Test Blu-ray 4K Ultra HD : Impitoyable

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Impitoyable

États-Unis : 1992
Titre original : Unforgiven
Réalisation : Clint Eastwood
Scénario : David Webb Peoples
Acteurs : Clint Eastwood, Morgan Freeman, Gene Hackman
Éditeur : Warner Bros.
Durée : 2h11
Genre : Western
Date de sortie cinéma : 9 septembre 1992
Date de sortie 4K UHD : 7 juillet 2021

William Munny a tiré une croix sur son passé de criminel et de hors-la-loi. Seuls comptent maintenant ses enfants et la ferme qu’il exploite avec peine. Mais la perspective d’une prime pour abattre les auteurs d’un meurtre odieux ramène Munny au coeur de la violence. Et le paisible fermier redevient un tueur impitoyable…

Le film

[5/5]

Si les premiers Blu-ray 4K Ultra HD remontent déjà à 2016, l’attrait pour le format est encore très frais en France, et la popularité du ce dernier, encore très relative au regard des chiffres de ventes, ne pourra au mieux qu’être qualifiée de « naissante ». Néanmoins, l’avantage avec ce nouveau format, c’est qu’il incite les éditeurs à pratiquer des choix drastiques concernant les nouvelles sorties ; de ce fait, on redécouvre avec régularité de véritables chefs d’œuvres au format 4K – après le magnifique Ran d’Akira Kurosawa il y a quelques jours, c’est aujourd’hui le sublime Impitoyable de Clint Eastwood que l’on aura l’occasion de redécouvrir en Katka.

Bon, en réalité, et comme dans le cas de Je suis une légende dont on vous parlait il y a quatre jours, Impitoyable était déjà disponible au format Blu-ray 4K Ultra HD depuis 2017. Mais profitant d’un léger frémissement du marché de la 4K, la branche française de Warner semble avoir décidé de remettre ses classiques sur le devant des linéaires ; ces derniers s’offrent pour l’occasion de nouveaux et jolis Steelbooks. Et puis comment résister à une occasion de revoir Impitoyable ?

On a tout écrit sur Impitoyable. Chant du cygne du western. Dernier western écrit et interprété par Clint Eastwood. Dédié à la fin du générique à Sergio (Leone) et Don (Siegel). Quatre Oscars en 1993 – dont meilleur film et meilleur réalisateur. Quatrième meilleur film américain dans le genre western selon l’American Film Institute. 30ème meilleur scénario jamais écrit selon la Writers Guild of America. Chef d’œuvre, chef d’œuvre, chef d’œuvre.

Ce qui apparaît également de façon très claire avec le recul, c’est à quel point il y a eu un « avant » et un « après » Impitoyable. Pour le genre western bien sûr, même si de nombreux westerns ont continué (et continueront toujours) à être produits depuis. Mais le film de 1992 a aussi et surtout changé la façon dont le public et la critique percevaient Clint Eastwood. Auparavant considéré comme un acteur/réalisateur aux tendances un peu réac, il obtiendrait avec Impitoyable un véritable statut d’auteur, reconnu et respecté : chacun de ses films suivants seraient de fait considérés comme de véritables événements. Le fait est que même trente ans après, Impitoyable reste une référence incontournable, à la fois dans la carrière de son réalisateur mais également plus largement dans l’Histoire du cinéma.

Réflexion audacieuse et sans compromis tout à la fois sur le vieillissement des icônes et sur la violence sur laquelle se sont construits les États-Unis, le film suit la trajectoire d’un bandit du Far West vieillissant, devenu « légendaire », et au sujet duquel existent tout un tas d’histoires liées à la tradition orale, et racontant ses « exploits » de hors-la-loi. Forcé par les événements à reprendre les armes, il tentera de ne pas y perdre son âme. S’intégrant parfaitement aux obsessions thématiques et créatives que Clint Eastwood avait pu développer dans des films tels que Pale rider, L’homme des hautes plaines ou Josey Wales hors-la-loi, Impitoyable les pousse cependant à leur paroxysme, avec notamment une déconstruction en règle des codes et des figures mythiques de l’Ouest. On pense notamment au fait que Clint Eastwood ne parvienne plus ni à viser, ni à monter à cheval, ou à cette monumentale séquence d’humiliation publique – et sadique – d’English Bob (Richard Harris) par le shérif Little Bill (Gene Hackman), alors même que Clint Eastwood venait de prendre son temps pour poser le personnage du bandit british comme l’un des plus redoutables assassins de l’Ouest.

Les relations subtiles entre la violence et la notion de « justice » sont d’ailleurs au centre d’Impitoyable : la frontière entre les deux est ténue, crime et punition sont très « relatifs », et la punition « juste » ne sera pas forcément infligée par l’autorité appropriée. Ainsi, et d’une façon assez paradoxale, le personnage de Munny (Eastwood) délivrera la justice à la fin du film en cédant à ses démons – l’alcool et la violence. Une preuve, s’il en fallait encore une, que malgré le fait que le personnage d’Eastwood déclare pendant tout le film – autant pour se convaincre lui-même que pour convaincre ses partenaires – qu’il a changé et n’est plus celui qu’il était dix ans auparavant, on n’échappe jamais réellement à ce que l’on est. Superbe.

Le Blu-ray 4K Ultra-HD + le Blu-ray

[5/5]

A l’occasion du vingt-cinquième anniversaire d’Impitoyable en 2017, un nouveau master 4K avait été réalisé par Warner, profitant d’un nouveau scan des négatifs originaux. Le master du film avait été conçu en suivant les instructions strictes de Clint Eastwood et de son équipe, afin de préserver l’aspect original du film, et surtout de sa sublime photographie signée Jack N. Green. La colorimétrie de même que la granulation argentique du film ont été respectés de façon méticuleuse en HDR, et le tout a été approuvé par Clint Eastwood en personne.

Le Blu-ray 4K Ultra HD d’Impitoyable représente donc la meilleure façon de redécouvrir le film aujourd’hui. On remarquera d’entrée de jeu un léger recadrage du film, qui nous donnera d’avantage d’informations à gauche et à droite l’image. Le rendu 35mm est impressionnant. La définition et le piqué n’apportent pas à proprement parler de « révolution » par rapport au Blu-ray de 2006 (déjà très bon), mais l’upgrade est tout de même bien réel, surtout en ce qui concerne le niveau de détail sur les plans les plus larges et/ou les plus sombres : le master 4K révèle comme jamais auparavant chaque crevasse des falaises rocheuses, chaque brin d’herbe, chaque branche, chaque ride de la peau d’Eastwood, sans parler des textures sur les vêtements. L’Ultra Haute-Définition rend chaque détail, chaque environnement de façon spectaculairement nette, et l’étalonnage des couleurs en HDR respecte à 100% la photo du film, nous proposant un rendu visuel d’une finesse et d’un réalisme à couper le souffle. Côté son, le film nous est proposé en VO en DTS-HD Master Audio 5.1, et l’ensemble propose un punch acoustique assez étonnant. La spatialisation est excellente, les coups de feu font preuve d’une belle intensité, et s’avèrent bien relayés par des basses solides et profondes. Les dialogues sont correctement placés et toujours parfaitement clairs : du beau travail. En version française en revanche, on devra malheureusement se contenter de la piste Dolby Digital 2.0 que l’on connaît depuis l’ère du DVD, heureusement fidèle à nos souvenirs de la découverte du film dans les salles en France en 1992.

Du côté des suppléments, on ne trouvera en revanche sur le Blu-ray 4K Ultra HD d’Impitoyable qu’un commentaire audio de Richard Schickel, biographe officiel de Clint Eastwood (VO). Ce dernier sera cela dit à réserver aux anglophones confirmés, car il ne dispose d’aucun sous-titres. Pour le reste des suppléments, il faudra se tourner vers le Blu-ray du film, également présent dans le coffret Steelbook. Précision importante : il s’agit du Blu-ray de 2017 – on entend par là qu’il propose également de redécouvrir le film dans son nouveau master 4K.

Rayon bonus donc, on trouvera tout d’abord un intéressant making of rétrospectif réalisé à l’occasion des dix ans du film (23 minutes), et comprenant des entretiens avec Morgan Freeman, Gene Hackman, Clint Eastwood, ainsi qu’avec le scénariste David Webb Peoples et le monteur Joel Cox (monteur). On poursuivra ensuite avec un making of d’époque (24 minutes), nous proposant principalement de découvrir les décors du film, et nous donnera à voir quelques moments volés sur le tournage. On continuera ensuite avec une featurette dédiée à la carrière de Clint Eastwood (16 minutes), qui se complétera d’un documentaire intitulé « Eastwood par Eastwood » (69 minutes), beaucoup plus complet et passionnant. On terminera ensuite avec la traditionnelle bande-annonce, accompagnée d’un épisode de la série TV Maverick (49 minutes, VOST).

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