Ulysse

France : 2026
Titre original : –
Réalisation : Lætitia Masson
Scénario : Lætitia Masson
Interprètes : Élodie Bouchez, Alphonse Roberts, Stanislas Merhar
Distribution : ARP Sélection
Durée : 1h37
Genre : Comédie Dramatique
Date de sortie : 17 juin 2026
4/5
Synopsis : Alice, chercheuse en sociologie découvre qu’elle est enceinte. Luc, son mari, exulte. Ce sera un garçon ! Ils l’appelleront Ulysse. Sauf qu’à un an, Ulysse ne rentre pas dans les courbes. Trop petit, trop maigre. Les pédiatres s’interrogent et le verdict tombe : syndrome génétique. Ulysse ne sera pas comme les autres. Mais comment sera-t-il ? Mystère. Commence alors la très particulière odyssée d’Ulysse : marcher, parler, apprendre, comprendre, s’épanouir. Alice se lance dans l’aventure, déterminée à ce qu’Ulysse trouve sa place dans le monde.

C’est dans son vécu que Lætitia Masson a puisé pour réaliser Ulysse, film de clôture de la sélection Un certain Regard lors du dernier Festival de Cannes. En effet, elle a connu dans son existence auprès de son fils Alphonse des galères similaires à celles rencontrées par Alice avec son fils Ulysse. Ces galères, ce sont celles que connaissent les parents d’un enfant souffrant d’un handicap, quel qu’il soit, pour faire en sorte que cet enfant, puis l’adulte qu’il va devenir, puisse avoir une vie et, pour commencer, une scolarité se rapprochant le plus possible de celles que connaissent les enfants et les adultes ne souffrant pas de handicap. Ulysse a aussi un père, Vladimir, mais ce dernier est un pianiste professionnel, souvent absent, et qui, en plus, a tendance à se montrer négatif par rapport aux ébauches de solutions que Alice a en tête et pour lesquelles elle se bat avec une ténacité qui force le respect. La ténacité, une qualité indispensable lorsqu’on désire parvenir à ses fins face aux arcanes de l’administration, face à des associations pas toujours très sérieuses, lorsqu’on ne cesse d’être renvoyé d’un service à l’autre, d’une association à une autre, d’être confronté à un sigle puis à un autre, puis à un autre, MDMH, AEEH, AVS, IME, etc.
C’est très peu de temps après sa naissance que des problèmes sont apparus chez Ulysse dont on va suivre l’existence et les combats menés par sa mère jusqu’à ce qu’il atteigne 17 ans : trop petit et trop maigre pour son âge ; beaucoup de retard en matière de motricité ; de grosses difficultés en ce qui concerne la nourriture : n’acceptant pas, pendant longtemps, de manger autre chose que des tartines beurrées ; en fait, c’est dès son premier anniversaire que le verdict était tombé : Ulysse est atteint d’un handicap génétique. Heureusement, en prenant de l’âge, va lui venir le goût pour la cuisine ; heureusement qu’il existe des ESAT, un acronyme qui résonne de façon sympathique aux oreilles des personnes souffrant d’un handicap et de leur famille ! Sur ce sujet important et peu souvent traité de façon satisfaisante au cinéma, Lætitia Masson a réalisé un film passionnant, particulièrement bien documenté, un film qui se révèle très émouvant sans jamais glisser dans le pathos. Pour interpréter le rôle d’Ulysse qu’on rencontre à plusieurs âges de sa vie, Lætitia Masson a dû bien évidemment choisir plusieurs enfants, avec une exigence importante : avoir un physique compatible avec celui d’Ulysse adolescent, qu’elle a choisi de faire jouer par son propre fils, Alphonse Roberts. Aux côtés d’Élodie Bouchez, absolument parfaite dans le rôle d’Alice, on retient les prestations de Stanislas Merhar en père baissant les bras face aux problèmes, de Romane Bohringer, l’interprète de Laura, une amie d’Alice et de Gringe en orthophoniste d’une grande douceur.















