïa, ou Wallace est‑il réellement une entité surnaturelle ? Les phénomènes étranges qui se multiplient au fil du récit (objets qui bougent, incendies nocturnes, silhouettes dans la poussière…) pourront en effet être lus comme des manifestations du Grey Man ou comme les projections d’une femme brisée par le deuil, la solitude et la pression sociale. Extrêmement soigné d’un point de vue visuel, bénéficiant d’une photo absolument superbe signée Zoë White (The Handmaid’s Tale), Hold Your Breath est un drame horrifique rural, tendu, poisseux, où la terre, la poussière et le deuil deviennent des forces oppressantes. La mise en scène, sèche et granuleuse, capture sans aucun compromis la violence du Dust Bowl : maisons scellées contre la poussière, horizons ocres, tempêtes qui avalent tout… Le dernier acte du film s’avère tout à fait singulier, de la même façon que le final, qui ne devrait logiquement pas vous laisser de marbre. Une œuvre sombre, ancrée dans l’histoire américaine, qui interroge la frontière entre possession surnaturelle et effondrement psychique.

Mr. Crocket

États-Unis : 2024
Titre original : –
Réalisation : Brandon Espy
Scénario : Brandon Espy, Carl Reid
Acteurs : Jerrika Hinton, Alex Akpobome, Elvis Nolasco
Durée : 1h28
Genre : Horreur

Note : 3,5/5

Une mère risque tout afin de récupérer son fils kidnappé par un animateur d’une émission pour enfants…

Mr. Crocket est l’un des films les plus singuliers de cette sélection Hulu : il s’agit d’un conte horrifique rétro‑90’s, adapté d’un court‑métrage issu de l’anthologie Bite Size Halloween, qui imagine un animateur TV pour enfants… devenu une entité démoniaque capable de sortir de l’écran. Le film s’ouvre en 1993 : le jeune Darren, fasciné par l’émission Mr. Crocket’s World, subit les humiliations de son beau‑père Kevin. Lors d’un dîner tendu, la créature surgit littéralement du téléviseur, tue Kevin et disparaît avec Darren. Sa mère Rhonda, traumatisée, deviendra plus tard une sans‑abri obsédée par la traque du monstre. Un an plus tard, l’histoire se répète : Summer, mère célibataire encore meurtrie par la mort de son mari, tente de gérer son fils Major, turbulent et en colère. Une cassette de Mr. Crocket’s World apparaît mystérieusement dans une boîte à livres devant chez elle. Major devient obsédé par l’émission, exactement comme Darren avant lui. Pendant ce temps, Mr. Crocket continue de frapper : il tue un père toxico et kidnappe sa fille, toujours via la télévision. Lorsque Major disparaît à son tour, happé par un portail dessiné au marqueur magique par Mr. Crocket, Summer comprend que quelque chose de monstrueux se cache derrière ce show enfantin. Elle enquête, découvre que Mr. Crocket était autrefois Emanuel Crocket, un animateur local tué par la police en 1979 après l’enlèvement d’un enfant – un fait divers devenu légende urbaine. Elle s’allie alors à Eddie Briggs, un homme dont la fille a également été enlevée, et retrouve Rhonda, qui a développé une sorte de “radar” psychique pour localiser les apparitions du monstre via les ondes télévisuelles. Ensemble, ils tentent d’affronter la créature dans un climax qui mélange possession médiatique, violence cartoonesque et imagerie VHS. Brandon Espy joue sur une esthétique volontairement cheap mais inventive, entre mascottes cauchemardesques, couleurs saturées, puppets inquiétantes et effets pratiques impressionnants et gore. Le film oscille entre horreur surnaturelle, satire de la télévision pour enfants et thriller parental. Le scénario est certes simple, mais Mr. Crocket fonctionne plutôt bien, à la manière d’un bon vieux Freddy. Le boogeyman, qui chantonne toujours le générique de son show, détourne l’innocence des programmes jeunesse pour en faire un piège mortel. Il nous livre également des mises à mort absolument réjouissantes en forme de punitions assénées aux méchants parents. Et au final, le film s’impose comme une série B très attachante, qui assume son concept jusqu’au bout. Si vous kiffez les films de la saga Freddy situés entre le deuxième et le sixième opus, vous allez adorer Mr. Crocket.

Carved

États-Unis : 2024
Titre original : –
Réalisation : Justin Harding
Scénario : Justin Harding, Cheryl Meyer
Acteurs : DJ Qualls, Chris Elliott, Elvis Nolasco
Durée : 1h34
Genre : Horreur

Note : 3/5

Une adolescente, son jeune frère et d’autres personnes se retrouvent piégés dans un village du XVII° siècle reconstruit à l’occasion d’Halloween…

Carved est un pur film d’Halloween, un slasher / film de monstre rétro qui assume pleinement son esthétique 90’s et son concept volontairement pulp : en 1993, une adolescente passionnée de théâtre, son petit frère et un groupe de survivants se retrouvent piégés dans un village de reconstitution historique, attaqués par une citrouille à tentacules bien décidée à se farcir de l’ado. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’assumant totalement son concept débile, le film se révélera rapidement très frontal et extrêmement généreux en termes de scènes « gore ». Le décor – un village colonial reconstitué – devient un terrain de jeu parfait : cabanes en bois, ballots de paille et décors d’Halloween… Le film exploite ce cadre avec une vraie gourmandise visuelle, transformant chaque recoin en piège potentiel. Le cœur du récit repose sur Maggie, jeune dramaturge en herbe, qui a écrit une pièce d’Halloween inspirée d’une légende locale : celle d’un fermier assassiné et transformé en créature végétale, un “pumpkin man” revenu hanter les vivants. Bien sûr, la réalité ne tardera pas à rattraper la fiction… Justin Harving adopte une mise en scène simple mais efficace : éclairages orange et verts, fumée, silhouettes découpées dans la nuit, attaques brutales mais lisibles. Le film assume son côté série B d’Halloween, avec un rythme rapide, des personnages archétypaux mais attachants et un certain humour. Carved n’est pas un film subtil, mais c’est un Halloween movie pur jus, sincère, fun, qui joue la carte du folklore local et du slasher surnaturel sans cynisme. Une petite production qui sait exactement ce qu’elle veut être : un bonbon d’horreur automnal, parfait pour les amateurs de citrouilles meurtrières et de nostalgie VHS.

Nightbitch

États-Unis : 2024
Titre original : –
Réalisation : Marielle Heller
Scénario : Marielle Heller
Acteurs : Amy Adams, Scoot McNairy, Jessica Harper
Durée : 1h38
Genre : Fantastique

Note : 4/5

Après la naissance de son fils, une ancienne artiste reste chez elle et commence à développer la peur de se transformer en chien…

Adapté du roman de Rachel Yoder, Nightbitch est l’un des films les plus inclassables de la plateforme : un hybride étrange, à la fois drame maternel, Body Horror, conte féministe, comédie noire et fable animale. Le film suit Amy Adams, bouleversante dans le rôle d’une mère au foyer qui sent son identité se dissoudre dans la routine domestique — jusqu’au moment où elle commence à croire qu’elle se transforme littéralement en chien. Marielle Heller filme cette métamorphose comme un processus intime, presque sensuel : un flair qui s’aiguise, une agressivité nouvelle, une énergie animale qui surgit dans les gestes les plus anodins. Le film ne cherche jamais à “expliquer” ce qui arrive à la protagoniste. Il préfère l’ambiguïté : est‑ce une mutation réelle ? Une psychose liée à l’épuisement maternel ? Une libération symbolique ? Cette indécision est la force du film : Nightbitch fonctionne comme un miroir déformant de la maternité contemporaine, où l’on demande aux femmes d’être parfaites, douces, patientes, organisées — alors que leur corps, leur esprit et leur désir crient l’inverse. La mise en scène oscille entre réalisme domestique et visions hallucinées : la cuisine devient une tanière, les jeux avec l’enfant prennent une dimension animale, les nuits sont traversées de courses, de grognements, de pulsions incontrôlables. Amy Adams livre une performance d’une intensité rare : elle joue la fatigue, la frustration, la rage rentrée, mais aussi la joie sauvage de retrouver une forme de liberté. Le film ne la juge jamais ; il l’accompagne dans une reconquête de soi qui passe par le corps, par l’instinct, par la transgression. Autour d’elle, Marielle Heller construit un univers où le fantastique s’infiltre dans le quotidien : un groupe de mères qui semblent partager les mêmes symptômes, un mentor mystérieux qui encourage la transformation, un mari dépassé qui ne comprend rien à ce qui se joue. Le film interroge alors la charge mentale, l’isolement des mères, la pression sociale, mais aussi la possibilité d’une réinvention radicale : et si devenir “chienne” était une manière de survivre ? Visuellement, Nightbitch est un régal : couleurs saturées, textures organiques, jeux de lumière nocturnes, caméra proche des corps. La transformation n’est jamais gore ; elle est sensorielle, presque poétique. Le dernier acte, plus frontal, assume la dimension mythologique du récit : la protagoniste embrasse son animalité, non comme une perte de contrôle, mais comme une affirmation de puissance. Nightbitch est un film rare : audacieux, dérangeant, drôle, profondément empathique. Une œuvre qui parle de maternité comme on en parle trop peu : non pas comme un accomplissement, mais comme un territoire sauvage, ambigu, parfois monstrueux — et pourtant vital. On notera la présence au casting de Jessica Harper (Suspiria).

Stay

États-Unis : 2025
Titre original : –
Réalisation : Jas Summers
Scénario : Jas Summers
Acteurs : Megalyn Echikunwoke, Mo McRae
Durée : 1h24
Genre : Horreur

Note : 2/5

Kiara, autrice spécialiste de la spiritualité africaine et Miles, ex-combattant de MMA, voient leur mariage battre de l’aile. Alors qu’ils pensent avoir touché le fond, des forces surnaturelles terrifiantes s’en prennent à eux et les force à s’unir pour survivre. Pour s’en sortir, ils devront affronter leurs pires démons avec courage et amour…

Stay s’inscrit dans cette veine du cinéma d’horreur où le surnaturel surgit dans les fissures d’un couple en train de se défaire. Kiara, autrice spécialisée dans la spiritualité africaine, vit seule dans la maison familiale depuis la séparation. Elle sombre dans une dépression profonde, boit trop, dort mal, et semble hantée autant par ses souvenirs que par l’absence de Miles, ancien combattant de MMA devenu entraîneur. Lorsque Miles revient pour récupérer ses affaires — prélude à la vente de la maison — leur face à face réactive immédiatement les tensions, les regrets et les blessures non cicatrisées. Leur relation est à un point de rupture : deux êtres qui se sont aimés, mais qui ne savent plus comment se parler. C’est dans ce contexte déjà fragile que des phénomènes surnaturels commencent à se manifester. Le film ne fait pas de mystère sur la nature des évènements, violents et inexplicables : les cartons lévitent à un mètre du sol, Miles est projeté à travers la pièce par une force invisible… La maison semble réagir aux tensions du couple, comme si elle absorbait leur colère et leur chagrin. Les entités qui apparaissent et s’en prennent à eux ne sont pas de simples fantômes : elles sont liées à leur histoire commune, à leurs échecs, à ce qu’ils refusent d’affronter. La mise en scène de Jas Summers est fonctionnelle et relativement efficace, mais ce drame horrifique repose surtout sur l’alchimie entre les deux personnages principaux, interprétés par Megalyn Echikunwoke et Mo McRae. La tension émotionnelle qui circule entre eux donne au récit la densité qui permet au spectateur de ne pas zapper en dépit des longueurs de la première partie du film. Les vingt dernières minutes, plus frontales à défaut d’être originales, montrent comment Kiara et Miles devront cesser de se battre l’un contre l’autre pour affronter ce qui les ronge réellement. Le surnaturel devient alors un langage : celui du deuil, de la culpabilité, de l’amour brisé.

Control Freak

États-Unis : 2025
Titre original : –
Réalisation : Shal Ngo
Scénario : Shal Ngo
Acteurs : Kelly Marie Tran, Callie Johnson, Miles Robbins
Durée : 1h44
Genre : Horreur

Note : 3/5

Une conférencière motivatrice est tourmentée par une démangeaison incessante à l’arrière de sa tête…

Adapté d’un court-métrage issu de l’anthologie Bite Size Halloween (encore un), Control Freak est un film de Body Horror psychologique, qui vous donnera assurément envie de vous gratter. On y suit Valerie “Vy” Nguyen, conférencière motivatrice à l’image parfaitement maîtrisée, qui commence à être obsédée par une démangeaison persistante à l’arrière de sa tête. Plus le stress monte (tournée internationale à préparer, deuil jamais digéré de sa mère noyée, pression autour de la maternité…), plus l’obsession devient incontrôlable : Vy se gratte jusqu’au sang, jusqu’à ouvrir littéralement son crâne. Shal Ngo ancre cette horreur dans un folklore vietnamien : lors d’une visite à son père, ancien soldat devenu moine, Vy découvre la légende du Sanshi, esprit parasite qui s’accroche à une lignée, se nourrit des pulsions destructrices et finit par dévorer corps et âme. Peu à peu, les visions d’insectes, les cauchemars, les souvenirs fragmentés de l’enfance et les secrets de famille s’imbriquent : la “démangeaison” n’est peut‑être pas qu’un symptôme psychologique, mais la manifestation d’une malédiction transmise de mère en fille. Le film joue en permanence sur l’ambiguïté : possession surnaturelle ou métaphore d’un trauma héréditaire ? Les gros plans sur le cuir chevelu, les sons de grattage, les fourmis qui envahissent le cadre créent un malaise sensoriel constant. Kelly Marie Tran porte le film sur ses épaules, entre façade lisse de coach en développement personnel et effondrement intime. Control Freak est un récit de perte de contrôle intérieure, où le corps devient le champ de bataille d’un passé qui refuse de se taire. Le film va très loin dans la folie du personnage principal, et s’achève sur un final s’imposant comme un impressionnant moment de bravoure. Une variation imparfaite mais intéressante sur la possession, vue à travers le prisme de l’héritage, de la diaspora et de la pression à être “parfaite”.

Après Paramount+ et OCS, Hulu nous confirme que l’horreur contemporaine ne se vit plus seulement dans les salles, mais dans ces zones intermédiaires où les plateformes deviennent des laboratoires. Et Hulu s’impose presque comme un laboratoire de l’horreur féminine contemporaine. Quatorze films, quatorze propositions très différentes, mais une même pulsation souterraine. Là où Paramount+ jouait la carte du fun et du high‑concept, et où OCS révélait des films fragiles et bricolés, Hulu semble avoir trouvé sa propre identité : un cinéma d’horreur profondément féminin, viscéral, intime, parfois maladroit, souvent audacieux, et presque toujours politique – au sens où il interroge la place des femmes dans un monde qui les use, les observe, les juge ou les dévore. Qu’il s’agisse de la maternité (L’Horloge, Nightbitch), de la transmission traumatique (Matriarch), de l’anxiété sociale (Excroissance), de la solitude (Traquée), de l’emprise (Un date sans fin), du deuil (Stay), ou même de la violence familiale transmise comme une malédiction (Hold Your Breath), Hulu propose un panorama où le corps féminin devient un territoire narratif, un champ de bataille, un lieu de résistance ou de métamorphose.

Même les films qui s’éloignent des préoccupations féminines – Carved, Mr. Crocket, Le Moulin – n’évitent pas la politique : l’horreur y naît d’un système qui broie, d’une société qui exige, d’un passé qui refuse de mourir. Et quand Hulu s’aventure dans le pur fantastique ou le folklore, comme avec Books of Blood ou Grimcutty, c’est encore pour parler de panique morale, de contrôle parental, de corps qu’on surveille, de psychés qu’on modèle. On pourrait dire que Hulu fait du woke‑horror sans jamais le revendiquer : un cinéma où les monstres ne sont pas seulement des créatures, mais des injonctions, des héritages, des pressions sociales, des violences symboliques. Un cinéma où l’horreur n’est pas un masque, mais un langage. Et c’est peut‑être ça, la vraie force de cette sélection : montrer que l’horreur contemporaine, loin des clichés, est devenue un espace où les femmes – réalisatrices, scénaristes, actrices, personnages – peuvent raconter ce que d’autres genres refusent encore d’affronter. Un espace où l’on peut parler de maternité sans mièvrerie, de couple sans complaisance, de corps sans pudeur, de trauma sans détour. Un espace où l’on peut hurler, grogner, muter, se fissurer, se reconstruire. Hulu, plus que les autres plateformes, semble avoir compris que l’horreur est aujourd’hui l’un des rares genres capables de dire la vérité – même quand elle fait mal, même quand elle dérange, même quand elle prend la forme d’une citrouille meurtrière ou d’un ami imaginaire sorti d’une VHS. Quatorze films, quatorze cris. Et au bout du compte, une certitude : si l’horreur est un miroir, Hulu a choisi de le tendre aux femmes – et de ne plus détourner les yeux.

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